les beurs, arabes, zimigris et autres te font peur ? apprend a nous connaitre...

les beurs, arabes, zimigris et autres te font peur ? apprend a nous connaitre...
Ce blog est inversé et donc le dernier article publié se trouve sur la derniere page du blog , c 'est assez logique lol

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Mon forum Gay Arabe : http://beurgaychat.actifforum.com


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Du soleil plein les yeux

Nous vous deconcertons parfois. Quelques pistes sur nos educations et nos bases ancestrales.
Dans la culture maghrébine traditionnelle se trouvent des éléments culturels qui rentrent en interaction avec le psychisme des personnes et leur corps. Ces interactions marquent profondément la personnalité des maghrébins et expliquent leurs difficultés d'intégration en Europe, qu'ils soient eux-mêmes émigrés ou enfants d'émigrés.




Des elements culturels

dans le positionnement de la famille (Pere, Mere,Grand-Parents)
dans des rites comme la Circoncision, le Hammam, le Sevrage
dans la langue : la calligraphie
i
nterviennent dans des interactions du culturel et du psychique, du psychique et du corporel, du corporel et du culturel forgeant profondément la personnalité et expliquant en partie les difficultés de l'exil. D'où: la nécessité de "sas" pour favoriser les évolutions.

Souvent, dans vos relations avec nous, interviennent vos propres coutumes, vos habitudes de pensée, vos propres fantasmes, en un mot vos propres "représentations" Ce qui vous rend plus difficile le jugement à porter sur une situation donnée. C'est pourquoi il paraît important de mieux connaître les coutumes, mode de pensée et mythes de ceux qui vous cotoient

le positionnement de la famille (Pere, Mere,Grand-Parents)


LE PÈRE

La fonction du père

Le père en venant rompre la relation duelle exclusive de l'enfant à sa mère, en s'interposant entre la mère et l'enfant, devient aussi, et nécessairement, un médiateur. Dans le pays d'origine, le père même le plus faible, assure cette fonction. Même s'il ne parvient pas à l'assumer personnellement. Il est épaulé par "le groupe des pères" (pairs) qui le soutient et le maintient. Le groupe des pères sert donc de béquille et de contenant au père défaillant. Or dans le pays d'accueil, ces groupes de pères ne fonctionnent pas de la même façon. Ils sont d'ailleurs souvent absents....Le père immigré continue à véhiculer le vécu de sa culture d'origine sans qu'il y ait l'étayage social du pays d'origine...Souvent ses enfants connaissent mieux le dehors que lui, tandis qu'ils parlent très mal, voir pas du tout la langue du dedans, celle de la maison et du pays d'origine des parents. Ici l'enfant se trouve confronté au non-dit et à la défaillance de ce rôle médiateur du père.


le pere transplanté

Cette défaillance du père transplanté, analphabète, fait naître chez le fils aîné et lettré le désir de le remplacer au sein de la dynamique familiale en le dégradant, parfois, dans un statut tout à fait subalterne Parfois c'est l'inverse qui s'observe. Le père sentant son pouvoir diminué et contesté tente en un dernier sursaut de s'affirmer avec violence au sein de la famille par une reprise des traditions qu'il rigidifie à l'extrême
La difficulté du passage d'une société à une autre

Dans la société traditionnelle un père n'est jamais défaillant. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de père faible. Même le père le plus faible, le plus absent est porté, contenu par le "groupe des pères/pairs". C'était aussi le cas en France: l'absence du père ou sa défaillance n'a pas empêché Napoléon, Balzac ou d'autres de devenir des grands hommes. Mais ici l'individu issu de la société traditionnelle est confronté à de nouvelles données qu'on ne lui laisse même pas le temps nécessaire pour pouvoir les métaboliser. Il passe subitement du monde où le sujet n'est défini que comme "fils de" (Ben en arabe, Aït ou Aith en berbère) à une société où on est reconnu avant tout par sa carte d'identité. Il passe d'une société groupale où on est reconnu avant tout comme rôle, à une société où à la notion de couple et la notion de sujet sont prévalantes. Il passe d'une société monosexuelle où la séparation des sexes est de rigueur à une société ou la mixité, ne serait-ce qu'au travail, est de plus en plus importante. Ceci invite à la modestie. On ne peut pas demander à ces personnes issues pour la majorité du monde rural traditionnel de faire un tel saut en quelques années, en deux-trois-quatre ans alors que les occidentaux ont mis plus d'un siècle pour en arriver là.


LA MÈRE


L'éducation du jeune enfant

Dans ce milieu traditionnel, la demande de l'enfant est satisfaite immédiatement et constamment, le plus souvent sur un mode oral, et ce durant très longtemps (deux ans en moyenne, voire plus). Cette réponse orale immédiate et souvent associée à des manipulations corporelles: bercements, massages, jeux corporels, etc..qui font que très précocement " l'enfant s'ouvre sur un monde extérieur sur un mode actif". Tout semble être fait durant cette période pour éviter à l'enfant toute frustration. Il y a là un facteur de sécurisation et un support concret de l'investissement de la mère comme seul "bon objet".
qui laisse des traces


En définitive, l'empreinte laissée par ces coutumes se retrouve chez l'adulte sous forme d'une "fixation orale à la mère" et corrollairement d'une quête d'assurance et de sécurité.
Le comportement de la mère est différent suivant le sexe de l'enfant
Dès lors on encourage toutes les manifestations viriles du garçon, selon les valeurs sociales. Ainsi le garçon en colère passe souvent sa rage sur sa soeur et ce ne sont pas les principes éducatifs traditionnels qui peuvent décourager les manifestations agressives à l'égard de celle-ci. Elle, (la mère) va jusqu'à l'encourager en lui disant " tu es un homme, donne lui des coups, elle n'est qu'une pisseuse.
mais les apparences sont trompeuses

A ceci il faut rajouter ce fait qui ressort clairement du discours de mes sujets. La fille fait peur à l'homme et l'angoisse. Cette angoisse liée à la perte d'honneur dont la fille porte la menace est liée à la virginité de la fille...En définitive, elle est la révélation de la virilité de l'homme. Tout se passe comme si c'était elle qui détermine les critères de la virilité...c'est à ce niveau qu'il faut comprendre le profond attachement du maghrébin à sa mère, à sa soeur et à sa grand-mère. Elles sont les seules à pouvoir lutter contre les maléfices d'autres femmes qui lui sont destinés. C'est là un conditionnement de l'homme dès les premiers jours de sa vie où la femme devenue mère, prend sa revanche sur le monde masculin en s'imposant comme l'unique intermédiaire avec le monde invisible de nos fantasmes et angoisses.

Le maghrébin malgré son apparence "macho" craint énormément la femme et sa puissance occulte et n'a confiance en fin de compte qu'en sa parenté féminine. Le mépris qu'il affiche à l'encontre de la femme n'est qu'un mécanisme de défense qui camoufle sa peur de la femme.


LA GRAND-MÈRE

La fonction des grands-parents


Tout semble se passer comme si les grands-parents existaient pour consoler, permettre ce qui est défendu, adoucir la vie des petits

Des différences qui choquent

Bon nombre de nos sujets vus en europe opposent l'image infiniment chaleureuse et gratifiante des grands-parents maghrébins qu'on vénère, à celle des grands-parents occidentaux "abandonnés, rejetés, isolés, placés en hospice parce que devenus inutiles".
L'importance de la fonction "sas" de la grand-mère
Le sevrage, on l'a vu, est une rude épreuve. Mais la société a trouvé des aménagements possibles, notamment en la personne de la grand-mère. En emmenant l'enfant loin de chez sa mère, elle atténue momentanément la souffrance; elle offre un "sas", un espace médiateur à ses problèmes dans des rites comme la Circoncision, le Hammam, le Sevrage


LA CIRCONCISION

D'après différents auteurs, elle s'accomplit de 5 à 8 ans en Algérie; de 9 à 10 ans en Égypte méridionale; à quelques semaines après la naissance en Arabie et de 10 à 15 ans chez les Sénégalais. Ainsi le même rite sanctionne tantôt l'entrée dans l'enfance, tantôt dans l'adolescence sans jamais être lié à la puberté physiologique.


Elle est désirée par le jeune

Ce désir de la circoncision par les jeunes et sa non imposition par les adultes vont tout à fait dans le sens de ce que nous avons trouvé dans notre étude...pour nos sujets (ils) parlent de la circoncision comme d'une épreuve indispensable dont il ne faut pas qu'on les prive, qu'il faut affronter avec fierté et orgueil pour devenir un homme.
non comme obligation, mais comme signe

La circoncision, pour le musulman, définit un rapport d'appartenance à la communauté islamique.Tous nos sujets, dans leur grande majorité, nous ont parlé de la circoncision comme étant un devoir religieux et un acte imposé par la religion musulmane...Or, fait curieux, la circoncision ne bénéficie d'aucun caractère obligatoire dans la religion musulmane

Elle n'est pas obligatoire Canoniquement et théologiquement :donc, la circoncision ne bénéficie d'aucun statut privilégié en Islam, contrairement à la religion juive. Elle n'a aucune place parmi les 5 piliers de l'Islam que nous avons déjà cités. C'est une simple recommandation: aucune prière ne l'accompagne, tout comme le mariage. D'autre part l'âge n'est pas fixé de manière rigoureuse et elle peut avoir lieu de 1 à 16 ans. Certains savants comme El Ghazali préconisent de se différencier des juifs quant à l'âge de la circoncision: "la circoncision est pratiquée par les juifs au septième jour..." . Ainsi donc, "la circoncision est davantage une pratique des musulmans qu'une pratique de l'Islam". Il s'agit de marquer l'appartenance au groupe

Différences avec la circoncision juive

La circoncision en milieu maghrébin confère des privilèges spéciaux: aller à la mosquée avec le père...aller au souk...une modification de statut, tout comme le passage du hammam des femmes à celui des hommes, et elle est vécue comme telle par le circoncis. Les privilèges qui en découlent paraissent comme liés à elle, contrairement à la circoncision juive qui se pratique très tôt et où les privilèges liés au sexe masculin paraissent avoir toujours existé. ... La circoncision est perçue autrement par le jeune maghrébin qu'une blessure castratrice. Nous serons tenté de dire que c'est plutôt la non-circoncision qui est vécue comme castration, comme refus de la part du père de reconnaître la masculinité de son fils


LE HAMMAM

Ce qu'il est
La mère y rentre avec ses enfants, avec sa fille et son fils tant que celui-ci n'est pas circoncis.

Signe pour le garçon

Ainsi dès que le garçon est exclu du hammam des femmes il est littéralement happé alors par le monde masculin et commence à prendre le chemin du hammam des hommes...ainsi avec le hammam des hommes le garçon entre dans le monde jusque-là inconnu des adultes; ceci signifie pour lui ne plus côtoyer que des hommes.

Les effets psychologiques

Cette atmosphère chaude et froide mêlée au jeu de vapeur et à la faible lumière crée une ambiance quasi irréelle entre la veille et le sommeil favorisant ainsi la régression et la fantasmatisation, et éveille des multitudes de souvenirs et de rêves forts sexualisés.
Enfants, nous ouvrons nos yeux sur/dans le hamman; devenus adultes nous le peuplons de nos souvenirs d'enfance, de nos fantasmes, de nos rêves et c'est là pour tout maghrébin une manière précise de revivre son enfance à partir de son expérience du hammam.
C'est au hammam que l'enfant maghrébin découvre la différence des sexes et contemple à loisir le sexe des autres.

son aspect religieux

Le hammam est infiniment lié à la religion musulman "être attentif à son corps, l'assumer en totalité, prendre au sérieux ses propres fantasmes, faire de la quête de l'orgasme un but essentiel de la vie terrestre et même de la vie transmondaine telles sont quelques unes des visées de l'Islam.<Mais fait paradoxal et surprenant, le hammam, institution typiquement islamique, soulève une grande réprobation de la part des théologiens musulmans...la réprobation des religieux s'explique par le fait que la nudité intégrale est au centre de la question...au hammam la nudité intégrale des hommes est presque courante, celle des femmes est presque partout la règle.


SEVRAGE ET ALLAITEMENT


Le sevrage

Le paradis à deux, ce nid douillet et chaleureux, ce royaume des mille et une merveilles ne durera pas car un intrus ou une intruse, un concurrent ou une concurrente est là et réclame sa place et son dû. La mère maghrébine appartient au dernier-né. C'est dans ces circonstances qu'intervient le sevrage

Nous avons parlé dans un premier temps de l'intensité de cette relation (mère-enfant) et de sa longue durée où la satisfaction de l'enfant est constante et immédiate pendant les deux ou trois premières années, voire plus. Mais juste à ce moment-là intervient le sevrage, brutalement et sans préparation. C'est la première grande frustration que connaît l'enfant. Ce sevrage qui intervient du jour au lendemain revêt pour l'enfant tous les caractères d'un abandon.


L'allaitement

L'allaitement au Maghreb a des connotations beaucoup plus profondes qu'en Europe...On est tenu d'avoir le même comportement et les mêmes devoirs envers la femme qui nous a allaité qu'envers notre mère génitrice. De même les garçons et les filles allaités par la même femme que nous sont considérés comme nos frères et soeurs...Par ailleurs, environ un tiers de nos sujets ont été allaités par une autre femme, le plus souvent par la grand-mère, et leur mère a allaité d'autres enfants que les siens.


INTERACTION DU CULTUREL ET DU PSYCHIQUE

Des aspects auxquels on ne pense pas quand on parle

Ainsi là où le maghrébin dit , aux enfants: "va ouvrir (ou fermer) la porte du dehors, leur mère, europeenne , leur dira: "va ouvrir (ou fermer) la porte d'entrée". Les premières fois les enfants ont relevé et parlé cette différence en souriant, mais cela n'a nullement affecté leur compréhension du message de leur père ou de leur mère. Cela ne change pas l'état de la porte, elle sera fermée ou ouverte, le sexe des parents n'influe pas sur l'état de la porte. Par contre ce qui change c'est que cela introduit un troisième temps, celui de la relation: selon la première formulation (il y en a des centaines) ou la seconde, ils intègrent qu'ils sont en relation avec des références culturelles différentes, de leur père ou de leur mère portées par la langue. Donc ce temps de relation, ce temps autre, est aussi une intériorisation de l'altérité, ce qui les introduit à leur historicité et les inscrit dans leur généalogie


C'est par la langue que s'introduit la généalogie

La filiation est une assignation à une place donnée dans les structures de parenté, un nom et et une transmission par le nom et dans le nom. C'est ce que certains ont découvert très tôt lors de leur scolarité. L'un d'eux nous raconte : "Étant d'une culture orale berbère, j'étais habitué à m'entendre appeler par mes parents et mon entourage par le prénom qui m'a été attribué à la naissance, avec ses sonorités caractéristiques. Ma rencontre avec les instituteurs puis les professeurs provoqua en moi une grande perplexité. Le professeur d'arabe par exemple me reprenait avec insistance, voire sévèrement chaque fois que je me présentais, en arabisant mon prénom aussi bien dans sa prononciation que dans son orthographe, en ajoutant le préfixe "Al" caractéristique de l'arabe ; le professeur de français, quant à lui, me déclara que mon prénom devait se prononcer et s'écrire de la même façon que celui du roi de Jordanie: Hussein. Un an plus tard, un autre professeur de français, dans un cours intitulé « connaissances usuelles » nous fit un exposé sur les premiers habitants du Maghreb, ou indigènes, appelés «berbères» ; et pour illustrer ses propos, elle me désigna en exemple, énumérant les unes après les autres leurs caractéristiques morphologiques. Cette expérience fut une révélation. Je pus enfin entendre, intégrer, ces masses sonores si familières mais qu'aucun professeur, ni celui de français, ni celui d'arabe, ne parvenait à prononcer... Je mettais donc un sens sur cette différence. Cette découverte m'évita une aliénation dans une culture étrangère, française ou arabe. Je m'épargnais ainsi les avatars d'une éventuelle angoisse de désaffiliation... Je n'étais plus seul : je savais qui j'étais, d'où je venais. Je pouvais aller à la rencontre de l'autre et de sa culture, partager ses connaissances sans craindre de me perdre." Car, n'en doutons pas, bien circuler au sein de ses structures de parenté et dans sa filiation permet de circuler plus aisément dans les structures scolaires et donc sociales.


L'apprentissage de la langue...

Le rapport au langage, loin d'être un simple rapport d'acquisition, est un rapport d'inscription dans un système de parenté et d'alliance, qui a cours dans notre culture, et aussi dans la place que nous occupons en tant que sujet "Apprendre à parler c'est apprendre à occuper cette place"(Tabouret-Keller.1985)

La langue c'est l'élément essentiel de la structuration de la culture. D'autre part...la culture dépose dans la langue des éléments d'inclusion qui se transmettent de génération en génération.

pour le transplanté

Chez l'enfant transplanté c'est surtout la possibilité d'une éventuelle bipolarisation de sa pensée qui va susciter des problèmes. L'enfant transplanté est confronté à deux langues différentes, deux discours différents, chacun véhiculant un vécu différent.
Il (un sujet) est ainsi apparemment normal et adapté aux normes socioculturelles françaises accroché au factuel et au concret, sortant des phrases toutes faites qui lui servent de mécanismes de dégagement alors qu'en arabe sa pathologie se lit à livre ouvert. Il est en effet rapidement submergé par le pulsionnel. Il y a un clivage entre la façon dont il se présente en français et en arabe

INTERACTION DU PSYCHIQUE ET DU CORPOREL

La pulsion, concept charnière

La pulsion est donc l'un des concepts de la démarcation entre le psychique et le corporel....la pulsion n'est en fait ni somatique, ni psychique mais représente ce point d'articulation entre le besoin organique et le désir psychique

Les troubles du psychique et du corporel sont liés
Tous les troubles du Moi vont nécessairement coïncider avec l'atteinte de l'image corporelle, puisque les deux son interdépendants

La transplantation atteint la personne dans son ensemble

La transplantation présente une situation radicalement nouvelle, dans laquelle sous un choc de changement social, l'image du corps va se déformer, plier, voire éclater. L'individu se trouve dans une nécessité urgente et vitale d'adaptation de son image corporelle au nouveau monde, d'où la nécessité théorique de l'intensification de l'échange dans un tel processus


INTERACTION DU CORPOREL ET DU CULTUREL

Parallèle entre le corps et la langue

Le son, rythme de base de passage du pré verbal au verbal, du corporel au métaphorique, du jeu de corps aux jeux de mots, unité minimale de communication et de différenciation. Le "je" c'est l'opération de base de distinctivité. Le petit homme en disant "je", dit ce qu'il est par rapport à ce qu'il n'est pas. Et ce, qu'il l'exprime en mots ou qu'il le symbolise dans le jeu par l'intermédiaire d'une ficelle et d'une bobine...Les mots ont une base corporelle. Le mot est à la pulsion ce que la ficelle est à la bobine. Le corps dans le corps de la lettre, la calligraphie arabe, en fournit une superbe illustration.

Quand la langue ne fonctionne plus, le corps prend le relais

La somatisation chez le maghrébin transplanté serait de l'ordre du pré verbal, c'est ce qui reste (le dernier refuge) quand le langage appris dans la culture d'origine ne sert plus à communiquer, n'est plus opérante, le maghrébin a recours au corps pour essayer d'atteindre l'autre, de communiquer avec lui. Sa demande d'être reconnu passe par le biais de la somatisation. La somatisation vient signifier le défaut (par défaut) de l'inscription et de l'identification à la nouvelle culture par la langue. Quand la langue maternelle fait défaut, ne permet plus l'inscription culturelle et sociale ni l'identification à la nouvelle situation il y a recours à la somatisation pour mieux dire la souffrance. Cela suppose de la part du maghrébin un fantasme de l'universalité du langage du corps et de la communication pré-verbale.

La langue dans le corps

Dans une certaine mesure le changement de langue peut s'assimiler à un traumatisme psychique. Force est de constater que malgré des siècles de laminage des langues régionales en France, celles-ci continuent à survivre dans la langue et la culture nationales ne serait-ce que par leurs accents (méridional, alsacien, etc.) Elles vivent pour ainsi dire dans le corps et par le corps comme une sorte de mémoire corporelle de l'identité. Le corps en garde trace

LA CALLIGRAPHIE

La calligraphie, un art religieux

La calligraphie, désignée, en arabe, par le mot khatt, est une activité quasi religieuse, dûment réglementée....C'est donc le moyen de communication qui vient aussitôt après le langage. C'est aussi un noble art, car il est propre à l'homme, qu'il distingue des animaux. De plus il révèle les pensées et les transmet à distance. Il est l'instrument de la science, du savoir (de la connaissance), des livres des anciens et de leurs histoires


DIFFICULTÉS DE L'EXIL

Des coutumes qui marquent profondément la personnalité

A la tête du berceau, sous le coussin, la mère place un couteau ou une clef, parfois un miroir et un sachet plein d'ingrédients destinés à protéger le nourrisson et le tout restera sous sa couche pendant 40 jours. Il arrive qu'on laisse une lumière auprès de l'enfant pour écarter les "génies malfaisants". On sait que ceux-ci craignent le fer et la lumière. On accroche aussi à la tête du berceau une main de Fatima et le verset du Trône (Ayat-el-Koursi) qui écartent les cauchemars. Ces pratiques qui peuvent faire rire un européen, marquent l'individu pour toute sa vie. Même dans les milieux instruits qui se proclament volontiers ultramodernes et où l'influence occidentale s'exerce puissamment, la croyance en ces vieilles pratiques occupe encore des positions dont l'étendue a de quoi surprendre
même chez les intellectuels
Même ceux qui renient et dénigrent la culture traditionnelle maghrébine épargnent le hammam, tout d'ailleurs comme la circoncision, en lui trouvant des vertus "insoupçonnables".

Que le maghrébin s'estime "ultramoderne" et évolué, ou traditionnel, il observe ces rites. Même les intellectuels qui affichent, en occident l'opposition à leur culture d'origine se soumettent et perpétuent les coutumes et les valeurs traditionnelles quand ils retournent dans leur pays. Est-ce là quelque chose de surprenant? Nous ne le pensons pas. Beaucoup d'observateurs extérieurs à la culture maghrébine se sont laissés abuser par l'apparence que représente la structure maghrébine et par le discours manifeste de certains intellectuels maghrébins éprouvant des difficultés de maturation affective. Or on sait qu'au Maghreb les règles et les codes sont fondamentaux, que le mensonge aux étrangers est plutôt une ruse valorisante et valorisée et qu'on ne livre jamais son être profond; on ne livre à autrui qu'une apparence. Le Moi social prime le Moi individuel. On est tenu d'être solidaire des "siens", de son groupe social, c'est là quelque chose de si profondément intériorisé au fond de la personnalité maghrébine que seule la psychanalyse peut nous en faire prendre conscience. Le maghrébin est sans cesse sous le regard "des autres": qu'en dira-t-on ?


La représentation de l'instruction des filles

L'obligation d'assistance, lorsque les parents vieillissent revient au garçon, et quand le garçon se marie il reste en général chez ses parents alors que la femme suit son mari. Aucun de nos sujet (habitant en France) jeune ou vieux, n'envisage l'éventualité que la fille puisse ne pas se marier. La fille finira, pensent nos sujets, par rejoindre un jour la maison de son mari; dès lors peu de choses sont importantes et même l'instruction ne l'est pas puisque ce n'est pas sa famille qui en profitera mais des étrangers.

La transplantation comme perte de références

La transplantation signifie une perte de tout un monde de références qu'on ne peut plus partager avec ceux que l'on côtoie chaque jour
Ceux qui semblent les mieux adaptés ne sont pas nécessairement ceux que l'on croit; ceux qui semblent les mieux adaptés sont au contraire ceux qui s'acceptent comme fondamentalement différents.

Difficultés d'identification

En ce qui concerne la majorité des jeunes maghrébins issus de couples de transplantés, leur développement affectif ne peut être, le plus souvent, que bloqué ou dévié car l'idéal des valeurs sociales de leurs parents et la position socialement méprisée de ceux-ci, leur ignorance dans la plupart des cas de leur langue maternelle diminuent les, échanges avec leurs parents à qui ils ne peuvent s'identifier puisqu'une éventuelle identification ne serait pas valorisante narcissiquement, d'où le désarroi de ces jeunes. Même les rapports à la mère ne sont plus ce qu'ils étaient puisque l'État français tend à déposséder les parents de certains droits et prérogatives

Soumis à des messages paradoxaux

L'immigré se trouve pris au milieu de ce filet de messages paradoxaux qui lui parviennent de part et d'autre. De son pays et sa communauté d'origine, il entend "ne te renie pas, ne retourne pas ta veste", mais "ne reviens pas et reste là où tu es". De son pays d'accueil, il entend "ta culture est un frein à ton intégration, elle est dangereuse, renie là, retourne ta veste pour t'intégrer"..Alors ces jeunes sont pris dans ce problème de "l'entre-deux", où de chaque coté ils sont mis dans une position intenable où il faut à la fois s'accrocher à ses racines et s'en défaire.


Un exemple illustratif

Autre impasse, pour l'immigré musulman transplanté en Europe, la croyance aux Djinns...Les Djinns peuplent l'imaginaire musulman du Maghreb, de l'Égypte, de la Perse et des Turcs et font partie de la foi musulmane...Les Djinns sont cités en 22 endroits dans le Coran qui décrit leur genre et leur mode de vie. Ils seront jugés le jour du jugement dernier par Dieu au même titre que les humains selon leurs actes. Y croire est un acte de foi, fait partie de la foi musulmane, comme tout ce qui est dit dans le Coran. Comment remettre la parole de Dieu en doute?...En situation de transplantation cela devient un dilemme: s'y référer et en parler c'est passer pour arriéré ou aliéné, le nier c'est renier ou mettre en doute une partie de sa foi. Aussi ce conflit est occulté et l'imaginaire qui s'y rattache enterré. Cette part de l'imaginaire nécessaire à la vie psychique dans le pays d'origine ne trouve plus à se dire. Aussi le corps reprend le relais pour représenter cet irreprésentable, cette impossibilité à dire ou non. A force d'être entouré de sourds on devient muet

ÉCOLE ET "SAS

La nécessité d'un "sas"

Quant à l'immigration, elle est aussi un passage, une traversée. Certains la font sans dégâts d'autres voient leur embarcation chavirer, se briser et ils se noient. Cette traversée d'un état à un autre ne se fait pas d'elle-même, parce qu'on est confronté à deux représentations qui sont souvent inconciliables. Aussi faut-il quelque part dans notre esprit, dans notre façon d'être, ménager un "sas", opérer une mise en latence des pensées ou des données inconciliables, pour que le petit enfant qui se socialise puisse aller vers l'autre sans trop de reniements, en douceur.

Le passage d'un espace culturel dans un autre nécessite un espace intermédiaire, un sas de mise en latence des éprouvés inconciliables des deux espaces culturels. En somme un espace de "non menace.

L'enfant d'origine étrangère comme "analyseur" de l'école

L'enfant d'origine étrangère est un véritable analyseur de l'institution scolaire qui oublie ou refoule la réalité psychique de l'élève, ce qui provoque résistance et défense
L'école peut jouer ce rôle de "sas"

J'ai parlé du "groupe des pères" qui empêche l'enfant du père défaillant d'être "hors repères". Ces pères sont aussi des "pairs", et ce groupe de pairs peut se constituer dès l'école et au sein de l'école. J'ai introduit cet exposé en parlant de ma rencontre avec l'école qui a balisé mes repères identitaires pour mieux asseoir mes rapports de filiation et d'affiliation. Je voudrais conclure par l'école, qui est pour moi un formidable espace médiateur et intermédiaire, un lieu de nidification culturelle, un ouvreur de perspectives, porteur de création. L'école est un passage à traverser, un pont entre la famille et la société.


Médiation

Que signifie-t-elle? que confronté à la différence (culturelle, sexuelle, etc...) deux attitudes ont cours d'ordinaire: le rejet ou le déni. Mais si on veut aller plus loin, aider l'autre à sortir de cette impasse, il faut momentanément lui offrir un sas, ne serait-ce que dans notre tête, dans notre façon de l'accueillir. Je veux dire par sas un lieu de non-conflit, de non-destruction: moi ou l'autre, un lieu de non-violence qui permet de l'accompagner pour que le sujet puisse pacifier les deux contraintes qui se battent en lui et en faire des alliés pour un changement sans reniement. Lui permettre ce débat intérieur pour qu'il puisse faire la part des choses et aller de l'avant, telle serait la fonction de cet espacede médiation. De la confrontation avec d'autres cultures peut naître un apprentissage et un élargissement de l'espace intérieur du sujet, seule parade à l'intégrisme intellectuel, mental et psychique. La culture peut fonctionner ici comme un espace transitionnel et médiateur. Elle est un contenant pour la psyché tout comme le corps l'est pour la pulsion. L'interculturel est une école de reconnaissance et de connaissance qui permet d'appréhender que l'autre n'est nullement le même que l'on côtoie chaque jour
Ceux qui semblent les mieux adaptés ne sont pas nécessairement ceux que l'on croit; ceux qui semblent les mieux adaptés sont au contraire ceux qui s'acceptent comme fondamentalement différents.

Difficultés d'identification

En ce qui concerne la majorité des jeunes maghrébins issus de couples de transplantés, leur développement affectif ne peut être, le plus souvent, que bloqué ou dévié car l'idéal des valeurs sociales de leurs parents et la position socialement méprisée de ceux-ci, leur ignorance dans la plupart des cas de leur langue maternelle diminuent les, échanges avec leurs parents à qui ils ne peuvent s'identifier puisqu'une éventuelle identification ne serait pas valorisante narcissiquement, d'où le désarroi de ces jeunes. Même les rapports à la mère ne sont plus ce qu'ils étaient puisque l'État en Europe tend à déposséder les parents de certains droits et prérogatives

Soumis à des messages paradoxaux

L'immigré se trouve pris au milieu de ce filet de messages paradoxaux qui lui parviennent de part et d'autre. De son pays et sa communauté d'origine, il entend "ne te renie pas, ne retourne pas ta veste", mais "ne reviens pas et reste là où tu es". De son pays d'accueil, il entend "ta culture est un frein à ton intégration, elle est dangereuse, renie là, retourne ta veste pour t'intégrer"..Alors ces jeunes sont pris dans ce problème de "l'entre-deux", où de chaque coté ils sont mis dans une position intenable où il faut à la fois s'accrocher à ses racines et s'en défaire.


Un exemple illustratif

Autre impasse, pour l'immigré musulman transplanté en Europe, la croyance aux Djinns...Les Djinns peuplent l'imaginaire musulman du Maghreb, de l'Égypte, de la Perse et des Turcs et font partie de la foi musulmane...Les Djinns sont cités en 22 endroits dans le Coran qui décrit leur genre et leur mode de vie. Ils seront jugés le jour du jugement dernier par Dieu au même titre que les humains selon leurs actes. Y croire est un acte de foi, fait partie de la foi musulmane, comme tout ce qui est dit dans le Coran. Comment remettre la parole de Dieu en doute?...En situation de transplantation cela devient un dilemme: s'y référer et en parler c'est passer pour arriéré ou aliéné, le nier c'est renier ou mettre en doute une partie de sa foi. Aussi ce conflit est occulté et l'imaginaire qui s'y rattache enterré. Cette part de l'imaginaire nécessaire à la vie psychique dans le pays d'origine ne trouve plus à se dire. Aussi le corps reprend le relais pour représenter cet irreprésentable, cette impossibilité à dire ou non. A force d'être entouré de sourds on devient muet

ÉCOLE ET "SAS

La nécessité d'un "sas"

Quant à l'immigration, elle est aussi un passage, une traversée. Certains la font sans dégâts d'autres voient leur embarcation chavirer, se briser et ils se noient. Cette traversée d'un état à un autre ne se fait pas d'elle-même, parce qu'on est confronté à deux représentations qui sont souvent inconciliables. Aussi faut-il quelque part dans notre esprit, dans notre façon d'être, ménager un "sas", opérer une mise en latence des pensées ou des données inconciliables, pour que le petit enfant qui se socialise puisse aller vers l'autre sans trop de reniements, en douceur.

Le passage d'un espace culturel dans un autre nécessite un espace intermédiaire, un sas de mise en latence des éprouvés inconciliables des deux espaces culturels. En somme un espace de "non menace.

L'enfant d'origine étrangère comme "analyseur" de l'école

L'enfant d'origine étrangère est un véritable analyseur de l'institution scolaire qui oublie ou refoule la réalité psychique de l'élève, ce qui provoque résistance et défense
L'école peut jouer ce rôle de "sas"

J'ai parlé du "groupe des pères" qui empêche l'enfant du père défaillant d'être "hors repères". Ces pères sont aussi des "pairs", et ce groupe de pairs peut se constituer dès l'école et au sein de l'école. J'ai introduit cet exposé en parlant de ma rencontre avec l'école qui a balisé mes repères identitaires pour mieux asseoir mes rapports de filiation et d'affiliation. Je voudrais conclure par l'école, qui est pour moi un formidable espace médiateur et intermédiaire, un lieu de nidification culturelle, un ouvreur de perspectives, porteur de création. L'école est un passage à traverser, un pont entre la famille et la société.

comme le psychanalyste dans son travail

Ainsi notre imaginaire est structuré par la langue et tout particulièrement par notre langue maternelle et pour les immigrés, dont je fais partie, par le français également qui impose ses signifiants. Face à ces patients avec qui je partage l'appartenance culturelle et la transplantation, mon travail consiste à leur offrir un espace intermédiaire où ils peuvent être entendus dans leur langue d'origine et/ou dans la langue du pays d'accueil. J'essaye de leur offrir un espace de médiation, un espace hors menace où leur soi privé (horma) et leur soi social se rencontrent sans s'affronter grâce à l'étayage sur le thérapeute lors du transfert et du contre-transfert.

Médiation

Que signifie-t-elle? que confronté à la différence (culturelle, sexuelle, etc...) deux attitudes ont cours d'ordinaire: le rejet ou le déni. Mais si on veut aller plus loin, aider l'autre à sortir de cette impasse, il faut momentanément lui offrir un sas, ne serait-ce que dans notre tête, dans notre façon de l'accueillir. Je veux dire par sas un lieu de non-conflit, de non-destruction: moi ou l'autre, un lieu de non-violence qui permet de l'accompagner pour que le sujet puisse pacifier les deux contraintes qui se battent en lui et en faire des alliés pour un changement sans reniement. Lui permettre ce débat intérieur pour qu'il puisse faire la part des choses et aller de l'avant, telle serait la fonction de cet espace de médiation. De la confrontation avec d'autres cultures peut naître un apprentissage et un élargissement de l'espace intérieur du sujet, seule parade à l'intégrisme intellectuel, mental et psychique. La culture peut fonctionner ici comme un espace transitionnel et médiateur. Elle est un contenant pour la psyché tout comme le corps l'est pour la pulsion. L'interculturel est une école de reconnaissance et de connaissance qui permet d'appréhender que l'autre n'est nullement le même

# Posté le mercredi 08 juin 2005 03:22

Modifié le samedi 07 novembre 2009 14:03

tu te demandes ki je suis ? ....quelques réponses ici

tu te demandes ki je suis ? ....quelques réponses ici
né dans les froides contrées d'Europe, je suis un savant mélange de races diverses:
Un père belge d origine russe et une mère Marocaine

...pour mes 6 ans, on m'expédia vivre chez mes grands parents à Casablanca.
A 17 ans, retour en Belgique : j je décroche une licence en criminologie et une autre en sciences pénitentiaires ? ca sert à quoi ? ... euh à rien :)))

rentré au Maroc à l'âge de 23 ans. J'ai sévit depuis lors dans pas mal de quartiers
Mon père m'a fait d'une tête de gaouri et de superbes yeux d'un bleu flashant.
De ma mère, j'ai hérité tout ce qui est à l'intérieur:
un coeur résolument marocain, une culture arabe, un attachement inconditionnel pour le Maroc

Si je parles l' arabe ? la prière, quelques formules de politesse, des insultes aussi. Pour le reste ben, je suis nul en langues et en maths

marié de longues années, un fils ki grandit et ke j'adore, malgre tout, je suis tombé en amour d'un mek et donc je suis gay, si ca te dérange byeeee trace ta route

je suis de nouveau à Bruxelles.J'habite dans un vieux quartier historique et populaire pas loin de la grand place.
Mon corps évolue au mileu des belges.Mon coeur est resté accroché sur l'autre rive du détroit de Gibraltar
(non j'suis pas passé en barque, m'enfin ! j'ai la nationalité Belge, merci papa)


t'en veux encore plus ??? voila la suite :

Pays : Belgique- maroc

Langue : français

Recherche : un homme

Pour : ce que tu veux

Activités : Fonctionnaire maitenant chômeur de luxe

Taille : 180 cm

Poids : 89 kg

Yeux : bleus

Cheveux : Châtains +

Origine ethnique : métis

Age - oups la question piege la je sent que le mec va se casser : 39 ans -

Religion : musulman et gay c'est pas tres compatible. enfin c la vie et pour les adeptes d'oussama : on est kom on est et on essaye de vivre avec sans trop masker et sans jouer les hypocrites

Personnalité : Cynique

Fumeur : Oui ben koi la clope , meuh non pas le zatla ..enfin koike lol ki sait ?

Boissons : Ne boit pas euh ou plus

Plats favoris : bastella, tajine aux pruneaux, couscous et toi

Style vestimentaire : dans le job c costard donc le reste du temps c n'importe quoi de confortable

Préférences musicales : musique arabe, new age , rap francais,etc

Artiste musical préféré : marcel khalifa meme si mon arabe est vachement limité

Genre de film : thriller

Acteur préféré : euh..toi dans 'dore mehdi dore'

Films préférés : midnight express, ali zaoua, la ligne verte, philadelphia, et plein d'autres dans ma tête

Style de voiture : rien à cirer de touts les signes extérieurs

J'aurais voulu être : moi mais en rabotant quelques solides défauts

Ce que je préfère : les yeux de celui qui est en amour

Ce que je déteste : l'égoisme, l'intolérance, le chouffouni

Style de vacances préféré : au bled à jouer à trouve moi dans la foret

Hobbies : le seeeexe, internet, le parachutisme, le tir au pistolet, la lecture , le cheval




Informations supplémentaires : je cherche mon soleil. je le souhaite d'origine arabe

Mon site web perso à moi :) bab al hourria : le site des gays arabes
et Zimigri le site des harragas et sur face book : http://www.facebook.com/mehdibxl

# Posté le mercredi 08 juin 2005 06:46

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 11:34

.........TU PENSES QUE LES ARABES SONT TOUS DES ZIMIGRIS ILLETRES ????......

.........TU PENSES QUE LES ARABES SONT TOUS DES ZIMIGRIS ILLETRES ????......
L'APPORT DES ARABES A LA CIVILISATION

L HERITAGE GREC


" Quand on se rend compte de toute l'étendue des domaines que les Arabes embrassèrent dans leurs expérimentations scientifiques, leurs pensées et leurs écrits, on voit que, sans les Arabes, la science et la philosophie européennes ne se seraient pas développées à l'époque comme elles l'ont fait. Les Arabes ne se contentèrent pas de transmettre simplement la pensée grecque. Ils en furent les authentiques continuateurs [Ö] Lorsque vers 1100, les Européens s'intéressèrent à la science et à la philosophie de leurs ennemis sarrasins, ces disciplines avaient atteint leur apogée. Les Européens durent apprendre tout ce qu'on pouvait alors apprendre, avant de pouvoir à leur tour progresser eux-mêmes. " Montgomery Watt.
Longtemps, le monde occidental a accordé une importance exagérée, dans le domaine des sciences et des arts, à l'héritage gréco-romain. Au point de sous-estimer, voire d'ignorer sa dette envers les grandes civilisations du Proche-Orient.
L'opinion voulait que les Européens chrétiens soient les destinataires naturels de la pensée d'Athènes et de la gloire de Rome. Pendant la "longue nuit du moyen-âge", les Arabes n'auraient été que les gardiens d'un savoir qu'ils se sont accaparé sous formes de traductions.
Pendant l'âge d'or de la pensée grecque qui s'étend sur trois siècles (6e-4e s.), les civilisations égyptienne et babylonienne sont encore bien vivantes : les influences et les échanges sont réciproques.
De plus, les savants grecs se reconnaissent comme les héritiers des savoirs orientaux.
Après l'effondrement des États-cités (338 av. J.-C.), le foyer de la science retourne au Proche-Orient pour y durer pendant la longue période hellénistique (3e s. av. J.-C. - 5e s. après J.-C.). Pendant 800 ans les plus grands savants, dont les úuvres sont ensuite traduites en arabe, parlent grec et sont originaires d'Égypte, de Syrie, de Mésopotamie et de toute l'Asie occidentale.
L'extension du christianisme gagnait davantage les Empereurs que les savants. Après la fermeture de l'École d'Athènes par Justinien (529), nombre de ceux-ci trouvèrent refuge auprès du roi de Perse, à Djundishapur, qui devint le point de rencontre des connaissances et des influences grecques, syriaques, persanes, indiennes. D'autres centres savants se formèrent Edesse et surtout à Harra (Haute Mésopotamie), ville sabéenne qui devint dépositaire des enseignements de l'astrologie babylonienne, du néo-pythagorisme, de l'hermétisme.
La conquête arabe apportait les éléments d'un nouvel enthousiasme pour le savoir :
• une langue que se forge et qui s'impose comme un instrument de communication internationale ;
• un gouvernement fortement centralisé ;
• une religion qui exalte la connaissance. Le Coran énonce que l'encre des savants est plus précieuse que le sang des martyrs.
Le monde occidental manifesta une réserve, voire une hostilité, envers ces savoirs étrangers. Avant, à son tour, de se les approprier et de les enrichir.
Aux grandes heures de la civilisation arabe (8e-13e siècle), les spécialisations disciplinaires sont encore incertaines et la soif de connaissances est telle que les savants pratiquent, au gré de leurs curiosités, la médecine et l'astronomie, l'alchimie et l'optiqueÖ Tous ne sont pas Arabes de naissance, mais c'est dans la langue de l'élite politique qu'ils expriment leurs découvertes.
Les apports des Arabes à la civilisation se retrouvent dans les techniques, l'art, la philosophie... Il y a les inventions scientifiques et les thèses philosophiques mais à côté de ces coups de génie d'autres apports ont été plus discrets. Ils résultent de contacts, d'emprunts irréfléchis, d'une contamination qui ne s'exerce pas dans un seul sens.




Contrairement à une idée assez répandue, les grandes vagues de la conquête arabo-musulmane n'ont pas eu pour effet d'imposer uniformément et systématiquement une culture et une croyance aux populations dominées et majoritaires en nombre.
Tout d'abord, en droit Juifs et Chrétiens (Gens du Livre) ne se convertissent que s'ils le souhaitent et pour peu qu'ils reconnaissent l'autorité des souverains musulmans (en s'acquittant d'un impôt) ils se voient accorder leur protection (d'où leur nom de Dhimis : protégés). Mais le Dhimi demeure un "infidèle".
Ensuite, le converti dispose des mêmes droits que le croyant ce qui n'est pas toujours bien vu par les conquérants méfiants face aux excès de religion et soucieux de leurs avantages aristocratiques.
Enfin, à une époque où la paysannerie regroupe 80 à 95% de la population, l'influence arabe demeure limitée sur le costume, l'habitat, le mobilier.
Ce sont d'abord les marchands et les notables qui doublent leurs noms juifs ou chrétiens d'une appellation arabe (ainsi l'évêque Johannès de Cordoue est aussi appelé Asbag Ibn Abdallah) et qui imitent la toilette et la tenue des vainqueurs : les femmes mozarabes (arabisées et chrétiennes de la péninsule ibérique) prennent l'habitude de sortir voilées.
Les influences sont patientes. Elles concernent l'alimentation (le porc est moins consommé), le corps ( le souci de propreté amène les gens aux bains) et quelques chrétiens fortunés ne dédaignent la polygamie.
La mode aussi à ses droits et la jeunesse se met à imiter les gestes et le parler de tel nouveau chanteur arabe, au grand dam des puristes de la tradition arabe.
Cependant, c'est avec réserve que les conquérants constatent les avancées de leur culture sur laquelle ils entendent garder un droit de regard. Les limites de la tolérance des vainqueurs sont fluctuantes en particulier lorsque l'on touche aux choses de la religion. Ainsi des commerçants chrétiens sont punis avec sévérité, pour avoir invoqué le nom du prophète. Toujours en Andalousie, lorsque vers le 12ème siècle, la Reconquistat gagne du terrain, les communautés mozarabes (comme celle de Séville) sont accusées d'intriguer avec les reconquérants. Alors que deux siècles plutôt, nombre d'entre elles avaient fait cause commune avec les musulmans contre leurs coreligionnaires du nord.
Déjà une culture se mondialise mais la ligne de partage passe entre arabisation et Islamisation.



PARLEZ VOUS L ARABE SANS LE SAVOIR ??

La langue est un remarquable conservatoire des rencontres de cultures, un musée vivant. Les ports méditerranéens en témoignent tous les instants en maltraitant toutes les frontières linguistiques et, par la transgession de leurs règles, de créer une langue partagée. Ce texte de Sigrid Hunke met en scène les termes et les objets passés des Arabes vers les Occidentaux.
L'assaisonnement du quotidien
Des noms arabes pour des dons arabes.
" Permettez-moi de vous inviter à prendre quelque chose dans ce café, chère madame ! Enlevez donc votre jaquette et prenez place sur le sofa au matelas garni d'une étoffe carmin. Le cafetier s'empressera de vous servir une tasse de café avec deux petits morceaux de sucre, à moins que vous ne préfériez une carafe de limonade bien glacée, ou encore un peu d'alcool ! Non ? Mais vous accepterez certainement une tarte aux abricots et aux bananes !
Mais bien sûr, cher ami, vous êtes aujourd'hui mon invité ! Puis-je vous offrir, pour commencer, un sorbet à l'orange ? Je crois que des artichauts feraient une entrée fort agréable. Et que penseriez-vous d'un chapon accompagné de riz et de barquettes aux épinards ? Pour le dessert je ne saurais trop vous recommander ce gâteau à la sauce d'arak. Et pour clore le repas, un mokaÖ Mais, je vous en prie, installez-vous sur le divan.
Pourquoi, certes, ne vous sentiriez-vous pas parfaitement à l'aise, alors que tout ce qui vous entoure comme tout ce que je vous offre se trouve sur la liste des articles depuis longtemps inventoriés qui font partie de notre existence, et cela bien que nous les ayons empruntés à un monde étranger à savoir le monde arabe ? Le café qui vous sert quotidiennement de stimulant, la tasse dans laquelle vous versez ce noir breuvage, le sucre sans lequel vous ne sauriez aujourd'hui imaginer un menu, la limonade et la carafe, la jaquette et le matelas, c'est aux Arabes que nous devons de les connaître. Et ce n'est pas tout ! Dans la presque totalité du monde civilisé, ces articles portent encore leur nom arabe ! De même pour candi, bergamote, orange, quetsche, etc.
Rien d'étonnant, me direz-vous sans doute, à ce que certains fruits originaires des pays chauds (tout comme certains aliments ou boissons) nous viennent de l'Orient ; et pourquoi dans ce cas, ne conserveraient-ils pas leur appellation d'origine ?
Et lorsque vous avouez que, maté par la fatigue, vous vous étendez sur le sofa, le divan, l'ottomane ou dans l'alcôve, vous m'assurez que n'importe quel enfant saurait reconnaître l'origine étrangère de termes aussi extravagants. Mais savez-vous que, sans le vouloir, vous avez employé un autre mot arabe, un terme issu du jeu d'échecs (jeu que les Arabes nous ont appris, l'émissaire d'Haroun al-Rachid l'ayant, dit-on, introduit à la cour de Charlemagne), qu'échec vient de shah (le roi) et que le mot maté que vous avez employé vient de mat qui signifie tout simplement : " Il est mort " ? Alors, vous voyez : échec et mat !
Saviez-vous en outre que les sacs de maroquin que vous voyez dans ce magasin portent encore l'estampille des Arabes ? Quant aux étoffes exposées dans cette vitrine, en dehors des cotonnades, des mousselines, du mohair souple et duveteux, vous pouvez faire votre choix entre le satin élégant, le taffetas distingué, la moire chatoyante et le damas somptueux (de la ville de Damas), qui étalent à vos yeux toute une gamme de nuances depuis le jaune safran jusqu'au lilas en passant par l'orange et le cramoisi. Autant de délicates invites à nous souvenir de ceux auxquels nous devons des étoffes aussi utiles que précieuses sous leurs coloris éclatants, c'est-à-dire aux Arabes.
Savez-vous que lorsque vous entrez dans une pharmacie ou une droguerie, vous y trouvez quantité d' " inventions " arabes. Un simple coup d'úil aux caisses et aux flacons du droguiste suffira à vous en convaincre : vous y verrez de la muscade, du cumin, de l'estragon, du safran, du camphre, de la benzine, de l'alcali, de la soude, du borax, de la saccharine, de l'ambre et bien d'autres drogues arabes dont vous usez quotidiennement. Savez-vous que nous désignons encore sous son nom arabe de laque, le vernis dont nous couvrons nos ongles, que l'aniline, la gaze, le talc et la ouate sont autant de noms arabes ?
Vous ne sauriez donc nier plus longtemps que le grand nombre de noms arabes qui émaillent notre langue désignent des articles d'usage courant dont les arabes nous ont révélé l'existence. Ni que ces articles aient apporté à notre vie quotidienne, jadis insipide, voire un peu sordide, maints agréments délicats qui l'ont littéralement assaisonnée, embellie par la couleur et le parfum, ni que celle-ci leur doive d'être plus saine et plus hygiénique en même temps que plus riche de confort et d'éléganceÖ (Le soleil d'Allah brille sur l'occident. notre héritage arabe. Albin Michel, 1963)



DE BAGDAD A CORDOUE

Deux lieux, dont les noms sont restés hautement évocateurs de prestige et de l'art de vivre, sont dans les premiers siècles de l'expansion arabe les foyers de rayonnement culturel : Bagdad et Cordoue.



Le califat de Bagdad

C'est à Bagdad, au début de l'ère abbasside, que se produit une extraordinaire floraison intellectuelle. Les califes font figure de despotes orientaux éclairés ; ils animent et protègent les cercles de lettrés. Parmi eux, la tradition conserve l'image de Harûn ar-Rachid (786-889), le souverain des Mille et une nuits et celle de Ma'mun (813-833) son fils, et le fondateur de Beït Al-Hikma (la maison de la sagesse) le premier grand centre de traduction et de réflexion arabes.
Les Abbasides sont portés au pouvoir par les persans convertis. Ils transfèrent le centre du pouvoir vers l'Orient où ils fondent Bagdad (Madinat al Salam, la ville de la paix) selon un plan circulaire : la ville ronde mesure 4 km de diamètre et est ceinturée par un fossé de 20 m de large et un double rempart.
Clan qui a su prendre le dessus sur ses alliés, les Abassides exercent un pouvoir ambigü qui va être inlassablement contesté. Les révoltes sont d'ordre social et religieux. Vers 870, les Zandj (des esclaves noirs, amenés pour cultiver la canne à sucre dans les régions marécageuses) se soulèvent et menacent Bagdad. La fragilité du Califat est démontrée. Au 10e siècle, ce sont les Qarmates (installés le long du golfe Persique) qui fondent un Etat communautaire, pillent Bosra, prennent La Mecque et s'emparent de la pierre noire.
Le régime, afin d'assurer sa protection, constitue une garde de jeunes esclaves turcs. Cependant, celle-ci éloigne le Calife de la population et s'accapare le pouvoir. La dynastie abasside n'est plus qu'une façade. Les émirs buyides (originaires de la Caspienne) contrôlent les leviers de l'autorité et en usent pour favoriser leur religion chiite, au nom du calife sunnite. Ils seront eux-mêmes balayés par les Turcs Seljukides (prise et destruction de Bagdad en 1258). C'est l'effondrement des Abassides, mais de fait ils n'auront régné qu'un siècle.



Le califat de Cordoue
Al Andalus est l'autre grand foyer de transmission à l'occident chrétien de la pensée gréco-arabe.
En 756, l'Umayyade Abel ar-Rahman fonde l'émirat de Cordou. Sa dynastie a été massacrée par l'Abasside Al Safrah. Il survit, gagne l'Espagne et là, dans un pays où les groupes ethniques s'affrontent (Arabes, Yéménites, Berbères, Espagnols convertis ou non, Juifs, Slaves, ...) et où il ne dispose d'aucun appui, il installe un régime qui va se caractériser par sa stabilité et son rayonnement.
Le rayonnement est géographique d'abord. C'est la guerre contre les royaumes chrétiens du Nord et dont la mort à Roncevaux de Roland (778) reste le plus fameux épisode. Ce sont les luttes contre les Latimichs en Afrique du Nord, la prise de Tanger, la fondation d'Oran.
Le rayonnement est urbain encore. L'émirat redonne vie aux villes endormies (Séville, Tolède) et grâce à son administration et ses richesses fait bâtir de fastueuses résidences. L'agriculture se développe enfin. L'amélioration du système d'irrigation accroît le rendement des cultures traditionnelles (vigne, olivier) et l'introduction de la canne à sucre, des agrumes, du palmier, dattier.
Cordoue rivalise avec Le Caire (Fustat) et Bagdad.
Cependant, l'émirat passe sont emps à mater les révoltes (Tolède et Cordoue elle-même) et à essayer de réduire les pressions extérieures et les raids des Normands.
Ils ne résistera pas à ces forces contradictoires et au début du IIe siècle, les reyes de Taïfas (muluq at tawait ou rois de partis) se partagent sa dépouille et fondent plus de vingt principautés.
Chacun revendique l'héritage de Cordoue (ou de Al Andalus du nom de la vallée de Guadalquivir, le centre de l'émirat). Les cours rivalisent en prestige, elles abritent philosophes, savants et poètes.
Annexé par les empires du Magrheb (Almoravides et Almohades), entamé par les poussées chrétiennes (prise de Tolède en 1085) l'Andalus continue à être le lieu où le monde arabe et l'Europe sont le plus largement entré en contacts guerriers, il est vrai, mais en échange d'idées, surtout.



LA LITTERATURE ET LA POESIE

Al Biruni (mort en 1050) reste le modèle du lettré qui s'investit dans la culture arabe et lui apporte une dimension universelle. Originaire de Khwarizm (Caspienne), écrivain en langue arabe et en persan, il témoigne : " J'ai été éduqué dans une langue (celle du Khwarizm) [Ö] Ensuite, je me suis mis à apprendre l'arabe et le persan, et je suis par conséquent un intrus dans ces deux langues, qui s'efforce de s'y perfectionner. Mais j'avoue que je préfère être insulté en arabe qu'être exalté en persan. "
Le jugement est rude, mais il traduit la force d'attraction et de fédération de l'arabe dans un contexte (Bagdad) où pourtant la composante persane est majoritaire.
Le " premier chef-d'úuvre " de la littérature des Arabes résume, par son cheminement, cette époque : Kalila et Dimna est l'adaptation en arabe, par Ibn Al-Muqaffa, de la version persane de fables indiennes.
Le moment est favorable à l'éclosion littéraire. Déjà, les grammairiens fixent les règles d'une langue aussi pure et proche de ses origines que possible et les premiers dictionnaires apparaissent. L'industrie du papier se développe. Les princes sont libéraux et l'aristocratie se veut mécèneÖ
Les genres littéraires fleurissent : celui de l'épître, de la nouvelle (risala), des séances (maqamat, mélanges de fiction et de réalité dont l'action renvoie à un personnage central).
Une nouvelle valeur s'impose : la nécessité de la culture. Les sciences religieuses et profanes se déploient, les controverses sont fréquentes. Dans ce bouillonnement d'idées, les conservateurs et les partisans de la raison, les tenants de la pureté arabe et ceux de l'ouverture à l'étranger, s'accordent à composer un code de maintien.
Ces valeurs distinctives de l'honnête homme, se nomment l'adab.. Jahiz (mort en 868) et Ibn Qutayba (mort en 889) sont les champions de la culture, esprits encyclopédiques, curieux de tout, polémistes et vulgarisateurs qui cultivent la verve et la belle langue.
La poésie s'attache à explorer des thèmes nouveaux. Al Mutanabbi (mort en 965), le courtisan orgueilleux, célèbre les grandes victoires et chante la gloire de ses protecteurs, se retourne parfois contre eux. Al Maari (mort en 1058) exprime tout à la fois, espoir, révolte et amertume du monde. Aveugle à l'âge de 4 ans, il clame le désespoir, cultive le scepticisme à l'égard des religions et de l'humanité.
Abu Nuwas (mort en 815) use de son immense talent et de l'intimité des califes pour se livrer au scandale et à la provocation. Il subvertit la poésie traditionnelle et chante le vin et les amours illicites sans détours, pour les femmes et les hommes, sans contours délimités. .
La littérature se partage, elle se goûte en public, le soir et la nuit. Le peuple pratique, lui aussi, la palabre. Sur les places, les conteurs récitent poésie, gestes.... Le narrateur est maître du texte et de son auditoire : pour maintenir l'attention de son public, il introduit des variantes, ouvre une histoire au sein de l'histoire, interrompt le récit aux moments palpitants.
Les Mille et une nuits sont l'expression même de la littérature populaire et de colportage. Elles sont, avec le Roman d'Antar, les légendes de la mer, les complaintes de Majnun (le fou d'amour) une mémoire itinérante.
L'Espagne arabo-andalouse s'épanouit. Elle crée une page et une poésie originales : Ibn Hazm (mort en 1063) qui fut aussi juriste et théologien invente les codes de l'amour courtois (Tawq al-hamâma : Le collier de la colombe, traduit chez Sindbad sous le titre : Des amours et des amants). Les troubadours seront les continuateurs de cet art de la strophe et du mélange des langues.



LES ARTS

L'art de l'Islam " est un art qui sert non pas de fin en soi, mais d'intermédiaire entre l'homme et ce qui existe. Ce qui a rendu les artistes du monde Islamique uniques, c'est d'avoir pu montrer que l'eau se boit mieux dans un beau verre, que la lumière est plus belle lorsqu'elle émane d'un chandelier richement incrusté. " Oleg Grabar



La calligraphie et l'enluminure

L'introduction du papier et la diffusion du livre ont contribué au développement de l'illustration et de l'enluminure.
Ce sont les ouvrages de médecine, de zoologie, d'astrologie qui dans un premier temps sont illustrés, tandis que l'usage d'enluminer le Coran se généralise.
Les oeuvres de fiction sont plus rarement agrémentées. A quelques exceptions : le Kalila wa Dimna, dont le texte est utilisé pour l'apprentissage d'un arabe de qualité ; le Maqamat d'al Hariri de Bassora (mort en 1122) qui retrace les aventures du rusé Abu Zayd ; le Shahnama de Firdawsi, long poème de 60 000 distiques qui a donné matière aux enluminures les plus spectaculaires.
La calligraphie s'inscrit au coeur de l'art arabo-Islamique. Selon la tradition, l'écriture est un don divin (enseigné à Adam). De plus, l'arabe est la langue du message de Dieu transmis aux hommes par Muhammad. La perfection du Coran est la preuve de sa nature supérieure : depuis toute éternité, le texte coranique est écrit sur une tablette céleste que seuls les anges peuvent contempler.
Dès lors, écrire c'est entrer en contact avec le divin et recopier le Coran c'est comme effleurer la parole du Dieu. Voilà pour les origines de la belle écriture.
Cependant, les plus anciennes formes d'écriture arabe (le coufique) sont anguleuses et irrégulières en raison du principal support utilisé : la pierre. Mais l'écriture va s'étendre à toutes sortes de surface (papier, parchemin, bois, céramique, textiles...) et les graphies se multiplient. Et le coufique lui-même va gagner en harmonie et rythme et devenir feuillu, tressé, quadrangulaire...
Ibn Muqla (mort en 940), vizir de Bagdad et " prince des calligraphes " a codifié les proportions de l'écriture et a défini les six écritures de base (de l'écriture " du copiste " aux écritures plus ornementales). D'autres types sont venus s'ajouter au répertoire classique : le ghubar (écriture miniature), le makus (en miroir)...
Avec Ibn Muqla, la calligraphie devient une science des proportions et un art du geste, une géométrie et un envol. Les calligraphies deviennent des pièces recherchées et couteuses : elles se placent sur un marché et atteignent des prix étonnants (ce qui encourage les faussaires...). Les calligraphes bénéficient du statut social le plus élevé parmi les artistes.
Mais la notion d'art se démarque de la tradition occidentale. En effet, le calligraphe ne produit pas une oeuvre indépendante et autonome, il ajoute la valeur de la beauté à des objets qui pré-existent et qui ont une fonction utilitaire (vaisselle, livres, murs...). Bref, il ornemente un support, il décore la réalité. Il est l'artisan qui pare l'enveloppe des choses.
La calligraphie livre les clefs de l'ornementation arabo-Islamique. Celle-ci s'éloigne de la représentation réaliste de la nature pour affirmer la valeur décorative des lignes et des entrelacs et tendre vers l'abstraction en une sorte de végétation exhubérante et une géométrie imaginaire.



L'arabesque
L'ornement à " la manière arabe " est un rythme ininterrompu, une végétation irréaliste, un mouvement sans fin, une variation inlassable...
Pour les hommes du désert à qui le Coran propose le paradis comme " un jardin sublime dont les fruits à cueillir seront à portée de la main " et que les voies de conquête conduisent vers les jardins de Granade et d'Ispahan, l'arabesque végétale est une promesse d'infini.



L'ornementation géométrique

Elle touche à la pure abstraction. A son propos, certains parlent d'un art de mathématiciens et d'astronomes. Peut-être parce qu'il dérive de l'ajustement et de la superposition de polygones étoilés de 6, 8, 10 ou 12 branches. Il reste que ces figures aux multiples foyers sont une invitation à contempler.



L'architecture

" al-Mutassim fi venir des architectes et leur dit de choisir les emplacements les plus appropriés et ils sélectionnèrent plusieurs sites pour les palais. il donna à chacun de ses cortisans un palais à construire (...). Puis, il fit délimiter des lots de terrain pour les fonctionnaires militaires et civils et pour la population et pour la Grande mosquée. Et il fit aménager les marchés autour de la mosquée, avec de larges rangées, toutes les différentes variétés de marchandises devant être nettement séparées. " C'est ainsi que l'historien Al-Yaqubi (mort en 897) évoque la frénésie architecturale qui saisit le calife abasside lorsque celui-ci transfère sa capitale de Bagdad à Samarra (environ 100 km plus au nord) vers 836.
De la première Bagdad, il ne reste presque plus de traces, tant son prestige avait attiré la convoitise des hordes orientales. Samarra n'a pas connu le même sort et témoigne du rapide dévellopement d'une architecture profane et religieuse. En voici quelques indications : la Grande mosquée (alors la plus grande au monde) semble, de l'extérieure) une forteresse. Une enceinte épaisse de plus de deux mètres délimite un périmètre de 240 m sur 160 m ; le minaret, haut de 50 m s'inspire des ziggourats mésopotamiens (rampes hélicoïdales).
A défaut de les décrire, laissons aux noms des palais le soin de les évoquer : le chateau de l'Amoureux (al Ashiq) se tenait sur la même rive du Tigre que la palais de la Fiancée (Kasr al Arous). Les décorations de Samarra multiplient les niches, le stuc, la fresque et la mosaïque.
Le génie andalou est d'avoir créé un équilibre à partir de la diversité ; les différences ethniques et religieuses ont droit de cité. Le reste n'est que péripétie politique.
La grande mosquée de cordoue est le symbole de cette mise en harmonie : les toits à pignon sont de Syrie ; Byzance fournit les mosaïques ; Tunis les voûtes et l'Iran les arcs ; l'alternance de pierre et de brique provient de Rome...



MATHEMATIQUES ET ASTRONOMIE

" Chiffre " : l'histoire du mot mérite d'être racontée.

En empruntant aux Indiens leur système de numération et d'écriture de position des nombres (qui facilite grandement les opérations arithmétiques) les Arabes désignèrent le 0 : es-sifr, littéralement, le vide. Le mot fut latinisé en cephirum ; en Italie, il devient zefero puis zéro ; en France, il devient chiffre ñ pour désigner l'ensemble des caractères numériques ñ et pour lever l'équivoque on emprunta à l'italien le zéro pour désigner la valeur nulle qui a proprement parler devrait avoir l'exclusivité de s'appeler chiffre.
L'histoire des mathématiques regorge des inventions arabes. Le mot " algorithme " vient du nom du grand mathématicien Al Khwarizmi, qui est le père de l'algèbre et l'auteur du Kitab al Jabr (de jabara, réduire).
C'est aux Arabes encore que l'on doit la désignation des inconnues par la lettre x (Xay en espagnol, déformation de chay : la chose).
Même si elles sont le fait d'érudit, comme le poète O. Khayyam qui fournit la solution des équations du troisième degré, ces recherches mathématiques ont des finalités pratiques et visent à résoudre des problèmes quotidiens (calcul de surface, aménagement urbainÖ).
L'astronomie est, elle aussi, étudiée à des fins pratiques : la prédiction. Sur la base de l'astrologie persane, de nombreux savants établissent le calcul des longitudes, réforment le calendrier et avant Copernic (qui eut connaissance de leurs travaux) critiquent Ptolémée et construisent un modèle planétaire centré autour du Soleil.


LA MEDECINE

Au Moyen âge, les Arabes sont les pionniers de la recherche médicale. Ils ont conservé les savoirs de l'Antiquité et les enseignements d'Hippocrate et de Galien. En particulier, ils reprennent la théorie des quatre humeurs, selon laquelle les maladies résultent d'un déséquilibre entre la bile, le phlegme, le sang et l'atrabile qui gouvernent le corps et la personnalité. Les traitements consistent à rétablir la pondération initiale par la prescription de remèdes et d'une alimentation choisis.
Les docteurs arabes développent ces savoirs en s'appuyant sur une conception logique des affections et une approche méthodique. Ainsi, ils inventorient et décrivent les symptômes, ils améliorent l'art du diagnostic et la pratique clinique et posent les règlements de la profession.
Les apports sont nombreux et favorisés par la construction d'hôpitaux (Bagdad, Le Caire, Damas, SamarkandÖ) contrôlés par un maître, la diffusion des principes d'hygiène (asepsie et isolation des contagieux à une époque où, en Europe, on pensait que la lèpre et la peste se transmettaient par le regard) et encore par une abondante pharmacopée, alimentée par le commerce caravanier ou maritime. Plantes, drogues animales, extraits minéraux entrant dans la composition des emplâtres, onguents, cataplasmes, cachets.
Le Canon d'Avicenne, cette monumentale encyclopédie, présente et classe près de 800 remèdes et le vocabulaire conserve les traces de cette inventivité chimique et pharmacologique, ou des termes arabes passés dans toutes les langues : drogue, alambic, alcool, benjoin, benzène, élixir, soude, talc, ambre, safran, santal, sénéÖ
La grande figure du génie médical est bien entendu Avicenne (Ibn Sinà, 980-1037), qui commença à exercer à l'âge de 16 ans et à qui l'on doit les descriptions de la méningite, de la pleurésie et plus de 100 ouvrages médicaux et philosophiques.
San Canon fut traduit, puis publié en Europe, en 1473, pour la première fois. Au siècle suivant, on comptait 36 éditions.



PHYSIQUE ET CHIMIE


Tant dans le domaine de l'optique que dans celui de la mécanique, les Arabes ne sont seulement les gérants d'un héritage : ils le font fructifier, inventent de nouvelles techniques (utiles à l'agriculture : norias, pressoir à huile et à canne) et d'impressionnants automates. Al Jazari, ainsi, avait construit une monumentale horloge où des cercles en mouvement représentaient le mouvement du zodiaque, du Soleil et de la Lune. Pour sonner les heures, des oiseaux lâchaient des billes sur des cymbales et des figurines jouaient du tambour et d'autres instruments.
Les alchimistes parviennent à créer des corps nouveaux (acides et alcoolsÖ). Ils sont en quête de la pierre philosophale et du secret de la transmutation des métaux en or. Mais certains refusent la magie et ne retiennent que l'expérimentation.



LA PHILOSOPHIE


" Il est impensable que Dieu ait distingué certains hommes pour leur donner la prévalence sur la masse des autresÖ " Al Razi
La passion des livres et la grande vogue de traduction (du grec vers le syriaque, puis l'arabe) ont permis de sauvegarder les úuvres d'Aristote, Platon, PorphyreÖ Les bibliothèques publiques se multiplient (plus de 100 à Bagdad vers 900). Celle du Caire compte 1 600 000 volumes (souvent des chapitres). La passion des idées distingue les hommes de qualité et, dans cette société structurée par l'Islam, se posait la question de la raison et de la foi.
La position la plus radicale est adoptée par Al Razi (mort en 925) qui rejette en bloc les religions révélées et les miracles. Son athéisme préfère une conception progressiste de la connaissance : les savoirs sont provisoires et perfectibles.
Mais pour la plupart des penseurs, l'Islam est à la base de la falsafa (philosophie dans l'Islam). Le principe est que la vérité est une, qu'elle soit révélée ou obtenue par la raison, et peu importe son origine arabe ou étrangère. C'est la thèse d'Al Kindi (mort en 873) que la tradition honore comme " le philosophe des Arabes ", qui finit par donner l'avantage à la connaissance divine et devint mystique. À sa suite, Farabi (mort en 950) consacra ces nombreux commentaires à montrer l'accord de Platon et Aristote avec la pensée Islamique. Sa " cité modèle " reprend et adapte la République platonicienne.
Cependant, la réflexion philosophique abordait des sujets délicats (unité de la création, survie du corps et de l'âme) et, pour la majorité des croyants, les références aux " sciences arabes " demeurent suspectes, proches de l'hérésie et dangereusement innovantes.
L'attaque contre les philosophes va venir d'al-Ghazali (mort en 1111). Il dénonce l'impureté de leurs thèses (négation de la création du monde, de sa fin, de la résurrection des corps). Ghazali souligne l'importance des sciences utiles pour la communauté mais sa distinction entre sciences religieuses et non religieuses (ghayr shar'iyya) repousse la philosophie aux marges les plus éloignées de la religion.
La riposte attendra un siècle et viendra d'Occident avec Ibn Rushd (mort en 1198), qui justifie l'accord de la doctrine coranique et l'effort philosophique et surtout, la possibilité d'un plein exercice de la raison.
Ibn Rushd, latinisé en Averroès est sans doute l'Andalou qui a laissé la plus profonde marque sur la pensée humaine.
Médecin, administrateur, astronome, philosophe encore, sa réputation a été immense dans le monde arabe et dans la chrétienté. L'anecdote en fait le prototype de l'athée. Son oeuvre est plus préoccupée de concilier foi et raison et ses commentaires d'Aristote expriment le besoin d'incrédulité en même temps que la diversité d'expression de la vérité.
Il va influencer profondément la scolastique médiévale. Mais son oeuvre ne pourrait satisfaire les théologiens chrétiens (dont St Thomas) bien peu disposer à concevoir la philosophie comme une discipline indépendante. Les Arabes déjà avaient brûlé ses livres, les chrétiens les imitèrent et la philosophie devint serve.

(source ibstitut du monde arabe)

# Posté le mercredi 08 juin 2005 07:18

Modifié le dimanche 24 juin 2007 05:15

LA CRIMINOLOGIE

LA CRIMINOLOGIE
La criminologie c'est quoi ? c'est simple ou compliqué ? où et comment intervient-elle ? Et les tueurs en série ? et...et... Dis-moi Chameau futé, la criminalité sur internet ? Le Haschich c'est vraiment dangereux ? Le trafic au Maroc tu sais quoi ? tu es chameau futé ou pas ?.... alors dis-moi.


Petite définition
La criminologie est considérée comme la science des causes du crime et du délit. Elle étudie leur accomplissement, leur contexte et leur conséquence, à l'aide de toutes les méthodes des sciences de l'homme: biologie, anthropologie, psychiatrie, psychologie, sociologie, etc.

Cette science, bien qu'elle date du dernier quart du 19ème siècle, reste incertaine quant à la définition exacte, ses ambitions, son domaine et ses méthodes. Déjà la criminologie a deux sens, ce qui rend ambiguë toute ambition de déterminer les causes du crime

Le Criminologue

Le criminologue est un spécialiste de la déviance et des pratiques sociales qui s'y rapportent.

Notre société est confrontée à un sentiment croissant d'insécurité. Aux phénomènes de criminalité proprement dits viennent s'ajouter une perte des points de repères traditionnels, un questionnement sur les valeurs fondamentales.

Une caractéristique importante du criminologue est qu'il cherche sans cesse à réunir la théorie et la pratique de terrain. Il s'efforce à la fois de comprendre les comportements définis comme délinquants et les mécanismes de contrôle et de répression.

C'est par une démarche interdisciplinaire qu'il étudie la délinquance. Pour ce faire, l'analyse des lois (leur création, leur application et leur transgression) est essentielle. Tout comme l'est l'apport des sciences humaines.

On peut dire que la qualité principale du criminologue est de parvenir à articuler les points de vue du juriste, du psychologue, du sociologue pour proposer une politique criminelle plus adéquate. Ainsi, il analysera et coordonnera les actions de prévention, les pratiques législatives, les activités judiciaires, pénales, de politique pénitentiaire, de traitement et de prise en charge des délinquants.

On peut donc considérer que la criminologie se définit par trois disciplines essentielles :

LA PSYCHOLOGIE

qui lui apporte des éléments permettant une analyse des processus psychiques de l'individu délinquant. Il en va de même pour l'association de plusieurs individus. Notons aussi l'étude de la signification du comportement délinquant pour son auteur, mais également pour la victime, la société et les professionnels chargés d'y réagir.

Les processus de développement psychologique d'une personne avec toutes les manifestations pathologiques susceptibles d'apparaître et d'engendrer des comportements délinquants sont étudiés.

Enfin, les actions de prévention, d'aide ou de traitement font largement appel aux contributions de la psychologie.

LE DROIT

Le droit et les pratiques pénales sont bien évidemment des matières juridiques essentielles à la criminologie. Citons le droit pénal général et spécial, la procédure pénale, le droit pénal comparé, le droit international pénal, le droit pénal des affaires, l'aide à la jeunesse.

LA SOCIOLOGIE

Les apports de la sociologie ont tout d'abord consisté en une étude des facteurs sociaux du passage à l'acte criminel. Puis le développement de la criminologie est allée dans le sens de l'étude des situations d'interaction dans lesquelles apparaissaient la délinquance. Aujourd'hui sont particulièrement mis en avant les mécanismes sociaux qui définissent l'infraction et organisent la répression par la justice pénale (création des lois pénales et conditions de leur application).

L'exposé de ces différentes matières nous permet de bien comprendre la place inter-sectorielle qu'occupe la criminologie. Le phénomène criminel ne peut être compris que par une synthèse entre le psychologique, le juridique, le sociologique .

ET LA SUITE ?????........

SA COMPLEXITE

UNE DISCIPLINE
Le phénomène criminel est connu de tous. Les journaux et la télévision attirent quotidiennement notre attention sur des meurtres, des vols avec violence, des affaires de femmes battues ou des trafics de drogues. Mais cette connaissance reste anecdotique. Le criminologue va au-delà du fait divers pour poser la question criminelle en toute rigueur.

Quelle est la véritable nature du crime?
Qui sont les délinquants?
Quelles sont les causes du crime?
Comment le prévenir?
Quelle est l'efficacité des mesures policières, judiciaires et pénales dans la lutte contre le crime?

La criminologie est une discipline qui se définit par son objet: d'abord le crime et ensuite la manière dont on y réagit.

Certains criminologues sont surtout intéressés par le crime lui-même. Les questions qu'ils se posent portent sur les vols et les voleurs, sur les meurtres et les meurtriers, sur les fraudes, sur le vandalisme...
Pourquoi devient-on délinquant? Pourquoi la criminalité augmente-t-elle durant certaines années et pourquoi diminue-elle durant d'autres périodes?

D'autres criminologues font porter leur attention sur la réaction de la société au crime. Ils veulent savoir pourquoi et comment certains actes en viennent à être définis comme crime.

Par exemple, pourquoi le trafic de drogue est-il un crime aujourd'hui alors qu'il n'en était pas un autrefois? Ils s'interrogent aussi sur la manière dont le code criminel est appliqué.
Enfin, ils jettent un regard critique sur le fonctionnement des organisations policières, des tribunaux criminels, des prisons et des autres mesures pénales.


La criminologie est une discipline complexe,

premièrement parce qu'elle est multidisciplinaire et deuxièmement parce qu'elle est à la fois théorique et appliquée.

En tant que discipline théorique, la criminologie va chercher une bonne partie de ses informations, de ses concepts et de ses méthodes dans les sciences humaines, dans le droit, dans l'histoire et dans le philosophie. Elle puise tout particulièrement dans le sociologie, la psychologie et le droit. Ses méthodes de recherche et d'analyse s'apparentent beaucoup à la méthodologie couramment utilisée dans les sciences sociales et en psychologie. Elle est une discipline - carrefour vers laquelle convergent toutes les connaissances sur le phénomène criminel. La criminologie est aussi une discipline appliquée. La formation que le criminologue a reçue lui permet, par exemple, de décider si une libération conditionnelle peut être accordée à tel détenu ou, autre exemple, de proposer un plan d'action pour faire face à une épidémie de vols d'automobiles qui sévit dans tel parc de stationnement.
Pour résoudre de tels problèmes, il faut savoir bien poser un problème criminel; il faut savoir recueillir et traiter l'information nécessaire et il faut avoir réfléchi aux enjeux éthiques et politiques que le criminologue élabore des stratégies de prévention et de gestion du risque qui tiennent compte de la dynamique du crime et de réaction sociale.

CHAMPS D APPLICATION

LA CRIMINOLOGIE CLINIQUE

C'est l'étude du délinquant comme personne dans le but de le comprendre, de prévenir sa récidive et de l'aider. Qui est le délinquant? Comment l'est-il devenu? Que deviendra-t-il? Le diagnostic criminologique a pour but de décrire le contrevenant, d'estimer les risques qu'il ne récidive puis d'élaborer un plan d'intervention approprié. La criminologie clinique étudie aussi l'intervention: le choix d'une mesure qui soit adaptée à un type particulier de délinquant, la mise en oeuvre de cette mesure et l'évaluation de son efficacité


LES PEINES, LES DECISIONS PENALES ET LES MESURES PENALES

Par définition, le crime est un acte punissable. Il importe au criminologue d'étudier les peines infligées aux délinquants.
A côté de l'incarcération et de l'amende, on trouve aussi la surveillance dans la communauté, les travaux bénévoles de nature compensatoires, le placement dans un centre d'accueil et l'obligation de réparer le dommage subi par la victime.

Comment choisit-on une mesure pénale plutôt qu'une autre? A partir de quels critères? En vue de quoi? Les objectifs de la sentence sont variés: intimider la délinquant ou ses semblables, le réhabiliter, l'empêcher de nuire, le faire payer pour son crime, etc. Ces buts sont-ils réalisés? Est-il justifié de punir les délinquants? Ce chapitre de la criminologie souléve de difficiles problèmes théoriques, philosophiques et politiques


LA PREVENTION DU CRIME

Les sociétés ne luttent pas contre le crime seulement par des mesures réactives ou répressives, elles recourent aussi à des mesures "proactives" ou préventives. Les citoyens et les pouvoirs publics interviennent de manière non punitive pour détourner les jeunes gens de la délinquance et pour limiter les occasions de crime. On fait obstacle au développement de tendances délinquantes des individus essentiellement en s'assurant que les enfants et les adolescents qui risquent de verser dans le crime soient mieux encadrés, mieux protégés et mieux éduqués qu'ils ne le sont. C'est ainsi que, dans certaines écoles, les élèves qui ont des difficultés d'apprentissage et de comportement jouissent d'un encadrement intensif aussi bien dans leurs activités académiques que durant leurs loisirs.

La prévention "situationnelle"
procède d'une toute autre logique. Elle repose sur le constat que les décisions délinquantes sont influencées par les circonstances immédiates dans lesquelles elles sont prises. Imaginons, par exemple. qu'un garçon ait envie de voler une automobile pour "faire un tour" avec ses amis. Il passera presque certainement à l'acte sera s'il en vient à passer près d'une voiture sport dans laquelle se trouvent les clefs d'allumage et il n'en fera probablement rien si tous les véhicules qui le tentent sont protégés par de bons anti-vols. Ce type de prévention consiste à susciter des habitudes et à implanter des systèmes de protection qui réussiront à persuader les délinquants potentiels que les délits envisagés sont trop difficiles, trop risqués ou trop peu profitables


LES DEBATS EN CRMINOLOGIE

La criminologie n'est pas un champ où règne le consensus. Certains criminologues s'efforcent de s'en tenir aux faits et ils s'interdisent de porter des jugements de valeur; d'autres affirment qu'il faut s'engager, prendre parti, dénoncer les injustices et les abus. Certains pensent qu'il faut viser avant tout l'efficacité dans la lutte contre le crime; d'autres croient que la justice prime et qu'il faut rendre à chacun ce qui lui est dû, même quand la solution la plus juste n'est pas la plus efficace.

Certains pensent que les contrevenants sont les victimes des circonstances et qu'il faut les traiter avec compassion, humanité et générosité; d'autres jugent qu'il faut faire subir aux criminels le châtiment qu'ils méritent et leur imposer la mesure qui assurera la défense de la société.

Certains pensent qu'un droit pénal démocratique contribue à la justice et à la sécurité du public tout en garantissant les droits et les libertés; d'autres pensent que le système pénal produit plus de souffrance qu'il n'en épargne et qu'il faut trouver une réponse plus civilisée à la question criminelle. Dans la communauté des criminologues, cette diversité d'opinions alimente une controverse qui est à l'image du débat qui renaît sans cesse dans les sociétés démocratiques autour des choix se politiques sociales et pénales.

Bien que la criminologie n'échappe pas à la controverse, elle reste un savoir rigoureux sur le criminel, sur le crime, sur la criminalité, sur les peines, sur la victime, sur la sécurité privée, sur la police et sur la prévention. Ce savoir peut servir à tous ceux qui veulent apporter une contribution


Les secteurs dans lesquels travaillent les criminologues sont étonnamment diversifiés et nombreux: prisons et pénitenciers, libération conditionnelle et probation, centres d'accueil de réadaptation et centres de protection de l'enfance et de la jeunesse, foyers de groupe pour les jeunes toxicomanes et maisons de transition pour les ex-détenus, centres d'aide aux victimes d'actes criminels, ministères, services de police, municipalités... Dans tous ces milieux, les criminologues déploient une activité aux facettes multiples: l'intervention clinique, la gestion de programmes, l'animation, la consultation, l'analyse, la recherche, l'enseignement...


L'INTERVENTION AUPRÈS DES DÉLINQUANTS ADULTES

La détention

Dans les milieux de détention, les criminologues ont la responsabilité d'évaluer les délinquants au début de leur séjour. Ils font un bilan de leur histoire sociale et familiale, ils analysent leurs conduites criminelles (les motifs, les circonstances, la gravité des délits et la nature des récidives). L'évaluation permettra d'orienter les détenus vers des programmes appropriés à leurs besoins sans pour autant menacer la sécurité du public: formation académique, travail, thérapie dans un établissement à sécurité minimale, moyenne ou maximale.

Le travail du criminologue en milieu carcéral comporte aussi le support aux détenus pour les aider à purger leur sentence dans la perspective d'un retour éventuel dans la société. Les criminologues auront également à évaluer la capacité d'un détenu à bien fonctionner lors d'une libération éventuelle.


L'INTERVENTION AUPRÈS DES JEUNES

Les criminologues interviennent aussi auprès des jeunes qui commettent des délits et auprès de ceux que la société doit protéger parce qu'ils sont gravement négligés, ou victimes d'abus ou encore parce que les parents se déclarent impuissants devant leurs troubles de comportement. Ces professionnels sont engagés par les centres de protection de l'enfance et de la jeunesse, par les centres de réadaptation, par les maisons d'hébergement ou par les foyers de groupe.

Dans les centres de protection de l'enfance et de la jeunesse, la plupart des criminologues travaillent auprès des jeunes contrevenants. Outre les délits qu'ils commettent, ces derniers sont souvent en conflit avec les parents; ils ont des difficultés scolaires et il leur arrive de consommer de la drogue. Ces jeunes ont des besoins d'encadrement et de support. Ils auront à se conformer à une ordonnance de probation décidée par le tribunal de la jeunesse, à effectuer des travaux communautaires, à participer à des rencontres de conciliation avec les victimes, à payer une amende ou encore à être placés en famille d'accueil. Les criminologues seront appelés à évaluer les adolescents qui font l'objet d'une de ces mesures et à les orienter vers des services adaptés à leurs besoins

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Le 2 septembre à l'aube, à l'issue de perquisitions et d'une vaste saisie de matériel à caractère pédophile, la police française procède à quatre interpellations, à Lille, Strasbourg et Toulouse. Au même moment, dans quelque onze pays, de la Grande-Bretagne à l'Australie en passant par l'Autriche, des raids similaires brisent le sommeil d'une centaine de personnes, toutes membres d'un club au nom évocateur: Wonderland, ou le Pays des merveilles. Baptisée «Cathédrale», l'opération a été coordonnée depuis des semaines par Interpol, et conduite sous la direction de la National Crime Squad britannique. Ce même 2 septembre, à la mi-journée, la cellule d'investigation d'outre-Manche rend public le plus grand coup de filet international jamais réalisé contre les réseaux pédophiles sur l'Internet, qui aboutit à plus de 120 mises en examen.
«L'Internet est en fait apparu très insidieusement.
On s'est rendu compte que les pédophiles avaient découvert un nouveau média quasi sans limites.»

INTERPOL

Dans les annales de la lutte contre la cybercriminalité, l'opération «Cathédrale» a donc une place de choix mais elle n'est ni la première ni la dernière du genre. Depuis des mois, le plus souvent très discrètement, les polices du monde entier tentent de combattre le développement de la pédophilie sur le Web. Ce phénomène inquiétant a focalisé les discussions de la Conférence internationale sur l'exploitation sexuelle des enfants, qui réunissait, la semaine dernière à Londres, des experts de quinze pays européens et de dix pays d'Asie.

Sans frontières.

«L'Internet est en fait apparu très insidieusement. Il n'y a pas eu d'événement particulier, mais on s'est rendu compte que les pédophiles avaient découvert un nouveau média quasi sans limites», explique Agnès Fournier de Saint Maur, qui dirige le groupe de travail sur la criminalité à l'encontre des mineurs au siège d'Interpol à Lyon. «Pendant longtemps, les pédophiles opéraient dans des cercles assez restreints. Désormais, ils ont la possibilité d'offrir ou d'acquérir du matériel photo ou vidéo dans le monde entier. Et cela, juste en tapotant sur le clavier d'un ordinateur.»

L'enquête qui a permis de «coincer» le club Wonderland a en fait débuté en Californie. L'an dernier, après un long travail, la police américaine a démantelé un réseau pédophile (le club Orchyd) qui, depuis le début des années 90, organisait des spectacles «live» de viols perpétrés contre des enfants, souvent très jeunes, et les filmait sur cassettes vidéo. Dans la liste des clients du club Orchyd, les policiers américains remarquent un nom qui revient très régulièrement: celui d'un Anglais qui réside dans le Sussex. Les enquêteurs américains passent alors un coup de fil à leurs homologues britanniques. C'est là que la National Crime Squad intervient. Elle identifie l'internaute qui a ouvert le site Wonderland à partir de la Grande-Bretagne. Les photos et vidéos retrouvées en Californie, mais d'autres également, figurent sur ce site. Wonderland est réservé à un cercle très particulier: en effet, pour y accéder, il faut être capable d'alimenter le réseau avec un minimum de 1 000 photos à caractère pédophile. Pour la police anglaise, c'est le début de la traque qui va mener aux interpellations en série du début septembre.

«L'une des difficultés est que les pédophiles ont mille moyens de dissimuler leurs actions sur le Net», assure Steve Quick, l'un des officiers de la Paedophile Crime Unit, de Scotland Yard, qui travaille en collaboration avec la National Crime Squad. «S'ils s'y connaissent un peu en informatique, alors il devient d'autant plus compliqué de les filer.»

Les «clients» qui savent précisément ce qu'ils veulent se dirigent vers des sites «offrant» des photos pornographiques d'enfants. Ces sites sont légion, par exemple au Japon qui ne possède aucune législation relative à ce type d'images. Le «client» sélectionne le site, donne le numéro de sa carte de crédit, et, après une demi-douzaine de manipulations, obtient des photos qu'il peut éventuellement utiliser pour alimenter un réseau.

D'autres pédophiles privilégient le passage par les newsgroups (forums de discussions). «C'est de l'échange direct, quasi impossible à intercepter», explique Agnès Fournier de Saint Maur. «En guise de messages, les gens peuvent laisser des fichiers de photos ou renvoyer les demandeurs vers certains sites. Tout se passe en quelques minutes. Souvent, contre paiement négocié, on peut signifier ses orientations sexuelles précises – petits garçons ou petites filles? – et obtenir dans l'instant tout ce que l'on désire.»

Logiciel, mon cher Watson!

La police s'adapte tant bien que mal. En Europe, en Australie, aux Etats-Unis, les agents spécialisés dans la criminalité contre des mineurs ont tous bénéficié de formations à l'Internet. «Il ne s'agit pas d'avoir des équipes d'informaticiens, mais des policiers capables de récolter des informations sur le Web et de mener leurs enquêtes», précise le commissaire principal Marcel Faure, qui supervise un groupe chargé des mineurs victimes, fondé en 1997 à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). S'il n'est pas question de patrouiller sur le Web à longueur de journées, les cyberflics doivent savoir surfer afin de pister photos ou vidéos pédophiles. Et ils tentent de se doter des moyens nécessaires.

A Bruxelles, où les autorités se sont mobilisées après l'affaire Dutroux, la National Computer Crime Unit (NCCU), un département de la police judiciaire, dispose d'un outil top secret: un logiciel, baptisé robot Cops, capable de trouver dans les newsgroups toutes les conversations se rapportant à la pédophilie. «Nous donnons un mot-clé et il suffit de quelques heures pour que le Cops livre les forums au sein desquels ce mot a été prononcé», raconte le commissaire judiciaire Guy Verbeeren, en charge de la NCCU. En Allemagne, un logiciel similaire est en cours d'élaboration: il permettra d'identifier et de localiser les photos à caractère pédophile se trouvant sur le Net, à partir d'une vaste banque de données.

Adresse et indice.

Les cyberflics disposent au moins d'un atout: aucune communication Internet ne se perd dans le cyberespace. «Les gens croient en général qu'ils sont hors d'atteinte dans le trou noir du Web, mais c'est faux», assure le commissaire Marcel Vigouroux, de la brigade centrale de répression de la criminalité informatique, à Nanterre (BCRI). «Une fois que l'on retrouve l'adresse dynamique de quelqu'un, que l'on sait l'heure et la date de connexion, alors on peut l'identifier.»

«La police fait de plus en plus appel à des informaticiens de haut niveau», remarque cet expert britannique qui travaille en collaboration avec Scotland Yard, «tout simplement parce que les autorités ont compris qu'il leur faut impérativement avoir la maîtrise du Web. Pour la première fois, criminels et policiers ont entre les mains exactement le même outil. C'est celui qui sait le mieux s'en servir qui gagne la partie.»

A Interpol, on a compris les règles du jeu depuis longtemps. A ce jour, 162 pays sont connectés à l'énorme messagerie électronique de l'organisation internationale. Tous ont accès à une banque de données sans équivalent, qui permet d'accéder à tous les détails concernant quelque 166 000 criminels de tous types. Par exemple, si l'on entre le nom «Dutroux», on constate que 204 messages ont été échangés par divers pays sur les activités du pédophile belge, avant et après son interpellation. Malgré cette débauche d'efforts, les carences en matière de lutte contre la pédophilie sur le Net sont flagrantes. Les équipes constituées dans la plupart des pays européens comptent généralement moins de dix personnes. «Il y a un manque de moyens évident», reconnaît Agnès Fournier de Saint Maur, «les nations se rendent compte qu'il faut faire quelque chose, mais elles ne déboursent pas les fonds nécessaires.»

Législations discordantes.

Surtout, les pays se heurtent à une difficulté récurrente; si l'Internet a aboli les frontières, les
législations, elles, restent avant tout nationales. Il n'existe aujourd'hui aucune harmonisation concernant la pénalisation ou même les moyens de lutte contre la pédophilie. Par exemple, en Grande-Bretagne, la police peut infiltrer les réseaux, alors qu'en France c'est illégal. L'âge à partir duquel un rapport sexuel est autorisé varie aussi selon les pays. Autre casse-tête: la BCRI de Nanterre, depuis quel-ques mois, a connaissance d'un pédophile français qui possède une adresse e-mail privée sur un site domicilié aux Pays-Bas. Mais la brigade n'est pas en mesure de l'appréhender, car la France ne dispose d'aucun moyen d'action extraterritorial, en l'absence d'une commission rogatoire internationale, très difficile à obtenir.

Règles à inventer.

En matière de lutte contre la cybercriminalité, tout ou presque reste donc à faire.

Selon les experts réunis à Londres, «l'absence d'organisme central de contrôle d'Internet représente un frein considérable à la lutte contre la diffusion du matériel pédophile». Les polices internationales aimeraient que certaines règles techniques soient imposées, comme l'obligation faite aux fournisseurs d'accès de conserver les adresses informatiques. Ce qui permettrait de pister d'éventuels suspects. «Personne ne veut toucher au contenu, mais il faut avoir les moyens d'intervenir quand tout cela est hors la loi», souligne-t-on à Scotland Yard.

Le sujet est suffisamment d'actualité pour que le Conseil de l'Europe, l'Unesco ou Interpol proposent de multiples réunions dans les mois à venir afin d'envisager une meilleure coopération internationale. La création d'une librairie électronique à la disposition des polices, recensant toutes les images pornographiques d'enfants proposées sur Internet, a d'ailleurs été annoncée à Londres la semaine dernière.

En attendant, certains pays font appel à la vigilance du public: ils ont mis en place un site sur lequel chacun peut donner des informations sur des photos pédophiles trouvées lors de virées sur le Web (lire ci-dessous).

Mais, dans l'infinité du cyberespace, les cyberflics ont encore un long chemin à faire afin de fixer les bornes d'un travail qui évolue tous les jours. Récemment, des photos d'enfants maltraités sexuellement sont apparues sur le Net. Les inspecteurs ont tout de suite remarqué que la définition des clichés était bien meilleure que celle des images déjà connues. La raison en est simple: il s'agit de photos reconstituées par montage informatique, et qui n'impliquent donc aucun acte sexuel «réel». Du matériel, en fait, dont personne n'est capable de dire s'il est condamnable, ou non, légal ou pas.


Un site pour alerter la police

Créé en Belgique, il permet à chacun de signaler tout ce qui, sur le Web, évoque une activité pornographique impliquant des enfants.

A la National Computer Crime Unit (NCCU), un département de la police judiciaire à Bruxelles, on est fier d'avoir mis en service, dès décembre 1996, le premier «point de contact» policier contre la pédophilie en Europe. Un site qui permet à chacun de signaler à la police tout ce qui ressemble à une activité pédophile, en livrant par exemple le nom d'un site ou d'un newsgroup sur lequel apparaissent des photos suspectes.

«Nous avons une mesure d'avance sur les autres en la matière», raconte le responsable de l'unité, le commissaire judiciaire Guy Verbeeren, qui souligne l'avantage d'un site officiel sur un site civil: «Le citoyen est sûr qu'on combat la pornographie, alors qu'avec un site civil, il craint parfois que ses informations tombent dans de mauvaises mains.» L'initiative est née dans le sillage de l'affaire Dutroux, tandis que les autorités belges tentaient de retrouver la confiance perdue du public. Une opération que certains considèrent comme de la délation. La police, elle, est satisfaite: entre décembre 1996 et décembre 1997, 2000 messages sont arrivés sur le site, ce qui a permis de lancer six enquêtes et d'aboutir à une dizaine d'arrestations.


Simon Davies: spécialiste anglais de la sécurité des ordinateurs

«Les policiers britanniques en profitent pour tenter d'imposer une censure sur le Net»

Professeur au centre de recherche sur la sécurité des ordinateurs de la London School Economics, Simon Davies estime qu'au nom de la lutte contre la pédophilie un contrôle subreptice de l'Internet s'établit.

Vous affirmez que la police anglaise, en particulier, exploite la lutte contre la pédophilie à d'autres fins.

Combattre les abus sexuels dont sont victimes les enfants est une nécessité, mais la police britannique, profitant de l'indignation et de l'hystérie générale, cherche à censurer l'ensemble de l'Internet. Les hommes politiques du Royaume-Uni, de peur d'être accusés de complicité avec les pédophiles, ont abandonné leurs prérogatives à la police. C'est obscène. La police intimide les fournisseurs d'accès ou les entreprises de communication en leur demandant de lutter contre la pédophilie. Les polices exagèrent l'incidence de ce problème. Ce n'est pas vrai que l'utilisateur ordinaire peut tomber par hasard sur des images ou des vidéos à caractère pornographique. On peut encore trouver quelques sites commerciaux qui montrent plutôt des jeunes adultes qu'ils font passer pour des enfants, mais le vrai problème ce sont les newsgroups. Là, on revient au vieux problème des vieux dégoûtants se passant des photos, cela ne concerne pas vraiment l'Internet. Cela a toujours existé.

Il ne faut donc rien faire?

On peut contrôler l'Internet, je ne suis pas contre une régulation, mais elle doit être ouverte, claire et connue, pas clandestine. Le processus doit être
légal, juste, transparent. Il faut que les législateurs britanniques aient le courage de débattre de la liberté d'expression sur le Net au Parlement et qu'ils adoptent des textes législatifs. Comme il en existe pour les films, les vidéos ou les magazines. Un magazine est interdit, on sait pourquoi, l'éditeur peut faire appel, tout est public. Sur l'Internet, on ne sait pas.

Les contrôles actuels ont-ils déjà donné lieu à des abus?

Bien sûr. Aux Etats-Unis, par exemple, une récente étude de l'Electronic Privacy Center de Washington a montré que les systèmes de contrôle pour les enfants aux Etats-Unis leur interdisaient déjà 90 % du contenu de sites, y compris des informations utiles. Tout marchait par mots-clés comme drogue, race, haine, pornographie, crime, terrorisme, et à la fin, il ne restait plus grand-chose

# Posté le mercredi 08 juin 2005 08:55

CRIMINOLOGIE : Les tueurs en série

CRIMINOLOGIE : Les tueurs en série
SERIAL KILLERS : LES DROGUES DE L HEMOGLOBINE

Exister par la mort de l'autre

Il tue pour le plaisir la première personne qu'il rencontre sur sa route, ouvre le feu dans un Mac Donald,, mitraille les passants au volant de sa voiture... La psychose du tueur fou hante l'Amérique : jamais on en aura vu autant que dans la dernière décennie et ce phénomène pourrait bien gagner l'Europe. Portrait de ces multirécidivistes du meurtre, dont certains affichent plus de 200 victimes à leur tableau de chasse.

La psychose du tueur fou hante l'Amérique : le FBI estime qu'ils sont entre 40 et 200 à s'y promener en toute liberté, tuant chaque année plusieurs milliers de personnes. Selon les mêmes sources Ils étaient six fois moins nombreux il y a 20 ans et quasiment inexistant au 19éme siècle. Largement surévalué par l'imaginaire médiatique, romans de James Ellroy et films cultes comme "Le silence des agneaux", ce phénomène commence cependant à prendre des dimensions alarmantes.

A tel point que dans les grandes villes Américaines les forces de police exhortent les jeunes femmes à la plus extrême prudence.

Parmi ces assassins d'un nouveau genre, apparaissent trois types bien différenciés :

Le Mass Murderer tue plusieurs personnes (au moins quatre)d'affilée dans un même endroit,

le Spree Killer quant à lui commet plusieurs meurtres dans des lieux différents mais dans un laps de temps relativement court.

Le Serial Killer tue pendant des mois voire des années, jusqu'au jour où il est arrêté. Contrairement aux deux premiers types de meurtriers, qui sont pour la plupart des psychotiques, vite mis hors d'état de nuire, le Serial Killer est un psychopathe1,apparemment "sain d'esprit" et très bien organisé. Outre le nombre de meurtre ce qui définit le vrai Serial Killer, c'est qu'il tue pour le plaisir la première personne qu'il rencontre sur sa route. Thierry Paulin, célèbre pour avoir occis en 1986 une dizaine de vieilles dames, n'appartient donc pas à cette catégorie, parce qu'il avait des préoccupations financières. Mais comme le souligne Michel Bénézech, "les limites sont floues : on trouve une part de sadisme chez presque tous les meurtriers. Pour Michel Bénézech, Les dictateurs, guerriers et autres agents secrets sont en fait des Serial Killers qui ont réussi à donner une apparence professionnelle à leur goût du sang.

Si les meurtres d'enfants et les crimes sexuels plongent régulièrement la France en émoi, nos tueurs hexagonaux n'arrivent pas encore à la cheville de leurs homologues Américains, la plupart ne frappent heureusement qu'une fois avant de se faire prendre. Pour Damien Kincher, spécialiste du meurtre au Ministère de la Justice (Français), " il s'agit encore d'un phénomène spécifiquement Américain75% des 200 Serial Killers recensés dans le monde étant originaires de ce pays. "

Mais cela pourrait bien changer avec l'ouverture des frontières en Europe qui risque selon Michel Bénézech2 d'entraîner une grande augmentation du nombre de Serial Killers, qui passeront plus aisément à travers les mailles des différentes polices nationales.

Cette prédominance Américaine s'explique aussi largement par les caractéristiques de ce pays. Les homicides y sont d'une manière générale deux fois plus nombreux qu'en Europe. Ils ont quasiment triplé au cours de ces trente dernières années, et s'accompagnent de plus en plus souvent de violences sexuelles. Selon le Docteur Donald T Lunde de Palo Alto, collaborateur du FBI, une autre cause du développement de ce phénomène serait le puritanisme qui s'exerce actuellement aux Etats Unis. Le Serial Killer est un homme qui étouffe dans ce climat de répression sexuelle et ne trouve pas d'autre moyen d'expression que le viol. Il y aurait même une corrélation très nette entre le conservatisme des Etats et le nombre de crimes sexuels qui y sont commis.


DES INDIVIDUS TRES INTELLIGENTS ET PRESQUE NORMAUX


Les Serial Killers ont un profil très différent de celui des autres criminels : ce sont généralement des hommes proche de la trentaine de race blanche et d'une grande intelligence. Les études du FBI montre même que les plus intelligents d'entre eux sont les auteurs de crimes sexuels. Malgré ses prédispositions notre tueur, en raison de son caractère asocial, connaît de nombreux échecs scolaires puis professionnels.

Pierre Chanal est un individu solitaire mais d'une discipline à toute épreuve et très bien noté par ses supérieurs hiérarchiques . Qui croirait avoir affaire à un pervers meurtrier? Pourtant il semble bien que cet adjudant chef soit à l'origine des disparus de Mourmelon, ces 7 jeunes conscrits dont on n'a plus retrouvé trace. Reconnu coupable de viol et torture sur un jeune auto stoppeur Hongrois, son procès est actuellement en cours. Pour mener leurs forfaits en toute quiétude, les Serial Killers sont de grands manipulateurs et adoptent souvent une image séduisante. Pour Stéphane Bourgoin, "rien dans leur comportement quotidien ne permet de les différencier de vous ou de moi, jusqu'à ce qu'un banal accident déclenche l'explosion de violence". Ils inspirent une telle confiance que leurs futures victimes n'hésitent pas à les suivre, s'apercevant trop tard qu'elles sont tombées dans la gueule du loup. Quand ils sont emprisonnés, ce sont souvent des détenus modèles qui travaillent d'arrache pied à leur future réinsertion et arrivent à bénéficier de remises de peine pour recommencer à tuer de plus belle dès leur libération.

UN INSOUTENABLE DESIR DE VIOLENCE

Pour Michel Bénézech, "la grande majorité des Serial Killers sont des sadiques sexuels qui ont le sentiment d'exister par la mort et la domination de l'autre." Il pense même que tuer provoque en eux une sorte de cataclysme émotionnel et un obscurcissement de la conscience, un phénomène s'apparentant à l'orgasme, familiérement appelé le syndrome de Dracula. Les tueurs en série sont rarement affectés de troubles mentaux ou de pertes épisodiques du contrôle des pulsions agressives appelés Troubles Explosifs Intermittents( d'après le DSMIII, manuel de psychiatrie Américain) .

Lorsqu'ils sont jugés, ils sont d'ailleurs presque toujours déclarés parfaitement responsables de leurs actes et condamnés à de lourdes peines.

Pour assouvir leur besoin de violence, les Serial Killers s'intègrent souvent dans des milieux professionnels favorisant l'accomplissement de leur vocation. Près de la moitié d'entre eux ont embrassé une carrière militaire. Un dixième des Serial Killers sont issus de professions paramédicales, comme ce cher docteur Petiot qui exerca dans les années 40 ou ces infirmières de la mort qui distribuent alègrement pentothal et valium aux malades tardant un peu trop à passer l'arme à gauche. Michel Bénézech n'y va pas par quatre chemin pour expliquer ce phénomène : " Une personnalité sadique trouvent dans ces professions un indéniable exutoire à leur désir de profanation du corps de l'autre tout en donnant des apparences altruistes à ses coupables penchants. "

Les pulsions sadiques s'accompagnent souvent d'un masochisme tout aussi effréné. L'enquête du FBI nous apprend qu'un tiers d'entre eux se sont automutilés. Albert Fish, le recordman des Serial Killers avait ainsi ingurgité une trentaine d'aiguilles de fer qui provoquèrent un court circuit de la chaise électrique lorsqu'on voulut l'exécuter. Véritables drogués de l'hémoglobine, n'ayant plus aucun contrôle sur leurs pulsions, certains Serial Killers sont même soulagés d'être arrêtés dans leur course vers la mort.

Claude BALIER, responsable du service psychiatrique de la maison d'arrêt de Varces (Isére)spécialisé pour les détenus violents, est formel pour dire que" le sadisme va souvent de pair avec un comportement très ritualisé", une hypothèse qu'il voit confirmée par le fait que beaucoup des Serial Killers mutilent leurs victimes, conservent puis dégustent certains morceaux choisis. Ceux-ci affichent également une nette préférence pour les armes blanches qui leur permettent un contact plus rapproché avec la victime. H. H. Holmes, Serial Killer de la fin du 19éme siècle, s'était même fait construire un château truffé de pièges pour pouvoir jouir en toute aisance de la souffrance de ses victimes.

UN COMPORTEMENT QUI PREND SA SOURCE DANS L ENFANCE


Votre enfant non content de faire pipi au lit, aime torturer les animaux et jouer avec le feu ? Il y a toutes les chances selon les psychiatres Américains pour qu'il soit un sadique en puissance. On savait depuis longtemps que le milieu familial jouait un grand rôle dans le développement d'un individu les parents maltraitants ayant pour beaucoup été victimes d'abus pendant leur enfance. Claude Balier nous apprend que c'est ce même milieu familial qui favorise le développement de tendances sadiques.

La plupart des serial killers interrogés par le FBI ont connu dans leur enfance de profondes carences affectives qui les ont conduits à s'isoler totalement de la société et à se plonger dans une intense vie fantasmatique. Plus de la moitié d'entre eux proviennent d'une famille monoparentale et ont été victimes d'abus sexuels pendant leur enfance. Pour fuir ce contexte défavorable, selon le professeur Stanton E. Samenow psychaitre dans un hopital pénitentiarie de Washington, les Serial Killers sont "depuis leur âge le plus tendre à la recherche d'activités qui les électrisent., se trouvant très vite pris dans une escalade progressive de leurs forfaits." Pour Michel Bénézech se fait fort de déduire le milieu familial dans lequel a grandi un meurtrier d'après son comportement : s'il a eu une mère malade mentale, il aura toutes les chances de devenir un tueur psychotique. S'il n'a pas connu son père, il aura plutôt tendance à se transformer en psychopathe.

Stéphane Bourgoin explique cette envie de domination par un profond sentiment d'impuissance dont ils veulent se venger sur des victimes expiatoires : la moitié d'entre eux avouent ne pas avoir connu de vie sexuelle "normale" avant leur passage à l'acte et ils ne peuvent souvent faire l'amour qu'avec des partenaires réduits à l'impuissance, évanouis ou morts.

Leur obsession morbide résulte souvent d'un traumatisme ou d'une grande déception survenue dans la prime enfance ou dans l'adolescence. Ted Bundy, exécuté en 89 et soupçonné d'avoir tué une cinquantaine de jeunes femmes, entreprit sa sanglante croisière à la suite d'une déception amoureuse. Certains ont cependant des motivations plus prosaïques; Stéphane Bourgoin dans son livre sur les tueurs en série rapporte ainsi le cas du Mad Bomber qui terrorisa New York entre 1940 et 1956 en déposant une trentaine de bombes, voulait se venger du licenciement abusif dont il avait été victime.

MEGALOMANIE ET DESIR MYSTIQUE

Stéphane Bourgoin insiste sur le fait que les Serial Killers ont besoin de voir leur puissance reconnue.

D'autres Serial Killers se sentent investi de la mission de purifier le monde de tous les individus qu'ils considèrent comme dégénérés; aussi n'est-ce pas un hasard s'ils s'attaquent en priorité aux symboles de la décadence des moeurs : prostituées et homosexuels... Ils veulent se venger de la société qui a détruit leur innocence enfantine. On a même vu fleurir aux Etats Unis quelques sectes de Serial Killers pratiquant des cultes sataniques et ayant une idéologie plus ou moins néo nazie. Celle de Charles Manson fit grand bruit à la fin des années 60 en assassinant Sharon Tate. Au début de la décennie suivante une société secrète de militants noirs assassina une soixantaine de personnes de races blanche à San Francisco. Mais une question se pose alors : S'agit-il encore de Serial Killers ou de terroristes?


La société Américaine faite de bruit, de violence télévisée sur fond de sexe et de racisme apparaît comme un terreau favorable à de telles conduites. Ce n'est pas la première fois qu'on aura vu les héros du petit écran et autres Starky et Hutch faire des émules chez des individus à la recherche d'émotions fortes!!


LES METHODES DU FBI


Les Serial Killers représentent une menace d'autant plus sérieuse qu'ils sont très difficiles à appréhender : ils n'ont la plupart du temps aucune relation connue avec leurs victimes et qu' ils sont très mobiles, voyageant d' Etat en Etat. Et lorsqu'on les arrête pour un meurtre, il est très difficile d'apporter la preuve de leurs autres forfaits. Certains Serial Killers sont restés en liberté pendant des années, aucun lien n'ayant pu être établi entre leurs différents crimes.

Dès qu'ils sont libérés, la plupart des Serial Killers recommencent aussitôt à tuer. Ce qui fait penser à la plupart des psychiatres qu'ils sont insoignables et ne perdront jamais leur goût pour la chair fraîche.

Pour mieux traquer les Serial Killers le FBI a créé en 1985 le National Center for the Analysis of Violent Crimes(NCAVC) qui est un des plus bels exemples de police scientifique. Il dispose de deux outils permettant d'identifier les Serial Killers, le Violent Criminal Apprehension Program (VICAP) et les portraits robots psychologiques.

Le VICAP est un programme d'ordinateur destiné à collecter des données sur les crimes violents. Chaque enquêteur local remplit un questionnaire qu'il envoie ensuite au National Center, celui-ci est alors rentré dans la base de données et comparé à l'ensemble des autres crimes non élucidés afin de retrouver les crimes ayant les mêmes caractéristiques. Des réunions sont alors organisées entre les forces de police des Etats dans lesquels ils ont été commis.

Le FBI recourt également à son "Behavioral Science Unit" , formée de psychiatres et de spécialiste en criminologie, pour dresser le portrait psychologique des meurtriers non-indentifiés. Cette unité procède par ailleurs à l'interrogation systématique de tous les meurtriers arrêtés afin d'en déduire des lois psychologiques : Lorsque la victime est rendue méconnaissable, cela permet de présumer d'une connaissance préalable entre celle-ci et son assassin. Trop de propreté indique que son auteur est sorti d'un hôpital psychiatrique depuis moins de six mois.

Plus de mille meurtres lui sont soumis chaque année et dans 77% des cas le portrait s'est révélé exact. Depuis quelques années des programmes équivalents existent en Angleterre ou au Canada, pays où les collaboration entre policiers et psychiatres sont beaucoup plus anciennes qu'en France

# Posté le mercredi 08 juin 2005 08:57

CRIMINOLOGIE : le haschich lol

CRIMINOLOGIE : le haschich lol
En Belgique, un projet de loi est deposé par la majorite gouvernementale afin de legaliser la detention, l'usage et la consommation du canabis et de ses dérivés
cette page est un aperçu clinique et criminalistique du canabis, destinee à des adultes majeurs et responsables. Elle n'est en aucun cas une apologie du produit et une incitation à la consommation


Dérivé du Cannabis

PRODUIT : Cannabis

CLASSIFICATION : Perturbateur

Botanique

Les botanistes classent de façons différentes le chanvre (cannabis) en fonction de leur lieu de culture, de leur teneur en delta 9 et en tenant compte de particularités variées. Cette diversité de classification a permis a certains prévenus de trafic, d'être relaxés grâce à une habile défense.

Il existe deux types de chanvre:

LE CHANVRE DE TYPE FIBRE :

(appelé chanvre commun car il est une plante originaire d'Asie, annuelle et herbacée) dont la culture permet d'obtenir la matière première pour faire des cordages.

Cette plante est cultivée en France depuis des siècles et le demeure sous le contrôle du ministère de l'agriculture.

LE CHANVRE TYPE DROGUE :

cultivé pour ses propriétés enivrantes de ses sommités fleuries; cette culture est illicite.

Les variétés dans chaque type sont nombreuses mais des études ont démontré que 71,9 % des échantillons de 114 d'entre elles étaient productrices de drogue.

Ainsi, en dehors de l'utilisation scientifique peu développée en France, l'emploi du cannabis autre que le type fibre, relève exclusivement du trafic illicite des stupéfiants.

Cependant, la détermination du produit s'impose pour s'assurer que sa détention soit répréhensible.

La teneur en THC (tétrahydrocannabinol) des différentes variétés d'herbe de cannabis peut varier de 9 % aux USA à 4 % dans des pays comme l'Afrique, l'Extrême Orient ou l'Amérique centrale. De récentes saisies d'herbe venant de la Colombie font état d'une teneur de 8 % en THC. Elle a été surnommée la "gold".


Pays producteurs :

De nombreux pays produisent le cannabis. Parmi les principaux, l'Amérique du sud et centrale, le Liban, La Colombie, les USA (Californie), l'Afrique etc....

Description :

Le pied de cannabis est assez fin, les fleurs et les feuilles apparaissent au sommet de la plante grêle. La tige droite de 1,50 mètre environ de haut est creuse et cannelée. Sa feuille est très caractéristique, elle est palmitiséquée et formée de 3 à 11 segments inégaux situés à l'extrémité d'un long pétiole.

Le cannabis est classé de la façon suivante :

Embranchement : Phanérogames

Sous-embranchement : Angiospermes

Classe : Dicotylédones

Ordre : Urticales-Urticacés ou urticinés

Famille : Cannabinacées

Genre : cannabis

Espèce : Sativa L.

Variétés : Très nombreuses : indica, ruderalis, etc.

Dans la description de la plante de cannabis, une différence existait autrefois entre la MONOïQUE (se dit d'une plante qui porte à la fois des fleurs mâles et femelles sur le même pied) et DIOïQUE (se dit des plantes ayant des fleurs mâles et femelles sur des pieds différents) en raison de leur différence en teneur de tétrahydrocannabinol (THC). Bien que la plante mâle soit moins active, la convention unique sur les stupéfiants a tenu à la faire rentrer dans la définition afin de faciliter la tâche des agents chargés de la répression.

Culture :

La culture du cannabis demande un climat chaud et humide. Les semailles ont lieu en avril ou mai et la récolte en septembre. La croissance de la plante est lente jusqu'à 12 cm environ puis elle accélère et le cannabis peut atteindre 2 mètres en 3 mois.

Historique, usage

Le cannabis est connu des peuples du Nord Est asiatique depuis plus de 4000 ans . On a retrouvé des poteries sur lesquelles étaient peints des pieds de cannabis dans le Honan et datant de 4200 ans (voir page 27 de Pharmacodépendance) HERODOTE (484 :425 av. JC) mentionne son utilisation par les Scythes 5 siècles avant notre ère.

Cette plante est prescrite comme sédatif des douleurs rhumatismales et de la goutte dans la pharmacopée de l'empereur chinois Shen Nung vers 2737 avant notre ère. C'est également un peu avant notre ère que les pouvoirs enivrants et hallucinogènes de cette herbe sacrée en Inde sont utilisés par les religieux désireux d'atteindre l'union avec les divinités au cours de rites et de cérémonies. Plus prés de nous, la secte des Haschischins de HASSAN IBN SABBAH secte chiite, demeure célèbre en 1090 à travers les écrits de MARCO POLO ; elle utilisait la terreur comme arme politique ; ce "vieil homme de la montagne" faisait exécuter ses victimes par l'intermédiaire de tueurs fanatisés qui, psychologiquement préparés à des visions orgiaques, étaient drogués au haschisch avant d'accomplir leur forfait. Il s'empara ainsi de la forteresse d'ALAMUT, près de QAZWIN, en PERSE . De là il dirigea de très nombreuses razzias jusqu'en 1124, année de sa mort .

Transformation chimique

Le cannabis ne subit aucune transformation chimique.

Présentation :

Le cannabis est commercialisé sous forme d'herbe, de résine ou d'huile.


HERBE : Utilisation importante à l'époque des beatnik mais pratiquement remplacée par la résine.
RESINE : En France, on trouve principalement les produits suivants :
MAROCAIN (kaki verdâtre) de 8 à 12 % de THC
LIBANAIS (brun terre) de 11 à 20 % de THC
AFGHAN (noir) de 25 à 30 % de THC
HUILE : Pâte liquide vert foncé voire noire obtenue en mélangeant résine avec solvant ou alcool et qui peut contenir de 60 à 80 % de THC.

C'est sous forme de résine que le cannabis est le plus consommé en Europe.

Prix : (approximatifs) en francs français.

Feuilles (herbe) = 0,1 à 4 % THC = 10 à 20 F le gr

Résine (chit) = 8 à 30 % THC = 20 à 40 F le gr

Huile = 60 à 80 % THC = 100 F le gramme.

Dérivés : Aucun dérivé connu.

Coupages (pureté)

Le cannabis est fréquemment coupé à l'aide de henné ou de pollen. Il peut l'être éventuellement avec d'autres produits, comme des médicaments (1 cas dans l'est de la France).

Le Cannabis destiné à l'exportation dans certains pays producteurs est mélangé avec de la terre ou des excréments de chameau.

DU MELANGE A LA CONFECTION DES BARRETTES

Le haschich est pratiquement toujours mélangé avec du pollen local ou du henné par les vendeurs (dealers). En effet, ceux-ci transforment les "savonnettes" ou "camemberts" en plaquettes de 100 grammes environ, prêtes à être découpées pour en faire des barrettes par les rabatteurs.



Modes d'usage

Le chit se fume pratiquement toujours. Rarement et plus souvent pour "essayer", il s'ingère.

LES CIGARETTES : Le joint.

Se faire un joint, c'est se faire une cigarette avec du tabac et du chit. Deux feuilles à cigarettes sont collées en longueur et une troisième en largeur pour recevoir le "filtre" qui sera constitué d'un morceau de carton roulé. Le chit est chauffé à la flamme puis effrité pour être mélangé à du tabac. Le tout est roulé dans les feuilles dont le bout est tortillé pour empêcher une perte du mélange. Avec une barrette, on peut faire 3 à 5 joints.

LES PIPES :

Il existe une très grande variété de pipes traditionnelles et à eau. Pour ce qui concerne les pipes à eau, (narghilé) elles sont faciles à trouver dans le commerce. La méthode la plus artisanale employée consiste à remplir une bouteille en plastique d'eau minérale jusqu'à moitié, de percer un tour au dessus du niveau de l'eau pour introduire un porte cigarette dont une extrémité trempe dans l'eau tandis que l'autre, à l'extérieur, comporte le joint. Il suffit ensuite d'aspirer par le goulot de la bouteille. A l'issue de la consommation tout se jette à la poubelle pour éliminer toute trace compromettante en cas de perquisition.

LE SHU-BANG :

Artisanalement confectionné avec un tube en carton troué à une extrémité où un foyer est réalisé avec du papier aluminium. Il permet une utilisation peu coûteuse, dont offre la possibilité de faire disparaître le matériel utilisé pour éliminer toute trace de compromission. L'intérêt du shu-bang est de pouvoir régler la quantité de fumée à inhaler d'un coup pour augmenter la pénétration dans les poumons et ainsi, varier les effets du cannabis. Les tubes en carton peuvent être de grosseurs différentes, comme le foyer qui est confectionné par rapport à ce que recherche l'usager.

LES PIPES : (traditionnelles ou sypsies)

N'importe quelle pipe ou sypsie peut être utilisé.

La recherche d'un modèle spécifique ou artisanal permet simplement de se particulariser au cours des consommations collectives

A noter que des toxicomanes novices utilisent des sypsies gadget (copies) en alliage léger, voire en aluminium, que l'on trouve dans toutes les boutiques orientales, bazars, soho etc... Le danger que présentent ces modèles lorsqu'on les utilise pour fumer, est que des particules de métal ou d'alliage cancérigènes sont inhalées.

LE SHILUM :

C'est une pipe traditionnelle orientale utilisée pour fumer le cannabis.

L'INGESTION :

Le cannabis est rarement ingéré. La plupart du temps, certains toxicomanes procèdent de cette manière par "découverte" ou par goût. Les méthodes sont également nombreuses et variées (gâteaux, crêpes, ragoût etc...) Parmi les plus courantes, on trouve le yaourt qui est mélangé avec de l'huile de cannabis ou avec de la résine préalablement chauffée dans une cuillère remplie d'huile, et l'infusion faite avec de l'eau, ou parfois même du café.


Une méthode mixte consiste à fumer un joint à travers une pomme qui aura été percée de nombreux petits trous et de la manger ensuite. Les effets sont doubles : la fumée inhalée à le goût de la pomme et cette dernière, ingérée, à le goût du cannabis.

Effets (montée, descente, durée, tolérance, dépendance, surdose)

Chez un sujet à personnalité structurée, les effets d'un usage A FAIBLES DOSES restent circonscrits et les risques sont peu marqués tant sur le plan physique que psychique . Il n'en va pas de même chez certains sujets à personnalité fragile ou immature : on peut voir survenir des accidents psychiatriques parfois suffisamment graves pour imposer une hospitalisation. Le danger vient de ce que le THC tend à s'accumuler dans le cerveau, les glandes sexuelles et les autres tissus du corps Troubles de la vigilance (accidents du travail, de la route etc...). Levée des inhibitions ( frontière de la morale ) passage à l'interdit suivant la personnalité du sujet ( simple rigolade ou viol , panique meurtrière ...)

EFFETS D'APRES DES TOXICOMANES :

De nombreux facteurs interviennent dans les effets que produit le cannabis. Les toxicomanes les ressentent en 2 grandes périodes : la montée et la descente.(synthèses de nombreux toxicos)

LA MONTEE :

C'est une sensation qui se produit dès que l'on commence à fumer. C'est une première phase qui se caractérise par une certaine bien-être. C'est le moment ou l'on se sent le mieux, ou l'esprit est libre, mais la concentration est très difficile. En ce qui concerne le physique, les yeux sont injectés de sang et les paupières deviennent lourdes. Selon les individus, les uns peuvent ressentir une très grande soif ou une très grande faim. D'autres ont de véritables envies de femmes enceintes.

Mais c'est surtout dans cette période que l'on est le plus enclin à l'euphorie, voire à l'hilarité. Cet état d'euphorie se remarque surtout lorsque l'on fume depuis peu de temps. Il peut arriver que dans la montée de véritables crises de fou rire se déclenchent et ceci pour n'importe quel motif.

Lors des premières prises de chit, le novice est littéralement "défoncé", "dans le jazz".

LES EFFETS DEFINIS PAR DES MEDECINS SPECIALISES :

Le cannabis entraîne une modification des perceptions avec immersion dans l'expérience immédiate, allongement du temps vécu, embellissement des sensations auditives, et à forte dose transformation des perceptions visuelles et corporelles.

La plupart du temps, ces changements esthétiques sont assortis d'un état d'euphorie suivi d'une sédation qui débouche sur un sommeil de bonne qualité. Selon les sujets, il favorise la relation aux autres ou majore une attitude d'introversion.

Véritable anxiolytique, il induit néanmoins chez certains, de par le sentiment d'étrangeté de l'expérience, des états d'angoisse transitoires avec somatisations cardio-vasculaires possibles.

Sa toxicité organique, dans l'état actuel de la science est considérée comme bénigne. Au niveau psychologique, il ne peut être considéré comme induisant, en soi, l'escalade aux autres drogues.

Son emploi permet à certains sujets, par la sédation de l'angoisse et la facilitation de la relation aux autres, un étayage transitoire de leur personnalité. Chez d'autres, par contre, son usage exacerbe le repli et la mise à distance de la réalité, enrayant la possibilité d'une évolution positive.

Mentionnons que des recherches sont pratiquées, pour synthétiser, à partir du tétrahydrocannabinol (molécule active du cannabis) des médicaments à visée hypnotique et cardio-vasculaire.

Les effets néfastes du cannabis apparaissent après de longues années de consommation. Le THC atteint particulièrement les tissus conjonctifs, les poumons, les organes sexuels et les neurones. (ADN, OVULES ET SPERMATOZOIDES).

Dépendance :

Dépendance psychologique semble reconnue.

Dépendance physique contestée.

Les effets produits par le cannabis sont directement liés à la personnalité du sujet, au contexte de la prise, à la quantité absorbée et à la qualité du produit.

Tolérance :

Sujet controversé - Tolérance possible si consommation massive de cannabis - pas prouvé semble-t'il - à vérifier.

Détection :

Dans l'urine jusqu'à un mois après usage (réf. Professeur BOURDON).

Dans le sang - Les viscères de cadavre.

Huile de Cannabis : 60 % environ de THC.

L'huile de cannabis s'obtient par pressage des sommités florifères de la plante de cannabis lors des récoltes.

Une deuxième méthode consiste à mélanger la résine de cannabis avec de l'alcool à 90 degrés

# Posté le mercredi 08 juin 2005 09:08

CRIMINOLOGIE : maroc et trafic du haschich vu par d'autres pays....

CRIMINOLOGIE : maroc et trafic du haschich vu par d'autres pays....
ce qui suit résulte de rapports d'organisations internationales et ne reflete pas nécéssairement mon opinion

En 1996, la «guerre à la drogue» lancée quatre ans auparavant par le roi Hassan II a pris la forme très médiatique d'une vaste campagne d'«assainissement». Alors que le pouvoir s'était jusqu'à présent efforcé de nier ou de minimiser l'importance prise par la production et le trafic de haschisch dans le pays, le feuilleton des saisies, arrestations et procès a fait l'essentiel de l'actualité nationale au long de l'hiver et du printemps. De plus, profitant de nouvelles dispositions constitutionnelles, l'opposition obtenait que la première Commission parlementaire d'enquête de l'histoire du pays, constituée en février 1996, soit consacrée au sujet. Cependant, au delà du discours et des actions spectaculaires, le gouvernement n'a toujours pas apporté à ses partenaires étrangers, notamment européens, la preuve d'une volonté réelle d'abandonner la politique de laisser-faire qui était jusqu'ici de mise.


Favorisée par les conditions climatiques, la production de cannabis a, pour la deuxième année consécutive en 1996, atteint des niveaux records. Le Maroc confirme ainsi sa place de premier fournisseur de haschisch pour le marché européen et donc, probablement, de premier exportateur mondial de cette drogue. Les réseaux démantelés, les plus visibles et les plus anciens, sont d'ores-et-déjà relayés par des filières «industrielles», plus professionnelles et capables d'exporter la résine de cannabis par lots de plusieurs dizaines de tonnes. Ces organisations disposent de solides relais en Europe, comme l'ont notamment démontré deux importants cas de blanchiment rendus publics par la justice belge. Après quatre ans de «guerre», le paysage des drogues au Maroc n'a donc pas subi de bouleversement en profondeur, mais plutôt un «toilettage».


UNE PRODUCTION RECORD

En janvier 1997, soit onze mois après sa création, la Commission parlementaire d'enquête sur la drogue estimait dans son rapport final que les cultures de cannabis couvrent au Maroc une superficie de 70 000 hectares, ayant produit, en 1995, 1 500 t de haschisch. Lorsqu'il avait lancé sa guerre à la drogue, à l'automne 1992, le roi Hassan II avait reconnu que les cultures illicites s'étendaient sur 50 000 ha (l'évaluation généralement admise jusque là variait entre 30 000 ha et 35 000 ha), sans avancer de chiffre de production. Mais dès 1993, l'OGD se fondait sur une longue enquête de terrain pour établir une fourchette de 65 000 ha à 74 000 ha, représentant un potentiel annuel de production de haschisch compris entre 1 500 t et 2 000 t.

Abderrahim Benmoussa, ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des organisations internationales, soutenait encore en avril 1996, devant la Commission des stupéfiants des Nations unies à Vienne, que «les superficies dévolues à la culture de cannabis dans son pays sont officiellement de 50 000 ha», pour une production de résine de «450 t dans le scénario le plus catastrophique». Ce calcul permettait au diplomate d'affirmer que, compte tenu des saisies de haschisch marocain enregistrées chaque année dans le monde (autour de 200 t depuis le début des années 1990), le royaume chérifien ne pouvait mathématiquement satisfaire 70 % de la consommation européenne de résine de cannabis (statistique de l'Organisation mondiale des douanes) et pouvait encore moins prétendre au titre de premier exportateur mondial de cette drogue.


Bien que par ailleurs d'une grande prudence, le rapport parlementaire rend donc caduque la position du gouvernement. Une position d'autant plus difficile à tenir que le Département d'Etat américain estime, dans son rapport de mars 1997, que les abondantes pluies hivernales qui se sont abattues sur le Rif pour la deuxième année consécutive ont entraîné, en 1996, une augmentation de 10 % des cultures illicites, qui atteindraient entre 80 000 ha et 85 000 ha. Enfin, il faut noter que pour la première fois en 1996, de hauts responsables de l'administration marocaine ont publiquement admis ce que l'OGD affirme depuis quatre ans : la zone traditionnelle de culture du Rif central s'étend un peu plus chaque année vers l'ouest et le sud, dans les provinces de Chefchaouen, Larache et Taounate. Cette extension constante des plantations de cannabis a sans doute permis, en 1996, de récolter suffisamment de matière végétale (ou kif) pour en extraire, après séchage et stockage, au moins 1 900 t de résine qui seront prêtes pour la commercialisation à partir de la mi-1997.

LE "CARTEL DE TANGER " DANS LE COLIMATEUR

Le coup d'envoi de la «campagne d'assainissement» qui, depuis janvier 1996, est menée par l'Unité de coordination de la lutte antidrogue (UCLAD), sous l'autorité du ministère de l'Intérieur, a été donné le 19 décembre 1995 par l'arrestation, à Tétouan, d'Abdelaziz El Yakhloufi. Possédant la double nationalité marocaine et espagnole, El Yakhloufi était l'un des barons les plus connus du nord du pays, à la tête d'une filière intégrant le transport de la drogue depuis les zones de production du Rif central, le stockage dans sa réserve de chasse de la région de Tétouan, l'envoi en Espagne par voie maritime, jusqu'à la réception par des grossistes d'Amsterdam (dont les dénommés Merouane et Ali Ouled Laaskar). Outre de multiples comptes bancaires au Maroc, à Gibraltar, en Espagne et au Canada, plusieurs sociétés et de nombreux biens immobiliers dans ces mêmes pays, l'homme était également propriétaire d'un yacht et d'un parc automobile de quinze véhicules.

Jugé dès le printemps à Salé, ville-jumelle de la capitale Rabat, il écopera de 10 ans d'emprisonnement. L'accusé et l'un de ses principaux complices, Alfonso Conessa Ros, Espagnol résidant à Tanger, feront état pendant les audiences de relations personnelles avec Fidel Castro (de fait, El Yakhloufi avait établi des liens commerciaux avec Cuba) et chercheront à se disculper en se présentant comme des collaborateurs réguliers de la justice espagnole et du gouvernement marocain.

Pendant les six premiers mois de l'année 1996, d'autres arrestations à la chaîne déboucheront sur une série de maxi-procès, menés avec une diligence peu habituelle de la part de la justice marocaine. A Tétouan, Rachid Temsamani échappe à la police. Mais Mohamed Derkaoui, Salama de son vrai nom, comparaît avec une quarantaine de co-accusés, sur les 161 cités au dossier. Il écope de dix ans d'emprisonnement – la peine minimale requise – et voit tous ses biens confisqués. Propriétaire d'une demi-douzaine de palais à Tanger, de chalutiers et d'un chalet côtier avec plusieurs garages à bateaux à Dalia, au nord de Tanger, il avait mis son village natal à son service.

Mohamed Hattachi, l'un de ses principaux partenaires, tombera lui aussi, de même que Mohamed Mahjour, dit Allouch, soupçonné de fournir en hachich des familles de la mafia sicilienne. A Al Hoceima, ce sont les frères Arbiti qui font les frais de la campagne.

A Tanger, les cibles ont nom Baghdad Belmokaddem, Mohamed Boulaich (dit Mazozi) et surtout, Ahmed Bounekkoub, alias H'midou Dib («Le Loup»). Dix ans d'emprisonnement pour cet ancien marin pêcheur qui aurait expédié en Europe plus de 600 t de haschisch depuis la fin des années 1960. Propriétaire de son propre port (à Sidi Kankouch, au nord de Tanger), il s'était fait une spécialité du transport de la drogue vers les côtes espagnoles sur des embarcations rapides.

La plupart des réseaux du nord (notamment ceux de Derkaoui, Hattachi, Allouch ou des frères Arbiti, avec qui il était associé dans des opérations immobilières à Tanger) auraient eu recours à ses services. A Casablanca, Mohamed Belmokhtar, surnommé Bouyandouzen («Le Génie», en langue berbère) est surpris en train d'expédier dans des cartons de chaussures 3 t de résine de cannabis, le reliquat d'un lot de 7 t. Spécialisée dans le transport et le stockage en gros de drogues comme de produits de contrebande, son organisation est aussi impliquée dans la saisie de 13 t de haschisch en 1995. Une trentaine de ses membres comparaîtront avec leur chef.

Les réseaux identifiés et démantelés étaient les plus voyants, basés au nord du pays, dirigés par des contrebandiers d'origine modeste qui devaient beaucoup de leur pouvoir aux protections multiples dont ils avaient bénéficié – localement d'abord, puis parfois jusqu'aux plus hauts échelons du pouvoir central – dans les sphères politique, économique et administrative. Ces soutiens avaient permis à quelques-uns de ces barons d'encaisser sans trop de dommages une première campagne antidrogues en 1992-93.

Mohamed «Bouyandouzen» Belmokhtar, par exemple, déjà condamné à dix ans de prison pour trafic en 1991, avait bénéficié d'une providentielle mesure d'amnistie en 1994. Ce traitement de faveur était peut-être dû aux services rendus à son parti, le mouvement national populaire (MNP – majorité).

Abdelaziz El Yakhloufi avait, lui aussi, déjà été jugé à Tétouan, en 1993, dans le cadre d'une procédure exceptionnelle : le procureur général avait pris l'initiative de le poursuivre au motif que son nom était trop régulièrement évoqué depuis une dizaine d'années dans les procès de petits trafiquants. Au terme des deux mois d'audiences, qui avaient surtout vu défiler des témoins de la probité de l'accusé, le ministère public reconsidérait radicalement sa position pour requérir l'acquittement. En février 1996, le ministère de la Justice a d'ailleurs estimé nécessaire de dépêcher à Tétouan une commission chargée d'examiner ces jugements.

Faut-il s'étonner qu'aucun des procès de 1996 ne se soit appesanti sur les relations que les trafiquants entretenaient avec la bonne société ?

Ainsi, l'arrestation de Salah Ahmout n'aura guère nui à la carrière de son gendre, puissant industriel, député de l'Union socialiste des forces populaires (USFP – opposition) et président de la Chambre de commerce de Tanger.

De même, l'arrestation spectaculaire en mars 1996 d'Abderrahmane Arbaïn au cours des cérémonies officielles de la fête du Trône a rapidement été présentée comme un simple malentendu. Ce membre d'une influente famille d'hommes d'affaires et de politiciens, président du Rassemblement national des indépendants (RNI – majorité) de la commune tangéroise de Béni-Makada, joue décidément de malchance puisqu'il avait été interdit d'élections locales par le ministère de l'Intérieur à l'automne 1992 en raison de ses liens présumés avec le trafic et qu'à la même époque, il avait fait l'objet, comme d'autres notables de la ville, d'une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs. Il avait ensuite été mis hors de cause.

Seule l'affaire Ahmed «Dib» Bounekkoub a pu un temps laisser croire à un grand déballage. Lors des premières audiences, l'accusé avait livré une impressionnante liste de complices : deux proches collaborateurs d'un ancien gouverneur de Tanger, trois anciens chefs de la police urbaine, de la police judiciaire et de la Sûreté nationale de la ville, trois colonels de gendarmerie et un colonel des Forces auxiliaires (police militaire affectée à la surveillance des côtes). Affabulation ou avertissement à destination des autorités de tutelle de ces fonctionnaires ? La suite des débats n'a pas apporté de réponse : c'est finalement en se bornant à nier toutes les accusations et en prétendant avoir totalement abandonné le trafic de drogues depuis 1975 que celui qui était présenté comme «le parrain de tous les trafiquants marocains» a été lourdement condamné par la Cour d'appel de Tanger, après de longues délibérations et reports d'audiences.

SYNDROME COLOMBIEN ?

Les vacances estivales 1996 auront sonné le glas de la campagne gouvernementale. Dès l'automne, les procès bouclés, le thème de la drogue disparaît quasiment de la une des journaux. Pour la commission parlementaire d'enquête sur la drogue, l'explication est simple : «Il a suffi de quatre mois pour écrouer et mettre hors d'état de nuire l'ensemble des barons de la drogue.»

Malheureusement, les saisies effectuées en Europe (104 t de janvier 1996 à mars 1997 pour la seule Espagne) et au Maroc même démentent chaque semaine ce discours angélique. Non seulement tous les gros réseaux de trafiquants n'ont pas été démantelés, mais certaines affaires révélées l'année dernière mettent en évidence la sophistication croissante d'organisations qui procèdent à des envois de plus en plus massifs de drogue, recourant à des moyens quasi industriels.

Le dossier Echeeri en est l'illustration la plus spectaculaire. Il remonte à janvier 1995, avec l'arraisonnement, au large des côtes espagnoles du cargo Volga. A son bord, un chargement phénoménal : 36 t de haschisch. Connu des Espagnols sous le nom de MS Paloma, le bâtiment avait échappé à la vigilance des douaniers qui l'avaient placé sous surveillance, le temps d'être rebaptisé et de charger sa cargaison au large du petit port d'Asilah, au sud de Tanger. Selon les sources de l'OGD, cette opération de transbordement était au moins la quatrième en un an, les précédentes portant sur des quantités équivalentes. L'interrogatoire de l'équipage, composé en majorité de marins russes et ukrainiens, permet l'identification du commanditaire du trafic, Abdesselam Echeeri, un Tangérois de 40 ans propriétaire de nombreux immeubles, terrains, restaurants et clubs de la région. Des relevés téléphoniques faisant état d'appels entre le Volga et l'un de ces clubs, le Miami, aident à l'identifier.

Interpellé au Maroc, Echeeri bénéficie d'une mise en liberté provisoire, sans doute achetée au prix fort à un magistrat. Après quoi, le dossier est confié à la Brigade nationale de la Police judiciaire, qui reçoit directement ses ordres du palais royal. Echeeri est condamné par défaut à dix ans de prison par un tribunal de Rabat et un mandat d'arrêt international est émis contre lui par le Maroc.

En fait, usant de sa qualité d'homme d'affaires prospère, le trafiquant avait obtenu l'autorisation de résider en Belgique et s'était installé à Bruxelles avec une partie de sa famille. Il sera identifié par la police belge, appréhendé en mai 1996 et immédiatement placé sous écrou extraditionnel à la demande des Marocains. L'enquête révèlera que, sous couvert de la société immobilière Immo Mabel, Echeeri avait installé en Belgique un «terminal de blanchiment». La société était destinée à intégrer l'argent blanchi dans l'économie belge. Le haschisch alimentait les marchés belge, néerlandais, britannique, français et danois. Les produits de la vente (notamment dans les coffee-shops néerlandais) revenaient en Belgique, parfois après avoir transité par des comptes bancaires domiciliés aux Pays-Bas et à Gibraltar.

Immo Mabel investissait alors les fonds dans le commerce du poisson, l'achat d'immeubles et de terrains de l'agglomération bruxelloise et un important parc automobile.

Toujours en Belgique, une autre affaire est venue confirmer à quel point les agents économiques marocains, confrontés à un manque structurel de liquidités, savaient se montrer accueillants pour l'argent de la drogue. Au mois de juillet, la banque privée Chaabi était mise à l'amende pour avoir volontairement fractionné les sommes d'argent déposées aux guichets de son agence anversoise, évitant ainsi d'avoir à prévenir la Cellule de traitement des informations financières, chargée de détecter les opérations de blanchiment en Belgique.

Plusieurs centaines de millions de francs belges, provenant de la vente de haschisch aux Pays-Bas, ont été ainsi déposés à la banque, qui ventilait ces sommes sur de multiples comptes – souvent à l'insu de leurs titulaires – pour ne pas franchir le seuil des 10 000 ECU, au-delà duquel les dépôts en liquide doivent être signalés.

Autant de dossiers qui metttent à mal la traditionnelle version marocaine d'un trafic de haschisch qui associerait, d'un côté du détroit de Gibraltar, de pauvres paysans marocains sous-payés et, de l'autre, des organisations de trafiquants, exclusivement étrangères et qui seraient les seuls bénéficiaires.

C'est aussi un exemple sans précédent de coopération judiciaire entre le Maroc et la Belgique. Aurait-elle été aussi pleine et efficace si Echeeri n'avait pas été identifié par la police belge en pleine vague de procès des barons ? L'avenir permettra d'en juger.

Mais il ne fait aucun doute que d'autres réseaux marocains disposent d'un savoir-faire «industriel» comparable à celui d'Echeeri. Agissant sous le couvert de grandes entreprises (agro-alimentaires, de pêche hauturière, de transport, d'import-export, etc.), leurs organisateurs comme leurs structures sont basés à Casablanca, Rabat, Agadir ou dans d'autres centres industriels du Sud, loin de la zone habituelle de production. Et les autorités de Rabat n'ont pas, jusqu'ici, fait la preuve de leur capacité, ou même de leur volonté, de s'attaquer à ces groupes parfaitement intégrés à la vie économique du pays.

On peut même se demander si le pouvoir n'a pas fait le choix délibéré de livrer en pâture à l'opinion nationale et internationale les anciens bergers analphabètes devenus barons du kif, pour mieux éviter de s'en prendre aux industriels du haschisch. De sacrifier le «cartel de Tanger» au profit d'un «cartel de Casablanca», plus présentable, rééditant la stratégie du gouvernement colombien – et de son allié américain – qui laissa longtemps prospérer les narcos de Cali tout en se montrant impitoyable envers ceux de Medellín.

LES ENJEUX DE L ASSAINISSEMENT

La campagne d'assainissement n'a pas seulement pris pour cible les trafiquants de drogues. Les autres cibles désignées étaient la corruption et la contrebande des biens de consommation.

Le chiffre d'affaires de la contrebande aurait atteint, en 1994-95, trois milliards de dollars, soit l'équivalent de la production industrielle ou le tiers du PIB. Il s'agit d'abord du flux de marchandises qui, depuis les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, inonde tout le nord du pays, et jusqu'aux marchés de Fès, Rabat ou Casablanca.

Mais aussi, et surtout, d'une «contrebande scientifique» dont les opérateurs, commerçants et entrepreneurs, souvent liés à la bourgeoisie d'affaires de Casablanca, bénéficient d'importantes complicités au sein de l'appareil d'Etat.

Il ne fait guère de doute que ces mêmes «gros bonnets» jouent un rôle moteur dans le développement du trafic de haschisch par fret maritime. Contre la première contrebande, celle des fourmis, une série d'opérations «coup de poing», de contrôles et barrages routiers émailleront les premiers mois de l'année 1996.

L'action contre la deuxième se limitera au maxi-procès de Casablanca, où 21 cadres de l'administration des douanes et impôts indirects comparaissaient pour contrebande et corruption. En vedettes, Ali Ammor, directeur général des douanes au début de l'enquête ; son prédécesseur, Hammad Jaï Hokaïmi qui, à la veille de son départ, en 1994, avait ordonné la suppression du service des Manifestes de son administration après avoir fait procéder à la destruction de 20 t d'archives dudit service ; Ahmed Hamza, le sous-directeur représentant les douanes au sein de la Commission nationale de lutte contre la contrebande mise en place en 1995, ou encore deux anciens dirigeants du port de Casablanca et un ancien député, membre fondateur du RNI.


A l'heure des bilans, on pourrait à nouveau se poser la question de la portée réelle de l'action des autorités. Mais il semble ici plus utile de se demander pourquoi l'assainissement est apparu au gouvernement marocain comme une nécessité politique. Il lui fallait, d'abord, corriger son image à l'extérieur. Le gouvernement de Rabat a, ainsi, été particulièrement indisposé, en novembre 1995, par une série d'articles dans la presse étrangère dénonçant la place du Maroc dans le trafic international de stupéfiants. Une mise en cause particulièrement mal venue, au moment où s'achevaient les délicates négociations de l'accord de libre échange (ALE) avec l'Union européenne signé le 11 novembre 1995.

Il s'agissait, surtout, de répondre à deux types de critiques :

- l'Union européenne et certains pays membres (Espagne en tête) dénonçaient le laxisme marocain en matière de drogues et d'émigration clandestine.

Depuis quatre ans, Bruxelles tire argument du manque de preuves de bonne volonté des autorités chérifiennes pour geler tout investissement dans le plan marocain d'éradication des cultures de cannabis et de développement des provinces du Nord (la participation demandée s'élève à 2 milliards de dollars sur 5 ans).

L'«assainissement», de même que le (laborieux) lancement de l'Agence de développement des provinces du nord (ADPN), chargée de mettre en ½uvre le plan de développement, avaient pour but de lever ces réticences ;


- la Banque mondiale et le FMI, après avoir longtemps considéré le Maroc comme un bon élève (l'ajustement structurel s'est théoriquement achevé en 1992), s'inquiètent de l'absence de politique économique, de la santé précaire des finances publiques et de la part croissante des secteurs informels et illicites dans la vie du pays. Ce alors que l'intégration croissante du Maroc aux échanges avec l'Union européenne et donc son acceptation des règles du jeu libéral, supposeraient la mise en ½uvre de réformes profondes

. La mise en scène des campagnes d'assainissement est un moyen de gagner du temps.
Il est trop tôt pour déterminer si les actions menées ont porté leurs fruits à l'extérieur. Mais Rabat peut d'ores-et-déjà compter sur le soutien de la France et de l'Espagne. En mai 1996, Paris confirmait l'annulation de 1 milliard de francs de dettes marocaines, à convertir en investissements dans le développement du Nord du royaume, alors que la Caisse française de développement débloquait un crédit de 800 millions de francs pour le financement de projets dans la même région jusqu'en 1998. En décembre, c'était au tour de Madrid de convertir 40 % des dettes (soit 520 millions de dollars), toujours pour le financement de projets dans le Nord.
Mais l'enjeu de la «campagne» est aussi – et peut-être surtout – interne.

Sous un régime autocratique où le jeu politique est totalement bloqué, vidé de contenu, les seuls enjeux de pouvoir résident dans les domaines économique et financier. Jusqu'à présent, la monarchie avait pu se contenter de laisser se développer, en s'efforçant de les contrôler, des activités illicites qui permettaient de désamorcer les tensions liées à la crise économique et sociale, notamment dans un Nord délibérément livré à lui-même par l'administration. Mais, depuis une décennie, le trafic de haschisch est devenu la première source de devises du pays et la contrebande représente au moins le tiers du PIB.

Pour reprendre l'expression de Béatrice Hibou, chercheur au Centre d'études et de recherches internationales (CERI – Fondation nationale des sciences politiques), loin de n'être que le «lot de consolation des petits», trafic de drogues et contrebande sont devenus «le nouvel Eldorado économique de puissants et riches personnages».

La campagne d'assainissement permet au pouvoir central une démonstration de force dans le champ de l'informel, comme à l'époque où le sultan lançait ses troupes pour razzier les régions dissidentes, quand celles-ci refusaient de faire allégeance en négociant l'impôt annuel. «On peut, analyse le CERI, lire la réaction actuelle du pouvoir marocain à la fois comme la prise de conscience de l'autonomisation croissante de la société et comme une tentative de reprise en main». Il s'agit «d'éviter l'épanouissement des potentiels de dissidence et de tenter de redessiner de nouvelles formes d'allégeance».
Profitant de l'occasion, l'omnipotent Driss Basri, ministre de l'Intérieur grand ordonnateur de l'assainissement, aura porté quelques coups politiques.

La campagne, qui touche une poignée de députés de tous bords, lui permet de substituer ses réseaux d'influence à ceux d'anciens protégés du palais. Elle vise aussi à contrer la menace que constitue la montée en puissance de l'islamisme.

C'est en 1993 que les services marocains ont commencé à s'inquiéter sérieusement de l'influence croissante sur la population des intégristes musulmans. Ceux-ci, dans un contexte de crise sociale, ont beau jeu d'exploiter – notamment dans des cassettes de propagande – le thème de l'Etat notoirement corrompu pour séduire la clientèle des partis de gauche (syndiqués, étudiants), mais aussi pour infiltrer l'armée et les services de sécurité.

Pour contrer cette offensive, le gouvernement avait déjà choisi de surmédiatisatiser un procès, celui du commissaire Tabet. Chef des Renseignements généraux de Casablanca, il avait usé de son pouvoir pour violer des centaines de femmes et de jeunes filles.

Alors qu'il était condamné à mort, en mars 1993, et rapidement exécuté, une vague d'épuration plus discrète frappait des dizaines d'officiers de la même police politique, renvoyés ou poursuivis devant des tribunaux spéciaux aussi bien pour corruption que pour sympathies envers les islamistes.

Il n'est guère étonnant que, prononçant son traditionnel Discours du Trône, le 3 mars 1996, Hassan II, le Commandeur des Croyants, ait tenu à prendre des accents de prédicateur pour expliquer ses objectifs : «Revoir la situation du foyer marocain (...) un foyer qui ne verse pas dans l'immoralité, qui vit dans la pureté et le respect des valeurs morales, qui agit dans une totale transparence et qui refuse que les contrebandiers s'y agitent ou que les pervers et autres destructeurs en paralysent l'économie». La campagne d'assainissement aura aussi montré à quel point, dans un contexte de crise économique et sociale, la marge de man½uvre des autorités est étroite.

En incitant (ne serait-ce que temporairement) contrebandiers et trafiquants à faire profil bas, elle a plongé le Nord dans une grave crise immobilière (la construction était la forme privilégiée de blanchiment), commerciale et financière (la région draine 30 % des dépôts bancaires nationaux).


Pour les acteurs plus modestes, les conditions de vie ont même pu devenir précaires : la reprise massive de l'émigration clandestine à travers le détroit de Gibraltar en témoigne. Les violentes émeutes dans le quartier-bidonville de Béni Makada, à Tanger, en juin 1996, sont sans doute également à mettre sur le compte des difficultés éprouvées par le prolétariat des trafiquants (dealers, petits passeurs).

Enfin, les acheteurs de haschisch ont tiré prétexte de la répression pour obtenir une baisse des prix du kif. La perte de revenus qui en a découlé pour les paysans risque d'être compensée par une nouvelle augmentation des surfaces cultivées.

Il faut enfin noter que la nouvelle liberté avec laquelle est abordée la question des drogues dans le débat public reste strictement limitée au cannabis et à des dérivés. Le transit de drogues dures (notamment de cocaïne) à destination du marché européen, évoqué depuis le début des années 1990, notamment par l'OIPC-Interpol, n'est toujours pas reconnu officiellement. Et aucune annonce officielle de saisie n'est venue le confirmer.

Pourtant, l'opération de police menée à Tanger contre le réseau de H'midou Dib avait permis, lors de la perquisition menée dans l'un de ses immeubles, de découvrir des paquets de poudre blanche (un stock de plusieurs kilos de cocaïne, selon les sources de l'OGD). Les témoignages et informations parues dans les jours qui ont suivi n'ont jamais reçu de démenti.

Un fait, en revanche, ne souffre aucune contestation : la consommation d'héroïne (fumée dans 90 % des cas) et de cocaïne continue de se répandre dans les villes du nord, principalement Tanger et Tétouan

# Posté le mercredi 08 juin 2005 09:12

Jeunesse ou le paradis perdu

Jeunesse ou le paradis perdu
La jeunesse marocaine se cherche, divisée par ses contradictions. Tiraillée par une modernité virtuelle et une réalité conservatrice, elle persiste à bricoler son identité. Qui sont-ils, que veulent-ils ?

Que signifie, dans le contexte actuel, être jeune, au Maroc ? Le jeune est-il celui qui n'est ni enfant ni adulte, mais qui possède une certaine maturité ? La jeunesse constitue-t-elle, pour l'être humain, la période où il se forme, où il vit projeté vers l'avenir et/ou prend conscience de ses potentialités, où il bâtit ses projets pour l'âge adulte ? La jeunesse représente-t-elle la couche de la population qui aspire à une plus grande liberté et est à la pointe de l'évolution grâce à son dynamisme, son impatience et sa combativité ? Selon le dictionnaire Larousse, elle se définit aussi comme : « la période des grands défis, des grandes exaltations et surtout de l'affirmation de soi. Elle est caractérisée par un élan de liberté, des prises de risques, de l'idéalisme et l'envie de changer le Monde à sa manière ». Aujourd'hui, au Maroc, on peut être jeune à 35 ans puisque célibataire vivant toujours au domicile familial. Le zoufri d'antan est devenu le jeune d'aujourd'hui. C'est le mariage qui définirait le passage à l'âge adulte. Un rite initiatique qui consacrerait la responsabilité. Autant de définitions ou tentatives d'ébauches qui traduisent notre trouble à définir cette frange de la population qui, selon le discours officiel, représente les trois quarts de la population. C'est pour cette raison que nous nous sommes appuyés essentiellement, pour étayer nos propos, sur les rares études sociologiques qui ont permis de décrypter cette jeunesse marocaine.

Tiraillés


L'étude faite par le sociologue Mohamed Khalil dans le grand Casablanca en septembre 2000 (1), juste après la mort du défunt roi Hassan II, et certains résultats de son enquête réalisée en 2004 (2), nous ont permis d'évaluer une certaine mutation comportementale de la jeunesse marocaine. Les nouveaux espaces de sociabilisation comme Internet ont connu un essor considérable, ce qui a radicalement renforcé la virtualité et dématérialisé le lien social. Le nouveau derb marocain, c'est sur Internet que vous le trouverez. Les « tribus » organisées sur la toile accueillent chaque jour de nouvelles envies et de nouveaux signes distinctifs de l'appartenance à la planète. Les internautes ont-ils une conscience politique qui leur permet de maintenir le lien avec l'Etat et ses Institutions ? « Non », répond, sans équivoque, le politologue Mohamed Layadi. « Les identités politiques du passé ont cédé la place à des formules comme : ils sont tous pareils et il n'y a rien à attendre d'eux. Les modèles, lorsqu'ils existent, sont plutôt puisés dans le monde du spectacle, de la religion, de la science ou de l'histoire ». C'est aussi ce que démontre imparablement l'étude de Mohamed Khalil : les 2000 jeunes sondés à Casablanca ont identifié plus de 900 « modèles ». Dans cette liste, hormis la famille royale, très peu d'hommes politiques nationaux sont inclus. Les valeurs religieuses et mystiques traduisent aussi la profonde schizophrénie d'une jeunesse qui croit, toujours selon cette étude, pour 80%, au jnouns et à la magie, pour 85%, au mauvais ½il et à l'envie ( l'hsad)... mais qui ne croit ni aux chouaffates ni aux pouvoirs des foqhas. Une jeunesse dont un représentant sur cinq a déjà consommé de la drogue, tout en considérant sa consommation comme le plus grand des interdits.

Tiraillée, c'est le mot pour décrire cette jeunesse qui perd progressivement ses repères. Le premier d'entre eux, le derb, et son corollaire le terrain vague, est en voie de disparition. Cet espace de mixité et de contrôle social permettait la formation « morale » de la jeunesse. Quant à l'école publique, autrefois espace de mixité sociale, elle n'accueille plus les enfants de nantis. L'ascension sociale est limitée, seuls les plus brillants ont des chances raisonnables de s'en sortir. Il est ainsi curieux de constater que dans notre pays, la télévision est devenue le catalyseur d'une autre forme d'élévation dans la société. Si la télé-réalité est abordée de façon ludique à l'étranger, chez nous, elle est considérée aussi sérieusement qu'un concours pour accéder à la fonction publique. Les jeunes l'appréhendent comme une chance réelle pour s'en sortir. Les longues files d'attente de jeunes, souvent accompagnés de leurs parents, pour s'inscrire au concours d'Al qadam addahabi, en témoignent. C'est dans la marge qu'elle se sent bien à Derb Ghallef ou dans les forums sulfureux de la toile virtuelle.
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# Posté le mercredi 29 juin 2005 04:31

Quand le virtuel remplace le derb

Quand le virtuel remplace le derb
Pour la jeunesse marocaine, Internet est une véritable aubaine. En l'absence d'autres espaces d'épanouissement.

Les cybercafés ont définitivement enterré l'ère des matchs de football et des virées entre potes. A travers cet outil, les jeunes cherchent avant tout à se divertir en investissant les salons de discussion. Objectif : se faire des amis ou des amants via le Net. « Les jeunes Marocains découvrent chaque jour dans Internet de nouvelles formes de distraction qui leur font oublier leurs hobbies traditionnels : sport, cinéma, sorties avec les amis... Ils retrouvent tout cela sur le Net et leurs rencontres se font maintenant dans le virtuel », explique ce sociologue.

Le virtuel prend le dessus sur la réalité. Il sert de refuge à un avenir perçu comme sombre et sans issue. Dès la sortie des écoles, des lycées ou des universités, les jeunes investissent les « chatrooms », et se connectent pour le reste de la soirée. Les ordinateurs sont équipés de caméras. Et rares sont ceux qui ne viennent que pour une innocente recherche...
Selon plusieurs responsables de cyber, les sites les plus fréquentés par les jeunes sont MSN et « Yahoo Messenger » parce qu'il est possible d'utiliser la caméra et de se voir en direct.


Cybersexe et téléphone rose

Une gamme de sites sert aussi de support pour un type bien particulier de rencontres. Amour.fr, Tchache.com, Meetic, Love-you2.com, Netclub, Parship, Ulla.com ou Match.com sont des sites spécialisés dans les rencontres amoureuses. Internet a définitivement changé les habitudes de la jeunesse urbaine marocaine. Le Net, mais aussi la télévision numérique, leur font découvrir d'autres manières d'être, de se comporter, d'autres modèles.

« Il n'y a pas d'espaces d'expression, pas d'infrastructures culturelles et sportives. Entre le café du quartier et Internet, le choix est vite fait. C'est le seul moyen qui m'est accessible pour égayer mon quotidien. Il me permet aussi de voyager sans avoir besoin de visas », raconte, non sans ironie, ce jeune de « Al Alia » dans la ville de Mohammedia. Avant d'ajouter que « compte tenu de mon budget quotidien, je ne peux passer qu'une heure au cyber. Le reste de mon temps, je le passe avec les potes du quartier à "tuer" le temps ».

Ailleurs, dans les cybers à proximité des universités, Internet devient une mine d'informations pour les étudiants. « Dans mon cyber, les sites scientifiques sur la médecine, l'architecture et autres disciplines scientifiques sont les plus visités. Viennent après Menara et les journaux en ligne. Les messageries sont également très prisées », explique Ali Benchekri, directeur de Solinux et propriétaire d'un cybercafé à Rabat. Les étudiants ont d'autres raisons de surfer. « J'ai pu remarquer qu'un nombre important de jeunes se ruent vers Internet au lieu, comme avant, de se regrouper en bande dans le quartier. Aujourd'hui, ils ont un espace qui peut les rassembler pour d'autres hobbies. C'est vrai qu'au début, beaucoup y vont pour le chat, mais peu à peu, ils découvrent le monde de l'Internet et ses multiples potentiels », explique Jamila Hassoune qui a réalisé une enquête en 2003 dans les cybercafés du quartier universitaire de Marrakech.

# Posté le mercredi 29 juin 2005 04:35

l'article ki va créer la polémik et me valoir les foudres de touts les intolerant amis d'oussama lol

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RELIGIONS : Islam et homosexualité


D'abord, avant de parler d'homosexualité, il faut savoir que la vie d'un musulman, croyant et pratiquant, est régie par une minutieuse législation "la Chariâ".

Ce sont des lois basées sur l'interprétation à la fois de la parole du Dieu, inscrite dans le Coran (livre sacré et divin des musulmans) et de la coutume de son Prophète Mohamed (la Sunna), dont la source principale est les "dits" (Hadith) du Prophète et ses gestes.

On distingue, toutefois, les "Sunnites" qui sont les partisans de la "Sunna" à l'opposé des "Chiites" qui vénèrent plutôt son gendre "Ali". La question sexuelle n'échappe pas à l'interprétation par ces textes.
Pour aborder la position que prennent les législateurs islamiques

(Oulama= savants=théoligiciens de l'Islam)

vis à vis de l'homosexualité, il est nécessaire de clarifier le regard qu'ils portent sur la sexualité "normale" (hétérosexuelle). Avant tout il faut savoir que toute relation sexuelle doit se faire dans le cadre du lien sacré et divin du mariage. Tout autre acte hors ce cadre est condamnable.

"La fornication" est un péché capital qui peut aller jusqu'à la lapidation des fautifs et fautives. Par contre peu des religions valorisent autant la volupté charnelle que l'Islam. Le plaisir sexuel considéré chez les chrétiens comme un péché originel, devient pour l'islam un don qu'il convient d'accepter, d'en jouir et de s'y avouer corps et âme. (Les exemples ne manquent pas, entre autres, la polygamie, avec des restrictions toutefois, et le mariage de jouissance...)

En même temps cet acte est considéré comme un acte religieux, car dans l'islam l'accouplement ne vise pas seulement la procréation mais il manifeste aussi l'harmonie de l'ordre divin, dont la distinction entre masculin et le féminin et leur complémentarité constituent la base élémentaire. "De toute chose on a fait un couple. Puissiez-vous vous en souvenir" (Extrait du Coran, Sourat 51,Adh-Dhâriyât, verset 49)

Ainsi la chasteté et le célibat sont diabolisés: "Le célibataire est le frère du diable" (Le Prophète Mohamed) Car cela équivaut à s'abstenir de témoigner de sa chair de cette harmonie de la création.

A cet égard l'homosexualité, mais surtout plus précisément "l'efféminat" de certains homosexuels, comme la virilité de la garçonne, sont considérés comme une transgression des frontières entre homme et femme et donc une violation de cette harmonie.

Le Coran aborde l'homosexualité entre autres en condamnant le peuple de Loth (ou loût, peuple de Sodome et Gomorrhe) dans leurs pratiques sexuelles, mais toutefois plus modérément que dans la version biblique.

Ainsi dans la Sourat An-Naml (Les fourmis) versets (54-57) Loût, quand il dit à son peuple: « Vous livrez- vous à la turpitude alors que vous voyez clair". [54] Vous allez aux hommes au lieu de femmes pour assouvir vos désirs? Vous êtes plutôt un peuple ignorant. » [55]

Puis son peuple n'eut que cette réponse:

« Expulsez de votre cité la famille de Loût! Car ce sont des gens qui affectent la pureté. [56] Nous le sauvâmes ainsi que sa famille, sauf sa femme pour qui Nous avions déterminé qu'elle serait du nombre des exterminés. »[57]

Ces versets furent révélés au Prophète Mohamed par fragments séparés.

Le terme "Tajhaloun" signifie "ignorer" ce qui atténue, d'après certains auteurs, quelques part, "la flétrissure morale dont sont victimes les homosexuels" et laisse entr'apercevoir que le châtiment qui leur est infligé est dû principalement au fait qu'il ont démenti "un messager de Dieu".

L'exemple" du peuple de Loth est mentionné àce titre dans plusieurs versets du Coran. Ainsi dans la Sourat(7)d'Al-Arâf (80-82) il figure entre les "exemples" du peuple du "Prophète Salah" et du peuple Madyan et leur "leur frère Chouayb", deux peuples qui ont transgressé les recommandations de leurs Messagers.

Et Loût, quand il dit à son peuple:

« Vous livrez vous à cette turpitude que nul, parmi les mondes, n' a commise avant vous? [80] Certes, vous assouvissez vos désirs charnels avec les hommes au lieu des femmes! Vous êtes bien un peuple outrancier. » [81]

Et pour toute réponse, son peuple ne fit que dire: « Expulsez- les de votre cité. Ce sont des gens qui veulent se garder purs! » [82] Musrif" en arabe signifie "impie et outrancier" alors que la règle en islam, en général, est la modération.

D'autre part, Le Coran promet aux croyants qu'au paradis ils seront servis par des éphèbes (se dit du très beau jeune homme, à l'origine l'adolescent grec qui faisait son service sportif et civil avant d'entrer dans l'âge adulte "éphébie").
Les poêtes et les sultans ne cessaient d'invoquer ces promesses pour justifier les relations illicites qu'ils entretenaient . Mais pour la plus part des "Oulamas" il n'y a pas à chercher une interprétation plus profonde que celle mentionnée :

« L'homosexualité est la turpitude des turpitudes »,

la condamnation est donc claire et nette.

Pour la Sunna, la condamnation de la pédérastie est catégorique:

« Lorsque vous trouvez deux hommes accomplissant le péché de Loth, mettez-les à mort, le passif comme l'actif » (le Prophète Mohamed).
...Ce "hadith" ne laisse aucun autre recours aux Sunnites que le rejet des pratiques homosexuelles.
Néanmoins, une telle condamnation aussi lourde que la "fornication" entre deux adultes (homme+femme) adultères ne se prend pas à la légère. Une telle accusation de "fornication" requière le témoignage de quatre musulmans, mâles, majeurs dont l'honorabilité testimoniale est reconnue. Et qui devront attester d'avoir vu l'action de pénétration du membre sexuel du "fornicateur".
Tout est fait donc pour décourager le témoignage et surtout la calomnie. Ce qui laisse présager que certaines pratiques (Soft) échappent à cette règle extrême.

D'autre part, pour certaines branches de l'islam, c'est l'émission du sperme qui détermine l'acte sexuel plus que la pénétration elle-même car c'est le sperme qui contient les germes de vie et c'est lui qui assure la continuité de cette harmonie de Création.
Toute entreprise de cette source de vie, dans un engendrement hors du cadre du lien sacré du mariage, est sévèrement condamnée. Etant donné que l'acte homosexuel n'est pas susceptible d'engendrer la vie, plusieurs personnes se sont accommodés en quelques sorte de l'homosexualité.
D'ailleurs les pratiques homosexuelles sont moins mal vue que l'adultère chez certaines de ces sociétés.

Au lecteur de ces lignes, il apparaîtrait que ces textes traitent de l'acte sexuel dans tous ces détails mais laissent des marges d'interprétation et d'accommodation plus ou moins larges.


L'homosexualité représente 10% de la population mondiale pour ceux qui ne se cachent plus, Et on peut compter 15 et 17% au total. Certaines coutumes ou religions ou même lois, dans certains pays dont le notre obligent au silence et au secret, mais ne le renions pas ils existent par la nature même si la " normalité " créée par l'Homme les rejette : s'ils sont là , c'est qu'Allah l'a permis. Et si Allah a permis qu'ils soient sur la terre auprès de nous tous, je ne pense pas que ce soit pour qu'on ait de la haine pour eux. Allah a voulu que les êtres soient différents, certainement pour nous apprendre à aimer plus que nous-mêmes.


Musulman, croyant... les mots ne doivent pas séparer les êtres humains.
Sans approfondir les arguments Freudiens, en se penchant sur les sociétés musulmanes on constate que les mâles vivent dans un système dont ils sont les piliers. L'homosexualité reste le seul exutoire pour ceux que leur trop-plein de virilité encombre. Il faut dire que la ségrégation entre les sexes et l'interdiction de tout rapport avant le mariage, ne fait que renforcer cette tendance.


D'autant plus que , comme partout en Méditerranée, seuls sont considérés péjorativement comme homosexuels les partenaires passifs alors que les actifs développent une réputation de virilité débordante qui leur apporte la considération et l'estime des autres parfois.


Ce regard que porte la société sur la virilité provoque des réactions parfois ironiques:
Les partenaires actifs sont obligés d'adopter parfois des comportements dévalorisant vis à vis des passifs qui peuvent aller jusqu'à l'humiliation devant les hétérosexuels. Les qualificatifs d'homosexuels et bisexuels sont ainsi complètement reniés pour éviter tout soupçon de sentimentalisme mettant en cause leur virilité.
Ainsi les relations se résume dans la plupart des cas à des simples rapports d'assouvissement des besoins sexuels. Le tout en cachette, car l'homosexualité est légalement interdite par la loi, mais toutefois tolérée si elle reste discrète. Les sentiments sont ainsi discrédités et révoqués , et donc tout autre cadre de vie en commun, en couple est complètement exclus par la société.

Dans les milieux traditionalistes profondément rattachés à la religion, les passifs sont consid\érés comme des personnes inférieures, immatures, et simples d'esprit .

Tandis que les actifs sont traités de bestiaux et de pervers. Entre le rejet de la religion et celui de la société l'homosexuel arabe préfère rester dans le placard pour éviter ce jugement péjoratif et honteux, son destin est le mariage forcé ou la solitude et la déprime et dans les cas limites le suicide.

Seules les personnes des sphères bien aisées de la société peuvent "affirmer" cette appartenance, mais ils restent cloîtrés dans leurs cercles privés.

Dans le cas des "Beurs", Français d'origine maghrébine généralement, à ce rejet de la famille et des "semblables" se greffe le rejet de la société en tant qu'étranger !!" et le risque accroissant de la maladie.

L'homosexuel "Beur" se trouve ainsi sans "racines" ni "espoirs". Ces derniers temps cette "Communauté a commencé à s'organiser pour sortir au jour et revendiquer leurs droits à la reconnaissance. Mais si cet appel ne trouve pas d'échos chez les Maghrébins de France, ces homosexuels risquent de se claustrer dans un ghetto comme les autres communautés homosexuelles.

En conclusion, l'homosexualité a connu des périodes moins stressantes que de nos jours. Les sociétés arabo-musulmanes n'ont pas cessé d'accommoder l'application de la "Chariâ" à leur train de vie et leurs aspirations .


L'émergence de temps en temps des courants fondamentalistes qui n'admettent pas ce contexte remet en cause cette évolution. L'homosexualité n'échappe pas à cette règle de balancement entre fermeté et tolérance (néanmoins marginalisée). Elle a existé et elle existera toujours. Mais il faut peut être attendre trés longtemps pour voir une reconnaissance franche des homosexuels dans les pays arabo-musulmans.

Pour replacer le débat dans un autre contexte, il faut je pense bien considérer que les religions - Islam ou christianisme - définissent des normes qui visent à conduire l'individu à la sainteté. Si tous le hommes - voire simplement tous les musulmans ou tous les chrétiens - étaient des saints, on l'aurait remarqué depuis longtemps et l'humanité n'en serait pas où elle en est!!!
Le respect des interdits charnels n'est donc qu'un des aspects de la recherche de la sainteté, il est loin d'être le seul et il n'est probablement pas le plus important. Le propre des péchés liés à cet aspect des choses c'est qu'ils sont mesurables et dénombrables alors que tel n'est pas le cas des recommandations en matière d'amour de son prochain, de charité , voire de simple respect du bien d'autrui, tous domaines où on trouve aisément des arrangements avec sa conscience!!

On me permettra de penser que l'exploitation de la misère des hommes - même conjuguée avec l'assistance à la messe ou le respect de la charia - est infiniment plus condamnable que le fait pour deux hommes de s'aimer en toute liberté entre eux

# Posté le mardi 06 décembre 2005 13:16

Modifié le mardi 06 décembre 2005 13:52