les beurs, arabes, zimigris et autres te font peur ? apprend a nous connaitre...

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contrairement a beaucoup de blog, dans celui ci les articles vont du plus ancien vers le plus nouveau...donc les derniers articles se trouvent sur les dernieres pages lol


Mes sites et forum personnels :

Bab Al Hourria : http://beurgay.free.fr

Mon forum Gay Arabe : http://beurgaychat.actifforum.com





Du soleil plein les yeux

Nous vous deconcertons parfois. Quelques pistes sur nos educations et nos bases ancestrales.
Dans la culture maghrébine traditionnelle se trouvent des éléments culturels qui rentrent en interaction avec le psychisme des personnes et leur corps. Ces interactions marquent profondément la personnalité des maghrébins et expliquent leurs difficultés d'intégration en France, qu'ils soient eux-mêmes émigrés ou enfants d'émigrés.


Des elements culturels

dans le positionnement de la famille (Pere, Mere,Grand-Parents)
dans des rites comme la Circoncision, le Hammam, le Sevrage
dans la langue : la calligraphie
i
nterviennent dans des interactions du culturel et du psychique, du psychique et du corporel, du corporel et du culturel forgeant profondément la personnalité et expliquant en partie les difficultés de l'exil. D'où: la nécessité de "sas" pour favoriser les évolutions.

Souvent, dans vos relations avec nous, interviennent vos propres coutumes, vos habitudes de pensée, vos propres fantasmes, en un mot vos propres "représentations" Ce qui vous rend plus difficile le jugement à porter sur une situation donnée. C'est pourquoi il paraît important de mieux connaître les coutumes, mode de pensée et mythes de ceux qui vous cotoient

le positionnement de la famille (Pere, Mere,Grand-Parents)


LE PÈRE

La fonction du père

Le père en venant rompre la relation duelle exclusive de l'enfant à sa mère, en s'interposant entre la mère et l'enfant, devient aussi, et nécessairement, un médiateur. Dans le pays d'origine, le père même le plus faible, assure cette fonction. Même s'il ne parvient pas à l'assumer personnellement. Il est épaulé par "le groupe des pères" (pairs) qui le soutient et le maintient. Le groupe des pères sert donc de béquille et de contenant au père défaillant. Or dans le pays d'accueil, ces groupes de pères ne fonctionnent pas de la même façon. Ils sont d'ailleurs souvent absents....Le père immigré continue à véhiculer le vécu de sa culture d'origine sans qu'il y ait l'étayage social du pays d'origine...Souvent ses enfants connaissent mieux le dehors que lui, tandis qu'ils parlent très mal, voir pas du tout la langue du dedans, celle de la maison et du pays d'origine des parents. Ici l'enfant se trouve confronté au non-dit et à la défaillance de ce rôle médiateur du père.


le pere transplanté

Cette défaillance du père transplanté, analphabète, fait naître chez le fils aîné et lettré le désir de le remplacer au sein de la dynamique familiale en le dégradant, parfois, dans un statut tout à fait subalterne Parfois c'est l'inverse qui s'observe. Le père sentant son pouvoir diminué et contesté tente en un dernier sursaut de s'affirmer avec violence au sein de la famille par une reprise des traditions qu'il rigidifie à l'extrême
La difficulté du passage d'une société à une autre

Dans la société traditionnelle un père n'est jamais défaillant. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de père faible. Même le père le plus faible, le plus absent est porté, contenu par le "groupe des pères/pairs". C'était aussi le cas en France: l'absence du père ou sa défaillance n'a pas empêché Napoléon, Balzac ou d'autres de devenir des grands hommes. Mais ici l'individu issu de la société traditionnelle est confronté à de nouvelles données qu'on ne lui laisse même pas le temps nécessaire pour pouvoir les métaboliser. Il passe subitement du monde où le sujet n'est défini que comme "fils de" (Ben en arabe, Aït ou Aith en berbère) à une société où on est reconnu avant tout par sa carte d'identité. Il passe d'une société groupale où on est reconnu avant tout comme rôle, à une société où à la notion de couple et la notion de sujet sont prévalantes. Il passe d'une société monosexuelle où la séparation des sexes est de rigueur à une société ou la mixité, ne serait-ce qu'au travail, est de plus en plus importante. Ceci invite à la modestie. On ne peut pas demander à ces personnes issues pour la majorité du monde rural traditionnel de faire un tel saut en quelques années, en deux-trois-quatre ans alors que les occidentaux ont mis plus d'un siècle pour en arriver là.


LA MÈRE


L'éducation du jeune enfant

Dans ce milieu traditionnel, la demande de l'enfant est satisfaite immédiatement et constamment, le plus souvent sur un mode oral, et ce durant très longtemps (deux ans en moyenne, voire plus). Cette réponse orale immédiate et souvent associée à des manipulations corporelles: bercements, massages, jeux corporels, etc..qui font que très précocement " l'enfant s'ouvre sur un monde extérieur sur un mode actif". Tout semble être fait durant cette période pour éviter à l'enfant toute frustration. Il y a là un facteur de sécurisation et un support concret de l'investissement de la mère comme seul "bon objet".
qui laisse des traces


En définitive, l'empreinte laissée par ces coutumes se retrouve chez l'adulte sous forme d'une "fixation orale à la mère" et corrollairement d'une quête d'assurance et de sécurité.
Le comportement de la mère est différent suivant le sexe de l'enfant
Dès lors on encourage toutes les manifestations viriles du garçon, selon les valeurs sociales. Ainsi le garçon en colère passe souvent sa rage sur sa soeur et ce ne sont pas les principes éducatifs traditionnels qui peuvent décourager les manifestations agressives à l'égard de celle-ci. Elle, (la mère) va jusqu'à l'encourager en lui disant " tu es un homme, donne lui des coups, elle n'est qu'une pisseuse.
mais les apparences sont trompeuses

A ceci il faut rajouter ce fait qui ressort clairement du discours de mes sujets. La fille fait peur à l'homme et l'angoisse. Cette angoisse liée à la perte d'honneur dont la fille porte la menace est liée à la virginité de la fille...En définitive, elle est la révélation de la virilité de l'homme. Tout se passe comme si c'était elle qui détermine les critères de la virilité...c'est à ce niveau qu'il faut comprendre le profond attachement du maghrébin à sa mère, à sa soeur et à sa grand-mère. Elles sont les seules à pouvoir lutter contre les maléfices d'autres femmes qui lui sont destinés. C'est là un conditionnement de l'homme dès les premiers jours de sa vie où la femme devenue mère, prend sa revanche sur le monde masculin en s'imposant comme l'unique intermédiaire avec le monde invisible de nos fantasmes et angoisses.

Le maghrébin malgré son apparence "macho" craint énormément la femme et sa puissance occulte et n'a confiance en fin de compte qu'en sa parenté féminine. Le mépris qu'il affiche à l'encontre de la femme n'est qu'un mécanisme de défense qui camoufle sa peur de la femme.


LA GRAND-MÈRE

La fonction des grands-parents


Tout semble se passer comme si les grands-parents existaient pour consoler, permettre ce qui est défendu, adoucir la vie des petits

Des différences qui choquent

Bon nombre de nos sujets vus en France opposent l'image infiniment chaleureuse et gratifiante des grands-parents maghrébins qu'on vénère, à celle des grands-parents occidentaux "abandonnés, rejetés, isolés, placés en hospice parce que devenus inutiles".
L'importance de la fonction "sas" de la grand-mère
Le sevrage, on l'a vu, est une rude épreuve. Mais la société a trouvé des aménagements possibles, notamment en la personne de la grand-mère. En emmenant l'enfant loin de chez sa mère, elle atténue momentanément la souffrance; elle offre un "sas", un espace médiateur à ses problèmes dans des rites comme la Circoncision, le Hammam, le Sevrage


LA CIRCONCISION

D'après différents auteurs, elle s'accomplit de 5 à 8 ans en Algérie; de 9 à 10 ans en Égypte méridionale; à quelques semaines après la naissance en Arabie et de 10 à 15 ans chez les Sénégalais. Ainsi le même rite sanctionne tantôt l'entrée dans l'enfance, tantôt dans l'adolescence sans jamais être lié à la puberté physiologique.


Elle est désirée par le jeune

Ce désir de la circoncision par les jeunes et sa non imposition par les adultes vont tout à fait dans le sens de ce que nous avons trouvé dans notre étude...pour nos sujets (ils) parlent de la circoncision comme d'une épreuve indispensable dont il ne faut pas qu'on les prive, qu'il faut affronter avec fierté et orgueil pour devenir un homme.
non comme obligation, mais comme signe

La circoncision, pour le musulman, définit un rapport d'appartenance à la communauté islamique.Tous nos sujets, dans leur grande majorité, nous ont parlé de la circoncision comme étant un devoir religieux et un acte imposé par la religion musulmane...Or, fait curieux, la circoncision ne bénéficie d'aucun caractère obligatoire dans la religion musulmane

Elle n'est pas obligatoire Canoniquement et théologiquement :donc, la circoncision ne bénéficie d'aucun statut privilégié en Islam, contrairement à la religion juive. Elle n'a aucune place parmi les 5 piliers de l'Islam que nous avons déjà cités. C'est une simple recommandation: aucune prière ne l'accompagne, tout comme le mariage. D'autre part l'âge n'est pas fixé de manière rigoureuse et elle peut avoir lieu de 1 à 16 ans. Certains savants comme El Ghazali préconisent de se différencier des juifs quant à l'âge de la circoncision: "la circoncision est pratiquée par les juifs au septième jour..." . Ainsi donc, "la circoncision est davantage une pratique des musulmans qu'une pratique de l'Islam". Il s'agit de marquer l'appartenance au groupe

Différences avec la circoncision juive

La circoncision en milieu maghrébin confère des privilèges spéciaux: aller à la mosquée avec le père...aller au souk...une modification de statut, tout comme le passage du hammam des femmes à celui des hommes, et elle est vécue comme telle par le circoncis. Les privilèges qui en découlent paraissent comme liés à elle, contrairement à la circoncision juive qui se pratique très tôt et où les privilèges liés au sexe masculin paraissent avoir toujours existé. ... La circoncision est perçue autrement par le jeune maghrébin qu'une blessure castratrice. Nous serons tenté de dire que c'est plutôt la non-circoncision qui est vécue comme castration, comme refus de la part du père de reconnaître la masculinité de son fils


LE HAMMAM

Ce qu'il est
La mère y rentre avec ses enfants, avec sa fille et son fils tant que celui-ci n'est pas circoncis.

Signe pour le garçon

Ainsi dès que le garçon est exclu du hammam des femmes il est littéralement happé alors par le monde masculin et commence à prendre le chemin du hammam des hommes...ainsi avec le hammam des hommes le garçon entre dans le monde jusque-là inconnu des adultes; ceci signifie pour lui ne plus côtoyer que des hommes.

Les effets psychologiques

Cette atmosphère chaude et froide mêlée au jeu de vapeur et à la faible lumière crée une ambiance quasi irréelle entre la veille et le sommeil favorisant ainsi la régression et la fantasmatisation, et éveille des multitudes de souvenirs et de rêves forts sexualisés.
Enfants, nous ouvrons nos yeux sur/dans le hamman; devenus adultes nous le peuplons de nos souvenirs d'enfance, de nos fantasmes, de nos rêves et c'est là pour tout maghrébin une manière précise de revivre son enfance à partir de son expérience du hammam.
C'est au hammam que l'enfant maghrébin découvre la différence des sexes et contemple à loisir le sexe des autres.

son aspect religieux

Le hammam est infiniment lié à la religion musulman "être attentif à son corps, l'assumer en totalité, prendre au sérieux ses propres fantasmes, faire de la quête de l'orgasme un but essentiel de la vie terrestre et même de la vie transmondaine telles sont quelques unes des visées de l'Islam.<Mais fait paradoxal et surprenant, le hammam, institution typiquement islamique, soulève une grande réprobation de la part des théologiens musulmans...la réprobation des religieux s'explique par le fait que la nudité intégrale est au centre de la question...au hammam la nudité intégrale des hommes est presque courante, celle des femmes est presque partout la règle.


SEVRAGE ET ALLAITEMENT


Le sevrage

Le paradis à deux, ce nid douillet et chaleureux, ce royaume des mille et une merveilles ne durera pas car un intrus ou une intruse, un concurrent ou une concurrente est là et réclame sa place et son dû. La mère maghrébine appartient au dernier-né. C'est dans ces circonstances qu'intervient le sevrage

Nous avons parlé dans un premier temps de l'intensité de cette relation (mère-enfant) et de sa longue durée où la satisfaction de l'enfant est constante et immédiate pendant les deux ou trois premières années, voire plus. Mais juste à ce moment-là intervient le sevrage, brutalement et sans préparation. C'est la première grande frustration que connaît l'enfant. Ce sevrage qui intervient du jour au lendemain revêt pour l'enfant tous les caractères d'un abandon.


L'allaitement

L'allaitement au Maghreb a des connotations beaucoup plus profondes qu'en Europe...On est tenu d'avoir le même comportement et les mêmes devoirs envers la femme qui nous a allaité qu'envers notre mère génitrice. De même les garçons et les filles allaités par la même femme que nous sont considérés comme nos frères et soeurs...Par ailleurs, environ un tiers de nos sujets ont été allaités par une autre femme, le plus souvent par la grand-mère, et leur mère a allaité d'autres enfants que les siens.


INTERACTION DU CULTUREL ET DU PSYCHIQUE

Des aspects auxquels on ne pense pas quand on parle

Ainsi là où je dis , moi maghrébin d'origine rurale, à mes enfants: "va ouvrir (ou fermer) la porte du dehors, leur mère, française, leur dit: "va ouvrir (ou fermer) la porte d'entrée". Les premières fois les enfants ont relevé et parlé cette différence en souriant, mais cela n'a nullement affecté leur compréhension du message de leur père ou de leur mère. Cela ne change pas l'état de la porte, elle sera fermée ou ouverte, le sexe des parents n'influe pas sur l'état de la porte. Par contre ce qui change c'est que cela introduit un troisième temps, celui de la relation: selon la première formulation (il y en a des centaines) ou la seconde, ils intègrent qu'ils sont en relation avec des références culturelles différentes, de leur père ou de leur mère portées par la langue. Donc ce temps de relation, ce temps autre, est aussi une intériorisation de l'altérité, ce qui les introduit à leur historicité et les inscrit dans leur généalogie


C'est par la langue que s'introduit la généalogie

La filiation est une assignation à une place donnée dans les structures de parenté, un nom et et une transmission par le nom et dans le nom. C'est ce que j'ai découvert très tôt lors de ma scolarité. Étant d'une culture orale berbère, j'étais habitué à m'entendre appeler par mes parents et mon entourage par le prénom qui m'a été attribué à la naissance, avec ses sonorités caractéristiques. Ma rencontre avec les instituteurs puis les professeurs provoqua en moi une grande perplexité. Le professeur d'arabe par exemple me reprenait avec insistance, voire sévèrement chaque fois que je me présentais, en arabisant mon prénom aussi bien dans sa prononciation que dans son orthographe, en ajoutant le préfixe "Al" caractéristique de l'arabe ; le professeur de français, quant à lui, me déclara que mon prénom devait se prononcer et s'écrire de la même façon que celui du roi de Jordanie: Hussein. Un an plus tard, un autre professeur de français, dans un cours intitulé « connaissances usuelles » nous fit un exposé sur les premiers habitants du Maghreb, ou indigènes, appelés «berbères» ; et pour illustrer ses propos, elle me désigna en exemple, énumérant les unes après les autres leurs caractéristiques morphologiques. Cette expérience fut une révélation. Je pus enfin entendre, intégrer, ces masses sonores si familières mais qu'aucun professeur, ni celui de français, ni celui d'arabe, ne parvenait à prononcer... Je mettais donc un sens sur cette différence. Cette découverte m'évita une aliénation dans une culture étrangère, française ou arabe. Je m'épargnais ainsi les avatars d'une éventuelle angoisse de désaffiliation... Je n'étais plus seul : je savais qui j'étais, d'où je venais. Je pouvais aller à la rencontre de l'autre et de sa culture, partager ses connaissances sans craindre de me perdre. Car, n'en doutons pas, bien circuler au sein de ses structures de parenté et dans sa filiation permet de circuler plus aisément dans les structures scolaires et donc sociales.


L'apprentissage de la langue...

Le rapport au langage, loin d'être un simple rapport d'acquisition, est un rapport d'inscription dans un système de parenté et d'alliance, qui a cours dans notre culture, et aussi dans la place que nous occupons en tant que sujet "Apprendre à parler c'est apprendre à occuper cette place"(Tabouret-Keller.1985)

La langue c'est l'élément essentiel de la structuration de la culture. D'autre part...la culture dépose dans la langue des éléments d'inclusion qui se transmettent de génération en génération.

pour le transplanté

Chez l'enfant transplanté c'est surtout la possibilité d'une éventuelle bipolarisation de sa pensée qui va susciter des problèmes. L'enfant transplanté est confronté à deux langues différentes, deux discours différents, chacun véhiculant un vécu différent.
Il (un sujet) est ainsi apparemment normal et adapté aux normes socioculturelles françaises accroché au factuel et au concret, sortant des phrases toutes faites qui lui servent de mécanismes de dégagement alors qu'en arabe sa pathologie se lit à livre ouvert. Il est en effet rapidement submergé par le pulsionnel. Il y a un clivage entre la façon dont il se présente en français et en arabe

INTERACTION DU PSYCHIQUE ET DU CORPOREL

La pulsion, concept charnière

La pulsion est donc l'un des concepts de la démarcation entre le psychique et le corporel....la pulsion n'est en fait ni somatique, ni psychique mais représente ce point d'articulation entre le besoin organique et le désir psychique

Les troubles du psychique et du corporel sont liés
Tous les troubles du Moi vont nécessairement coïncider avec l'atteinte de l'image corporelle, puisque les deux son interdépendants

La transplantation atteint la personne dans son ensemble

La transplantation présente une situation radicalement nouvelle, dans laquelle sous un choc de changement social, l'image du corps va se déformer, plier, voire éclater. L'individu se trouve dans une nécessité urgente et vitale d'adaptation de son image corporelle au nouveau monde, d'où la nécessité théorique de l'intensification de l'échange dans un tel processus


INTERACTION DU CORPOREL ET DU CULTUREL

Parallèle entre le corps et la langue

Le son, rythme de base de passage du pré verbal au verbal, du corporel au métaphorique, du jeu de corps aux jeux de mots, unité minimale de communication et de différenciation. Le "je" c'est l'opération de base de distinctivité. Le petit homme en disant "je", dit ce qu'il est par rapport à ce qu'il n'est pas. Et ce, qu'il l'exprime en mots ou qu'il le symbolise dans le jeu par l'intermédiaire d'une ficelle et d'une bobine...Les mots ont une base corporelle. Le mot est à la pulsion ce que la ficelle est à la bobine. Le corps dans le corps de la lettre, la calligraphie arabe, en fournit une superbe illustration.

Quand la langue ne fonctionne plus, le corps prend le relais

La somatisation chez le maghrébin transplanté serait de l'ordre du pré verbal, c'est ce qui reste (le dernier refuge) quand le langage appris dans la culture d'origine ne sert plus à communiquer, n'est plus opérante, le maghrébin a recours au corps pour essayer d'atteindre l'autre, de communiquer avec lui. Sa demande d'être reconnu passe par le biais de la somatisation. La somatisation vient signifier le défaut (par défaut) de l'inscription et de l'identification à la nouvelle culture par la langue. Quand la langue maternelle fait défaut, ne permet plus l'inscription culturelle et sociale ni l'identification à la nouvelle situation il y a recours à la somatisation pour mieux dire la souffrance. Cela suppose de la part du maghrébin un fantasme de l'universalité du langage du corps et de la communication pré-verbale.

La langue dans le corps

Dans une certaine mesure le changement de langue peut s'assimiler à un traumatisme psychique. Force est de constater que malgré des siècles de laminage des langues régionales en France, celles-ci continuent à survivre dans la langue et la culture nationales ne serait-ce que par leurs accents (méridional, alsacien, etc.) Elles vivent pour ainsi dire dans le corps et par le corps comme une sorte de mémoire corporelle de l'identité. Le corps en garde trace

LA CALLIGRAPHIE

La calligraphie, un art religieux

La calligraphie, désignée, en arabe, par le mot khatt, est une activité quasi religieuse, dûment réglementée....C'est donc le moyen de communication qui vient aussitôt après le langage. C'est aussi un noble art, car il est propre à l'homme, qu'il distingue des animaux. De plus il révèle les pensées et les transmet à distance. Il est l'instrument de la science, du savoir (de la connaissance), des livres des anciens et de leurs histoires


DIFFICULTÉS DE L'EXIL

Des coutumes qui marquent profondément la personnalité

A la tête du berceau, sous le coussin, la mère place un couteau ou une clef, parfois un miroir et un sachet plein d'ingrédients destinés à protéger le nourrisson et le tout restera sous sa couche pendant 40 jours. Il arrive qu'on laisse une lumière auprès de l'enfant pour écarter les "génies malfaisants". On sait que ceux-ci craignent le fer et la lumière. On accroche aussi à la tête du berceau une main de Fatima et le verset du Trône (Ayat-el-Koursi) qui écartent les cauchemars. Ces pratiques qui peuvent faire rire un européen, marquent l'individu pour toute sa vie. Même dans les milieux instruits qui se proclament volontiers ultramodernes et où l'influence occidentale s'exerce puissamment, la croyance en ces vieilles pratiques occupe encore des positions dont l'étendue a de quoi surprendre
même chez les intellectuels
Même ceux qui renient et dénigrent la culture traditionnelle maghrébine épargnent le hammam, tout d'ailleurs comme la circoncision, en lui trouvant des vertus "insoupçonnables".

Que le maghrébin s'estime "ultramoderne" et évolué, ou traditionnel, il observe ces rites. Même les intellectuels qui affichent, en occident l'opposition à leur culture d'origine se soumettent et perpétuent les coutumes et les valeurs traditionnelles quand ils retournent dans leur pays. Est-ce là quelque chose de surprenant? Nous ne le pensons pas. Beaucoup d'observateurs extérieurs à la culture maghrébine se sont laissés abuser par l'apparence que représente la structure maghrébine et par le discours manifeste de certains intellectuels maghrébins éprouvant des difficultés de maturation affective. Or on sait qu'au Maghreb les règles et les codes sont fondamentaux, que le mensonge aux étrangers est plutôt une ruse valorisante et valorisée et qu'on ne livre jamais son être profond; on ne livre à autrui qu'une apparence. Le Moi social prime le Moi individuel. On est tenu d'être solidaire des "siens", de son groupe social, c'est là quelque chose de si profondément intériorisé au fond de la personnalité maghrébine que seule la psychanalyse peut nous en faire prendre conscience. Le maghrébin est sans cesse sous le regard "des autres": qu'en dira-t-on ?


La représentation de l'instruction des filles

L'obligation d'assistance, lorsque les parents vieillissent revient au garçon, et quand le garçon se marie il reste en général chez ses parents alors que la femme suit son mari. Aucun de nos sujet (habitant en France) jeune ou vieux, n'envisage l'éventualité que la fille puisse ne pas se marier. La fille finira, pensent nos sujets, par rejoindre un jour la maison de son mari; dès lors peu de choses sont importantes et même l'instruction ne l'est pas puisque ce n'est pas sa famille qui en profitera mais des étrangers.

La transplantation comme perte de références

La transplantation signifie une perte de tout un monde de références qu'on ne peut plus partager avec ceux que l'on côtoie chaque jour
Ceux qui semblent les mieux adaptés ne sont pas nécessairement ceux que l'on croit; ceux qui semblent les mieux adaptés sont au contraire ceux qui s'acceptent comme fondamentalement différents.

Difficultés d'identification

En ce qui concerne la majorité des jeunes maghrébins issus de couples de transplantés, leur développement affectif ne peut être, le plus souvent, que bloqué ou dévié car l'idéal des valeurs sociales de leurs parents et la position socialement méprisée de ceux-ci, leur ignorance dans la plupart des cas de leur langue maternelle diminuent les, échanges avec leurs parents à qui ils ne peuvent s'identifier puisqu'une éventuelle identification ne serait pas valorisante narcissiquement, d'où le désarroi de ces jeunes. Même les rapports à la mère ne sont plus ce qu'ils étaient puisque l'État français tend à déposséder les parents de certains droits et prérogatives

Soumis à des messages paradoxaux

L'immigré se trouve pris au milieu de ce filet de messages paradoxaux qui lui parviennent de part et d'autre. De son pays et sa communauté d'origine, il entend "ne te renie pas, ne retourne pas ta veste", mais "ne reviens pas et reste là où tu es". De son pays d'accueil, il entend "ta culture est un frein à ton intégration, elle est dangereuse, renie là, retourne ta veste pour t'intégrer"..Alors ces jeunes sont pris dans ce problème de "l'entre-deux", où de chaque coté ils sont mis dans une position intenable où il faut à la fois s'accrocher à ses racines et s'en défaire.


Un exemple illustratif

Autre impasse, pour l'immigré musulman transplanté en France, la croyance aux Djinns...Les Djinns peuplent l'imaginaire musulman du Maghreb, de l'Égypte, de la Perse et des Turcs et font partie de la foi musulmane...Les Djinns sont cités en 22 endroits dans le Coran qui décrit leur genre et leur mode de vie. Ils seront jugés le jour du jugement dernier par Dieu au même titre que les humains selon leurs actes. Y croire est un acte de foi, fait partie de la foi musulmane, comme tout ce qui est dit dans le Coran. Comment remettre la parole de Dieu en doute?...En situation de transplantation cela devient un dilemme: s'y référer et en parler c'est passer pour arriéré ou aliéné, le nier c'est renier ou mettre en doute une partie de sa foi. Aussi ce conflit est occulté et l'imaginaire qui s'y rattache enterré. Cette part de l'imaginaire nécessaire à la vie psychique dans le pays d'origine ne trouve plus à se dire. Aussi le corps reprend le relais pour représenter cet irreprésentable, cette impossibilité à dire ou non. A force d'être entouré de sourds on devient muet

ÉCOLE ET "SAS

La nécessité d'un "sas"

Quant à l'immigration, elle est aussi un passage, une traversée. Certains la font sans dégâts d'autres voient leur embarcation chavirer, se briser et ils se noient. Cette traversée d'un état à un autre ne se fait pas d'elle-même, parce qu'on est confronté à deux représentations qui sont souvent inconciliables. Aussi faut-il quelque part dans notre esprit, dans notre façon d'être, ménager un "sas", opérer une mise en latence des pensées ou des données inconciliables, pour que le petit enfant qui se socialise puisse aller vers l'autre sans trop de reniements, en douceur.

Le passage d'un espace culturel dans un autre nécessite un espace intermédiaire, un sas de mise en latence des éprouvés inconciliables des deux espaces culturels. En somme un espace de "non menace.

L'enfant d'origine étrangère comme "analyseur" de l'école

L'enfant d'origine étrangère est un véritable analyseur de l'institution scolaire qui oublie ou refoule la réalité psychique de l'élève, ce qui provoque résistance et défense
L'école peut jouer ce rôle de "sas"

J'ai parlé du "groupe des pères" qui empêche l'enfant du père défaillant d'être "hors repères". Ces pères sont aussi des "pairs", et ce groupe de pairs peut se constituer dès l'école et au sein de l'école. J'ai introduit cet exposé en parlant de ma rencontre avec l'école qui a balisé mes repères identitaires pour mieux asseoir mes rapports de filiation et d'affiliation. Je voudrais conclure par l'école, qui est pour moi un formidable espace médiateur et intermédiaire, un lieu de nidification culturelle, un ouvreur de perspectives, porteur de création. L'école est un passage à traverser, un pont entre la famille et la société.

comme le psychanalyste dans son travail

Ainsi notre imaginaire est structuré par la langue et tout particulièrement par notre langue maternelle et pour les immigrés, dont je fais partie, par le français également qui impose ses signifiants. Face à ces patients avec qui je partage l'appartenance culturelle et la transplantation, mon travail consiste à leur offrir un espace intermédiaire où ils peuvent être entendus dans leur langue d'origine et/ou dans la langue du pays d'accueil. J'essaye de leur offrir un espace de médiation, un espace hors menace où leur soi privé (horma) et leur soi social se rencontrent sans s'affronter grâce à l'étayage sur le thérapeute lors du transfert et du contre-transfert.

Médiation

Que signifie-t-elle? que confronté à la différence (culturelle, sexuelle, etc...) deux attitudes ont cours d'ordinaire: le rejet ou le déni. Mais si on veut aller plus loin, aider l'autre à sortir de cette impasse, il faut momentanément lui offrir un sas, ne serait-ce que dans notre tête, dans notre façon de l'accueillir. Je veux dire par sas un lieu de non-conflit, de non-destruction: moi ou l'autre, un lieu de non-violence qui permet de l'accompagner pour que le sujet puisse pacifier les deux contraintes qui se battent en lui et en faire des alliés pour un changement sans reniement. Lui permettre ce débat intérieur pour qu'il puisse faire la part des choses et aller de l'avant, telle serait la fonction de cet espacede médiation. De la confrontation avec d'autres cultures peut naître un apprentissage et un élargissement de l'espace intérieur du sujet, seule parade à l'intégrisme intellectuel, mental et psychique. La culture peut fonctionner ici comme un espace transitionnel et médiateur. Elle est un contenant pour la psyché tout comme le corps l'est pour la pulsion. L'interculturel est une école de reconnaissance et de connaissance qui permet d'appréhender que l'autre n'est nullement le même
# Posté le mercredi 08 juin 2005 03:22
Modifié le samedi 09 février 2008 09:24

tu te demandes ki je suis ? ....quelques réponses ici

tu te demandes ki je suis ? ....quelques réponses ici
né dans les froides contrées d'Europe, je suis un savant mélange de races diverses:
Un père belge d origine russe et une mère Marocaine

...pour mes 6 ans, on m'expédia vivre chez mes grands parents à Casablanca.
Et cette ville géniale m'a supporté jusqu'au baccalauréat

A 17 ans, retour en Belgique : je fais je décroche une licence en criminologie et une autre en sciences pénitentiaires ? ca sert à quoi ? ... euh à rien :)))

rentré au Maroc à l'âge de 23 ans. J'ai sévit depuis lors dans pas mal de quartiers :
du polo à Oued Marzak en passant par l'oasis et Tamaris. on y garde de moi un de ces souvenirs....
Mon père m'a fait d'une tête de gaouri et de superbes yeux d'un bleu flashant.
De ma mère, j'ai hérité tout ce qui est à l'intérieur:
un coeur résolument marocain, une culture arabe, un attachement inconditionnel pour le Maroc

Si je parles l' arabe ? la prière, quelques formules de politesse, des insultes aussi. Pour le reste ben, je suis nul en langues et en maths

Un dépucelage un peu violent à l'adolescence, m'a rendu pour la vie amoureux des hommes et pas des filles.
Donc, je précise que je suis Gay (homosexuel, zamel,etc..) si cela te dérange alors bye bye.........

même si un mariage par accident m'a laissé un fils que j'adore

Depuis fin 1999, je suis de nouveau à Bruxelles.
J'habite dans un vieux quartier historique et populaire pas loin de la grand place.
Mon corps évolue au mileu des belges.
Mon coeur est resté accroché sur l'autre rive du détroit de Gibraltar
(non j'suis pas passé en barque, m'enfin ! j'ai la nationalité Belge, merci papa)


t'en veux encore plus ??? voila la suite :

Pays : Belgique- maroc

Langue : français

Recherche : un homme

Pour : ce que tu veux

Activités : Fonctionnaire maitenant chômeur de luxe

Taille : 180 cm

Poids : 83 kg

Yeux : bleus

Cheveux : Châtains +

Origine ethnique : métis

Age - oups la question piege la je sent que le mec va se casser : 39 ans -

Religion : musulman et gay c'est pas tres compatible. enfin c la vie et pour les adepte d'oussama : on est kom on est et on essaye de vivre avec sans trop masker et sans jouer les hypocrites

Signe astrologique : Cancer

Personnalité : Cynique

Fumeur : Oui ben koi la clope , meuh non pas le zatla ..enfin koike lol ki sait ?

Boissons : Ne boit pas euh ou plus ou en pause boissons pour l'instant

Plats favoris : bastella, tajine aux pruneaux, couscous et toi

Style vestimentaire : dans le job c costard donc le reste du temps c n'importe quoi de confortable

Préférences musicales : musique arabe, new age , rap francais,etc

Artiste musical préféré : marcel khalifa meme si mon arabe est vachement limité

Genre de film : thriller

Acteur préféré : euh..toi dans 'dore mehdi dore'

Films préférés : midnight express, ali zaoua, la ligne verte, philadelphia, et plein d'autres dans ma tête

Style de voiture : rien à cirer de touts les signes extérieurs

J'aurais voulu être : moi mais en rabotant quelques solides défauts

Ce que je préfère : les yeux de celui qui est en amour

Ce que je déteste : l'égoisme, l'intolérance, le chouffouni

Style de vacances préféré : au bled à jouer à trouve moi dans la foret de oued merzag

Hobbies : le seeeexe, internet, le parachutisme, le tir au pistolet, la lecture , le cheval




Informations supplémentaires : je cherche mon soleil. je le souhaite d'origine arabe actif dominateur et imaginatif

Mon site web perso à moi :) bab al hourria : le site des gays arabes
et Zimigri le site des harragas
# Posté le mercredi 08 juin 2005 06:46
Modifié le mercredi 18 juillet 2007 17:48

.........TU PENSES QUE LES ARABES SONT TOUS DES ZIMIGRIS ILLETRES ????......

.........TU PENSES QUE LES ARABES SONT TOUS DES ZIMIGRIS ILLETRES ????......
L'APPORT DES ARABES A LA CIVILISATION

L HERITAGE GREC


" Quand on se rend compte de toute l'étendue des domaines que les Arabes embrassèrent dans leurs expérimentations scientifiques, leurs pensées et leurs écrits, on voit que, sans les Arabes, la science et la philosophie européennes ne se seraient pas développées à l'époque comme elles l'ont fait. Les Arabes ne se contentèrent pas de transmettre simplement la pensée grecque. Ils en furent les authentiques continuateurs [Ö] Lorsque vers 1100, les Européens s'intéressèrent à la science et à la philosophie de leurs ennemis sarrasins, ces disciplines avaient atteint leur apogée. Les Européens durent apprendre tout ce qu'on pouvait alors apprendre, avant de pouvoir à leur tour progresser eux-mêmes. " Montgomery Watt.
Longtemps, le monde occidental a accordé une importance exagérée, dans le domaine des sciences et des arts, à l'héritage gréco-romain. Au point de sous-estimer, voire d'ignorer sa dette envers les grandes civilisations du Proche-Orient.
L'opinion voulait que les Européens chrétiens soient les destinataires naturels de la pensée d'Athènes et de la gloire de Rome. Pendant la "longue nuit du moyen-âge", les Arabes n'auraient été que les gardiens d'un savoir qu'ils se sont accaparé sous formes de traductions.
Pendant l'âge d'or de la pensée grecque qui s'étend sur trois siècles (6e-4e s.), les civilisations égyptienne et babylonienne sont encore bien vivantes : les influences et les échanges sont réciproques.
De plus, les savants grecs se reconnaissent comme les héritiers des savoirs orientaux.
Après l'effondrement des États-cités (338 av. J.-C.), le foyer de la science retourne au Proche-Orient pour y durer pendant la longue période hellénistique (3e s. av. J.-C. - 5e s. après J.-C.). Pendant 800 ans les plus grands savants, dont les úuvres sont ensuite traduites en arabe, parlent grec et sont originaires d'Égypte, de Syrie, de Mésopotamie et de toute l'Asie occidentale.
L'extension du christianisme gagnait davantage les Empereurs que les savants. Après la fermeture de l'École d'Athènes par Justinien (529), nombre de ceux-ci trouvèrent refuge auprès du roi de Perse, à Djundishapur, qui devint le point de rencontre des connaissances et des influences grecques, syriaques, persanes, indiennes. D'autres centres savants se formèrent Edesse et surtout à Harra (Haute Mésopotamie), ville sabéenne qui devint dépositaire des enseignements de l'astrologie babylonienne, du néo-pythagorisme, de l'hermétisme.
La conquête arabe apportait les éléments d'un nouvel enthousiasme pour le savoir :
• une langue que se forge et qui s'impose comme un instrument de communication internationale ;
• un gouvernement fortement centralisé ;
• une religion qui exalte la connaissance. Le Coran énonce que l'encre des savants est plus précieuse que le sang des martyrs.
Le monde occidental manifesta une réserve, voire une hostilité, envers ces savoirs étrangers. Avant, à son tour, de se les approprier et de les enrichir.
Aux grandes heures de la civilisation arabe (8e-13e siècle), les spécialisations disciplinaires sont encore incertaines et la soif de connaissances est telle que les savants pratiquent, au gré de leurs curiosités, la médecine et l'astronomie, l'alchimie et l'optiqueÖ Tous ne sont pas Arabes de naissance, mais c'est dans la langue de l'élite politique qu'ils expriment leurs découvertes.
Les apports des Arabes à la civilisation se retrouvent dans les techniques, l'art, la philosophie... Il y a les inventions scientifiques et les thèses philosophiques mais à côté de ces coups de génie d'autres apports ont été plus discrets. Ils résultent de contacts, d'emprunts irréfléchis, d'une contamination qui ne s'exerce pas dans un seul sens.




Contrairement à une idée assez répandue, les grandes vagues de la conquête arabo-musulmane n'ont pas eu pour effet d'imposer uniformément et systématiquement une culture et une croyance aux populations dominées et majoritaires en nombre.
Tout d'abord, en droit Juifs et Chrétiens (Gens du Livre) ne se convertissent que s'ils le souhaitent et pour peu qu'ils reconnaissent l'autorité des souverains musulmans (en s'acquittant d'un impôt) ils se voient accorder leur protection (d'où leur nom de Dhimis : protégés). Mais le Dhimi demeure un "infidèle".
Ensuite, le converti dispose des mêmes droits que le croyant ce qui n'est pas toujours bien vu par les conquérants méfiants face aux excès de religion et soucieux de leurs avantages aristocratiques.
Enfin, à une époque où la paysannerie regroupe 80 à 95% de la population, l'influence arabe demeure limitée sur le costume, l'habitat, le mobilier.
Ce sont d'abord les marchands et les notables qui doublent leurs noms juifs ou chrétiens d'une appellation arabe (ainsi l'évêque Johannès de Cordoue est aussi appelé Asbag Ibn Abdallah) et qui imitent la toilette et la tenue des vainqueurs : les femmes mozarabes (arabisées et chrétiennes de la péninsule ibérique) prennent l'habitude de sortir voilées.
Les influences sont patientes. Elles concernent l'alimentation (le porc est moins consommé), le corps ( le souci de propreté amène les gens aux bains) et quelques chrétiens fortunés ne dédaignent la polygamie.
La mode aussi à ses droits et la jeunesse se met à imiter les gestes et le parler de tel nouveau chanteur arabe, au grand dam des puristes de la tradition arabe.
Cependant, c'est avec réserve que les conquérants constatent les avancées de leur culture sur laquelle ils entendent garder un droit de regard. Les limites de la tolérance des vainqueurs sont fluctuantes en particulier lorsque l'on touche aux choses de la religion. Ainsi des commerçants chrétiens sont punis avec sévérité, pour avoir invoqué le nom du prophète. Toujours en Andalousie, lorsque vers le 12ème siècle, la Reconquistat gagne du terrain, les communautés mozarabes (comme celle de Séville) sont accusées d'intriguer avec les reconquérants. Alors que deux siècles plutôt, nombre d'entre elles avaient fait cause commune avec les musulmans contre leurs coreligionnaires du nord.
Déjà une culture se mondialise mais la ligne de partage passe entre arabisation et Islamisation.



PARLEZ VOUS L ARABE SANS LE SAVOIR ??

La langue est un remarquable conservatoire des rencontres de cultures, un musée vivant. Les ports méditerranéens en témoignent tous les instants en maltraitant toutes les frontières linguistiques et, par la transgession de leurs règles, de créer une langue partagée. Ce texte de Sigrid Hunke met en scène les termes et les objets passés des Arabes vers les Occidentaux.
L'assaisonnement du quotidien
Des noms arabes pour des dons arabes.
" Permettez-moi de vous inviter à prendre quelque chose dans ce café, chère madame ! Enlevez donc votre jaquette et prenez place sur le sofa au matelas garni d'une étoffe carmin. Le cafetier s'empressera de vous servir une tasse de café avec deux petits morceaux de sucre, à moins que vous ne préfériez une carafe de limonade bien glacée, ou encore un peu d'alcool ! Non ? Mais vous accepterez certainement une tarte aux abricots et aux bananes !
Mais bien sûr, cher ami, vous êtes aujourd'hui mon invité ! Puis-je vous offrir, pour commencer, un sorbet à l'orange ? Je crois que des artichauts feraient une entrée fort agréable. Et que penseriez-vous d'un chapon accompagné de riz et de barquettes aux épinards ? Pour le dessert je ne saurais trop vous recommander ce gâteau à la sauce d'arak. Et pour clore le repas, un mokaÖ Mais, je vous en prie, installez-vous sur le divan.
Pourquoi, certes, ne vous sentiriez-vous pas parfaitement à l'aise, alors que tout ce qui vous entoure comme tout ce que je vous offre se trouve sur la liste des articles depuis longtemps inventoriés qui font partie de notre existence, et cela bien que nous les ayons empruntés à un monde étranger à savoir le monde arabe ? Le café qui vous sert quotidiennement de stimulant, la tasse dans laquelle vous versez ce noir breuvage, le sucre sans lequel vous ne sauriez aujourd'hui imaginer un menu, la limonade et la carafe, la jaquette et le matelas, c'est aux Arabes que nous devons de les connaître. Et ce n'est pas tout ! Dans la presque totalité du monde civilisé, ces articles portent encore leur nom arabe ! De même pour candi, bergamote, orange, quetsche, etc.
Rien d'étonnant, me direz-vous sans doute, à ce que certains fruits originaires des pays chauds (tout comme certains aliments ou boissons) nous viennent de l'Orient ; et pourquoi dans ce cas, ne conserveraient-ils pas leur appellation d'origine ?
Et lorsque vous avouez que, maté par la fatigue, vous vous étendez sur le sofa, le divan, l'ottomane ou dans l'alcôve, vous m'assurez que n'importe quel enfant saurait reconnaître l'origine étrangère de termes aussi extravagants. Mais savez-vous que, sans le vouloir, vous avez employé un autre mot arabe, un terme issu du jeu d'échecs (jeu que les Arabes nous ont appris, l'émissaire d'Haroun al-Rachid l'ayant, dit-on, introduit à la cour de Charlemagne), qu'échec vient de shah (le roi) et que le mot maté que vous avez employé vient de mat qui signifie tout simplement : " Il est mort " ? Alors, vous voyez : échec et mat !
Saviez-vous en outre que les sacs de maroquin que vous voyez dans ce magasin portent encore l'estampille des Arabes ? Quant aux étoffes exposées dans cette vitrine, en dehors des cotonnades, des mousselines, du mohair souple et duveteux, vous pouvez faire votre choix entre le satin élégant, le taffetas distingué, la moire chatoyante et le damas somptueux (de la ville de Damas), qui étalent à vos yeux toute une gamme de nuances depuis le jaune safran jusqu'au lilas en passant par l'orange et le cramoisi. Autant de délicates invites à nous souvenir de ceux auxquels nous devons des étoffes aussi utiles que précieuses sous leurs coloris éclatants, c'est-à-dire aux Arabes.
Savez-vous que lorsque vous entrez dans une pharmacie ou une droguerie, vous y trouvez quantité d' " inventions " arabes. Un simple coup d'úil aux caisses et aux flacons du droguiste suffira à vous en convaincre : vous y verrez de la muscade, du cumin, de l'estragon, du safran, du camphre, de la benzine, de l'alcali, de la soude, du borax, de la saccharine, de l'ambre et bien d'autres drogues arabes dont vous usez quotidiennement. Savez-vous que nous désignons encore sous son nom arabe de laque, le vernis dont nous couvrons nos ongles, que l'aniline, la gaze, le talc et la ouate sont autant de noms arabes ?
Vous ne sauriez donc nier plus longtemps que le grand nombre de noms arabes qui émaillent notre langue désignent des articles d'usage courant dont les arabes nous ont révélé l'existence. Ni que ces articles aient apporté à notre vie quotidienne, jadis insipide, voire un peu sordide, maints agréments délicats qui l'ont littéralement assaisonnée, embellie par la couleur et le parfum, ni que celle-ci leur doive d'être plus saine et plus hygiénique en même temps que plus riche de confort et d'éléganceÖ (Le soleil d'Allah brille sur l'occident. notre héritage arabe. Albin Michel, 1963)



DE BAGDAD A CORDOUE

Deux lieux, dont les noms sont restés hautement évocateurs de prestige et de l'art de vivre, sont dans les premiers siècles de l'expansion arabe les foyers de rayonnement culturel : Bagdad et Cordoue.



Le califat de Bagdad

C'est à Bagdad, au début de l'ère abbasside, que se produit une extraordinaire floraison intellectuelle. Les califes font figure de despotes orientaux éclairés ; ils animent et protègent les cercles de lettrés. Parmi eux, la tradition conserve l'image de Harûn ar-Rachid (786-889), le souverain des Mille et une nuits et celle de Ma'mun (813-833) son fils, et le fondateur de Beït Al-Hikma (la maison de la sagesse) le premier grand centre de traduction et de réflexion arabes.
Les Abbasides sont portés au pouvoir par les persans convertis. Ils transfèrent le centre du pouvoir vers l'Orient où ils fondent Bagdad (Madinat al Salam, la ville de la paix) selon un plan circulaire : la ville ronde mesure 4 km de diamètre et est ceinturée par un fossé de 20 m de large et un double rempart.
Clan qui a su prendre le dessus sur ses alliés, les Abassides exercent un pouvoir ambigü qui va être inlassablement contesté. Les révoltes sont d'ordre social et religieux. Vers 870, les Zandj (des esclaves noirs, amenés pour cultiver la canne à sucre dans les régions marécageuses) se soulèvent et menacent Bagdad. La fragilité du Califat est démontrée. Au 10e siècle, ce sont les Qarmates (installés le long du golfe Persique) qui fondent un Etat communautaire, pillent Bosra, prennent La Mecque et s'emparent de la pierre noire.
Le régime, afin d'assurer sa protection, constitue une garde de jeunes esclaves turcs. Cependant, celle-ci éloigne le Calife de la population et s'accapare le pouvoir. La dynastie abasside n'est plus qu'une façade. Les émirs buyides (originaires de la Caspienne) contrôlent les leviers de l'autorité et en usent pour favoriser leur religion chiite, au nom du calife sunnite. Ils seront eux-mêmes balayés par les Turcs Seljukides (prise et destruction de Bagdad en 1258). C'est l'effondrement des Abassides, mais de fait ils n'auront régné qu'un siècle.



Le califat de Cordoue
Al Andalus est l'autre grand foyer de transmission à l'occident chrétien de la pensée gréco-arabe.
En 756, l'Umayyade Abel ar-Rahman fonde l'émirat de Cordou. Sa dynastie a été massacrée par l'Abasside Al Safrah. Il survit, gagne l'Espagne et là, dans un pays où les groupes ethniques s'affrontent (Arabes, Yéménites, Berbères, Espagnols convertis ou non, Juifs, Slaves, ...) et où il ne dispose d'aucun appui, il installe un régime qui va se caractériser par sa stabilité et son rayonnement.
Le rayonnement est géographique d'abord. C'est la guerre contre les royaumes chrétiens du Nord et dont la mort à Roncevaux de Roland (778) reste le plus fameux épisode. Ce sont les luttes contre les Latimichs en Afrique du Nord, la prise de Tanger, la fondation d'Oran.
Le rayonnement est urbain encore. L'émirat redonne vie aux villes endormies (Séville, Tolède) et grâce à son administration et ses richesses fait bâtir de fastueuses résidences. L'agriculture se développe enfin. L'amélioration du système d'irrigation accroît le rendement des cultures traditionnelles (vigne, olivier) et l'introduction de la canne à sucre, des agrumes, du palmier, dattier.
Cordoue rivalise avec Le Caire (Fustat) et Bagdad.
Cependant, l'émirat passe sont emps à mater les révoltes (Tolède et Cordoue elle-même) et à essayer de réduire les pressions extérieures et les raids des Normands.
Ils ne résistera pas à ces forces contradictoires et au début du IIe siècle, les reyes de Taïfas (muluq at tawait ou rois de partis) se partagent sa dépouille et fondent plus de vingt principautés.
Chacun revendique l'héritage de Cordoue (ou de Al Andalus du nom de la vallée de Guadalquivir, le centre de l'émirat). Les cours rivalisent en prestige, elles abritent philosophes, savants et poètes.
Annexé par les empires du Magrheb (Almoravides et Almohades), entamé par les poussées chrétiennes (prise de Tolède en 1085) l'Andalus continue à être le lieu où le monde arabe et l'Europe sont le plus largement entré en contacts guerriers, il est vrai, mais en échange d'idées, surtout.



LA LITTERATURE ET LA POESIE

Al Biruni (mort en 1050) reste le modèle du lettré qui s'investit dans la culture arabe et lui apporte une dimension universelle. Originaire de Khwarizm (Caspienne), écrivain en langue arabe et en persan, il témoigne : " J'ai été éduqué dans une langue (celle du Khwarizm) [Ö] Ensuite, je me suis mis à apprendre l'arabe et le persan, et je suis par conséquent un intrus dans ces deux langues, qui s'efforce de s'y perfectionner. Mais j'avoue que je préfère être insulté en arabe qu'être exalté en persan. "
Le jugement est rude, mais il traduit la force d'attraction et de fédération de l'arabe dans un contexte (Bagdad) où pourtant la composante persane est majoritaire.
Le " premier chef-d'úuvre " de la littérature des Arabes résume, par son cheminement, cette époque : Kalila et Dimna est l'adaptation en arabe, par Ibn Al-Muqaffa, de la version persane de fables indiennes.
Le moment est favorable à l'éclosion littéraire. Déjà, les grammairiens fixent les règles d'une langue aussi pure et proche de ses origines que possible et les premiers dictionnaires apparaissent. L'industrie du papier se développe. Les princes sont libéraux et l'aristocratie se veut mécèneÖ
Les genres littéraires fleurissent : celui de l'épître, de la nouvelle (risala), des séances (maqamat, mélanges de fiction et de réalité dont l'action renvoie à un personnage central).
Une nouvelle valeur s'impose : la nécessité de la culture. Les sciences religieuses et profanes se déploient, les controverses sont fréquentes. Dans ce bouillonnement d'idées, les conservateurs et les partisans de la raison, les tenants de la pureté arabe et ceux de l'ouverture à l'étranger, s'accordent à composer un code de maintien.
Ces valeurs distinctives de l'honnête homme, se nomment l'adab.. Jahiz (mort en 868) et Ibn Qutayba (mort en 889) sont les champions de la culture, esprits encyclopédiques, curieux de tout, polémistes et vulgarisateurs qui cultivent la verve et la belle langue.
La poésie s'attache à explorer des thèmes nouveaux. Al Mutanabbi (mort en 965), le courtisan orgueilleux, célèbre les grandes victoires et chante la gloire de ses protecteurs, se retourne parfois contre eux. Al Maari (mort en 1058) exprime tout à la fois, espoir, révolte et amertume du monde. Aveugle à l'âge de 4 ans, il clame le désespoir, cultive le scepticisme à l'égard des religions et de l'humanité.
Abu Nuwas (mort en 815) use de son immense talent et de l'intimité des califes pour se livrer au scandale et à la provocation. Il subvertit la poésie traditionnelle et chante le vin et les amours illicites sans détours, pour les femmes et les hommes, sans contours délimités. .
La littérature se partage, elle se goûte en public, le soir et la nuit. Le peuple pratique, lui aussi, la palabre. Sur les places, les conteurs récitent poésie, gestes.... Le narrateur est maître du texte et de son auditoire : pour maintenir l'attention de son public, il introduit des variantes, ouvre une histoire au sein de l'histoire, interrompt le récit aux moments palpitants.
Les Mille et une nuits sont l'expression même de la littérature populaire et de colportage. Elles sont, avec le Roman d'Antar, les légendes de la mer, les complaintes de Majnun (le fou d'amour) une mémoire itinérante.
L'Espagne arabo-andalouse s'épanouit. Elle crée une page et une poésie originales : Ibn Hazm (mort en 1063) qui fut aussi juriste et théologien invente les codes de l'amour courtois (Tawq al-hamâma : Le collier de la colombe, traduit chez Sindbad sous le titre : Des amours et des amants). Les troubadours seront les continuateurs de cet art de la strophe et du mélange des langues.



LES ARTS

L'art de l'Islam " est un art qui sert non pas de fin en soi, mais d'intermédiaire entre l'homme et ce qui existe. Ce qui a rendu les artistes du monde Islamique uniques, c'est d'avoir pu montrer que l'eau se boit mieux dans un beau verre, que la lumière est plus belle lorsqu'elle émane d'un chandelier richement incrusté. " Oleg Grabar



La calligraphie et l'enluminure

L'introduction du papier et la diffusion du livre ont contribué au développement de l'illustration et de l'enluminure.
Ce sont les ouvrages de médecine, de zoologie, d'astrologie qui dans un premier temps sont illustrés, tandis que l'usage d'enluminer le Coran se généralise.
Les oeuvres de fiction sont plus rarement agrémentées. A quelques exceptions : le Kalila wa Dimna, dont le texte est utilisé pour l'apprentissage d'un arabe de qualité ; le Maqamat d'al Hariri de Bassora (mort en 1122) qui retrace les aventures du rusé Abu Zayd ; le Shahnama de Firdawsi, long poème de 60 000 distiques qui a donné matière aux enluminures les plus spectaculaires.
La calligraphie s'inscrit au coeur de l'art arabo-Islamique. Selon la tradition, l'écriture est un don divin (enseigné à Adam). De plus, l'arabe est la langue du message de Dieu transmis aux hommes par Muhammad. La perfection du Coran est la preuve de sa nature supérieure : depuis toute éternité, le texte coranique est écrit sur une tablette céleste que seuls les anges peuvent contempler.
Dès lors, écrire c'est entrer en contact avec le divin et recopier le Coran c'est comme effleurer la parole du Dieu. Voilà pour les origines de la belle écriture.
Cependant, les plus anciennes formes d'écriture arabe (le coufique) sont anguleuses et irrégulières en raison du principal support utilisé : la pierre. Mais l'écriture va s'étendre à toutes sortes de surface (papier, parchemin, bois, céramique, textiles...) et les graphies se multiplient. Et le coufique lui-même va gagner en harmonie et rythme et devenir feuillu, tressé, quadrangulaire...
Ibn Muqla (mort en 940), vizir de Bagdad et " prince des calligraphes " a codifié les proportions de l'écriture et a défini les six écritures de base (de l'écriture " du copiste " aux écritures plus ornementales). D'autres types sont venus s'ajouter au répertoire classique : le ghubar (écriture miniature), le makus (en miroir)...
Avec Ibn Muqla, la calligraphie devient une science des proportions et un art du geste, une géométrie et un envol. Les calligraphies deviennent des pièces recherchées et couteuses : elles se placent sur un marché et atteignent des prix étonnants (ce qui encourage les faussaires...). Les calligraphes bénéficient du statut social le plus élevé parmi les artistes.
Mais la notion d'art se démarque de la tradition occidentale. En effet, le calligraphe ne produit pas une oeuvre indépendante et autonome, il ajoute la valeur de la beauté à des objets qui pré-existent et qui ont une fonction utilitaire (vaisselle, livres, murs...). Bref, il ornemente un support, il décore la réalité. Il est l'artisan qui pare l'enveloppe des choses.
La calligraphie livre les clefs de l'ornementation arabo-Islamique. Celle-ci s'éloigne de la représentation réaliste de la nature pour affirmer la valeur décorative des lignes et des entrelacs et tendre vers l'abstraction en une sorte de végétation exhubérante et une géométrie imaginaire.



L'arabesque
L'ornement à " la manière arabe " est un rythme ininterrompu, une végétation irréaliste, un mouvement sans fin, une variation inlassable...
Pour les hommes du désert à qui le Coran propose le paradis comme " un jardin sublime dont les fruits à cueillir seront à portée de la main " et que les voies de conquête conduisent vers les jardins de Granade et d'Ispahan, l'arabesque végétale est une promesse d'infini.



L'ornementation géométrique

Elle touche à la pure abstraction. A son propos, certains parlent d'un art de mathématiciens et d'astronomes. Peut-être parce qu'il dérive de l'ajustement et de la superposition de polygones étoilés de 6, 8, 10 ou 12 branches. Il reste que ces figures aux multiples foyers sont une invitation à contempler.



L'architecture

" al-Mutassim fi venir des architectes et leur dit de choisir les emplacements les plus appropriés et ils sélectionnèrent plusieurs sites pour les palais. il donna à chacun de ses cortisans un palais à construire (...). Puis, il fit délimiter des lots de terrain pour les fonctionnaires militaires et civils et pour la population et pour la Grande mosquée. Et il fit aménager les marchés autour de la mosquée, avec de larges rangées, toutes les différentes variétés de marchandises devant être nettement séparées. " C'est ainsi que l'historien Al-Yaqubi (mort en 897) évoque la frénésie architecturale qui saisit le calife abasside lorsque celui-ci transfère sa capitale de Bagdad à Samarra (environ 100 km plus au nord) vers 836.
De la première Bagdad, il ne reste presque plus de traces, tant son prestige avait attiré la convoitise des hordes orientales. Samarra n'a pas connu le même sort et témoigne du rapide dévellopement d'une architecture profane et religieuse. En voici quelques indications : la Grande mosquée (alors la plus grande au monde) semble, de l'extérieure) une forteresse. Une enceinte épaisse de plus de deux mètres délimite un périmètre de 240 m sur 160 m ; le minaret, haut de 50 m s'inspire des ziggourats mésopotamiens (rampes hélicoïdales).
A défaut de les décrire, laissons aux noms des palais le soin de les évoquer : le chateau de l'Amoureux (al Ashiq) se tenait sur la même rive du Tigre que la palais de la Fiancée (Kasr al Arous). Les décorations de Samarra multiplient les niches, le stuc, la fresque et la mosaïque.
Le génie andalou est d'avoir créé un équilibre à partir de la diversité ; les différences ethniques et religieuses ont droit de cité. Le reste n'est que péripétie politique.
La grande mosquée de cordoue est le symbole de cette mise en harmonie : les toits à pignon sont de Syrie ; Byzance fournit les mosaïques ; Tunis les voûtes et l'Iran les arcs ; l'alternance de pierre et de brique provient de Rome...



MATHEMATIQUES ET ASTRONOMIE

" Chiffre " : l'histoire du mot mérite d'être racontée.

En empruntant aux Indiens leur système de numération et d'écriture de position des nombres (qui facilite grandement les opérations arithmétiques) les Arabes désignèrent le 0 : es-sifr, littéralement, le vide. Le mot fut latinisé en cephirum ; en Italie, il devient zefero puis zéro ; en France, il devient chiffre ñ pour désigner l'ensemble des caractères numériques ñ et pour lever l'équivoque on emprunta à l'italien le zéro pour désigner la valeur nulle qui a proprement parler devrait avoir l'exclusivité de s'appeler chiffre.
L'histoire des mathématiques regorge des inventions arabes. Le mot " algorithme " vient du nom du grand mathématicien Al Khwarizmi, qui est le père de l'algèbre et l'auteur du Kitab al Jabr (de jabara, réduire).
C'est aux Arabes encore que l'on doit la désignation des inconnues par la lettre x (Xay en espagnol, déformation de chay : la chose).
Même si elles sont le fait d'érudit, comme le poète O. Khayyam qui fournit la solution des équations du troisième degré, ces recherches mathématiques ont des finalités pratiques et visent à résoudre des problèmes quotidiens (calcul de surface, aménagement urbainÖ).
L'astronomie est, elle aussi, étudiée à des fins pratiques : la prédiction. Sur la base de l'astrologie persane, de nombreux savants établissent le calcul des longitudes, réforment le calendrier et avant Copernic (qui eut connaissance de leurs travaux) critiquent Ptolémée et construisent un modèle planétaire centré autour du Soleil.


LA MEDECINE

Au Moyen âge, les Arabes sont les pionniers de la recherche médicale. Ils ont conservé les savoirs de l'Antiquité et les enseignements d'Hippocrate et de Galien. En particulier, ils reprennent la théorie des quatre humeurs, selon laquelle les maladies résultent d'un déséquilibre entre la bile, le phlegme, le sang et l'atrabile qui gouvernent le corps et la personnalité. Les traitements consistent à rétablir la pondération initiale par la prescription de remèdes et d'une alimentation choisis.
Les docteurs arabes développent ces savoirs en s'appuyant sur une conception logique des affections et une approche méthodique. Ainsi, ils inventorient et décrivent les symptômes, ils améliorent l'art du diagnostic et la pratique clinique et posent les règlements de la profession.
Les apports sont nombreux et favorisés par la construction d'hôpitaux (Bagdad, Le Caire, Damas, SamarkandÖ) contrôlés par un maître, la diffusion des principes d'hygiène (asepsie et isolation des contagieux à une époque où, en Europe, on pensait que la lèpre et la peste se transmettaient par le regard) et encore par une abondante pharmacopée, alimentée par le commerce caravanier ou maritime. Plantes, drogues animales, extraits minéraux entrant dans la composition des emplâtres, onguents, cataplasmes, cachets.
Le Canon d'Avicenne, cette monumentale encyclopédie, présente et classe près de 800 remèdes et le vocabulaire conserve les traces de cette inventivité chimique et pharmacologique, ou des termes arabes passés dans toutes les langues : drogue, alambic, alcool, benjoin, benzène, élixir, soude, talc, ambre, safran, santal, sénéÖ
La grande figure du génie médical est bien entendu Avicenne (Ibn Sinà, 980-1037), qui commença à exercer à l'âge de 16 ans et à qui l'on doit les descriptions de la méningite, de la pleurésie et plus de 100 ouvrages médicaux et philosophiques.
San Canon fut traduit, puis publié en Europe, en 1473, pour la première fois. Au siècle suivant, on comptait 36 éditions.



PHYSIQUE ET CHIMIE


Tant dans le domaine de l'optique que dans celui de la mécanique, les Arabes ne sont seulement les gérants d'un héritage : ils le font fructifier, inventent de nouvelles techniques (utiles à l'agriculture : norias, pressoir à huile et à canne) et d'impressionnants automates. Al Jazari, ainsi, avait construit une monumentale horloge où des cercles en mouvement représentaient le mouvement du zodiaque, du Soleil et de la Lune. Pour sonner les heures, des oiseaux lâchaient des billes sur des cymbales et des figurines jouaient du tambour et d'autres instruments.
Les alchimistes parviennent à créer des corps nouveaux (acides et alcoolsÖ). Ils sont en quête de la pierre philosophale et du secret de la transmutation des métaux en or. Mais certains refusent la magie et ne retiennent que l'expérimentation.



LA PHILOSOPHIE


" Il est impensable que Dieu ait distingué certains hommes pour leur donner la prévalence sur la masse des autresÖ " Al Razi
La passion des livres et la grande vogue de traduction (du grec vers le syriaque, puis l'arabe) ont permis de sauvegarder les úuvres d'Aristote, Platon, PorphyreÖ Les bibliothèques publiques se multiplient (plus de 100 à Bagdad vers 900). Celle du Caire compte 1 600 000 volumes (souvent des chapitres). La passion des idées distingue les hommes de qualité et, dans cette société structurée par l'Islam, se posait la question de la raison et de la foi.
La position la plus radicale est adoptée par Al Razi (mort en 925) qui rejette en bloc les religions révélées et les miracles. Son athéisme préfère une conception progressiste de la connaissance : les savoirs sont provisoires et perfectibles.
Mais pour la plupart des penseurs, l'Islam est à la base de la falsafa (philosophie dans l'Islam). Le principe est que la vérité est une, qu'elle soit révélée ou obtenue par la raison, et peu importe son origine arabe ou étrangère. C'est la thèse d'Al Kindi (mort en 873) que la tradition honore comme " le philosophe des Arabes ", qui finit par donner l'avantage à la connaissance divine et devint mystique. À sa suite, Farabi (mort en 950) consacra ces nombreux commentaires à montrer l'accord de Platon et Aristote avec la pensée Islamique. Sa " cité modèle " reprend et adapte la République platonicienne.
Cependant, la réflexion philosophique abordait des sujets délicats (unité de la création, survie du corps et de l'âme) et, pour la majorité des croyants, les références aux " sciences arabes " demeurent suspectes, proches de l'hérésie et dangereusement innovantes.
L'attaque contre les philosophes va venir d'al-Ghazali (mort en 1111). Il dénonce l'impureté de leurs thèses (négation de la création du monde, de sa fin, de la résurrection des corps). Ghazali souligne l'importance des sciences utiles pour la communauté mais sa distinction entre sciences religieuses et non religieuses (ghayr shar'iyya) repousse la philosophie aux marges les plus éloignées de la religion.
La riposte attendra un siècle et viendra d'Occident avec Ibn Rushd (mort en 1198), qui justifie l'accord de la doctrine coranique et l'effort philosophique et surtout, la possibilité d'un plein exercice de la raison.
Ibn Rushd, latinisé en Averroès est sans doute l'Andalou qui a laissé la plus profonde marque sur la pensée humaine.
Médecin, administrateur, astronome, philosophe encore, sa réputation a été immense dans le monde arabe et dans la chrétienté. L'anecdote en fait le prototype de l'athée. Son oeuvre est plus préoccupée de concilier foi et raison et ses commentaires d'Aristote expriment le besoin d'incrédulité en même temps que la diversité d'expression de la vérité.
Il va influencer profondément la scolastique médiévale. Mais son oeuvre ne pourrait satisfaire les théologiens chrétiens (dont St Thomas) bien peu disposer à concevoir la philosophie comme une discipline indépendante. Les Arabes déjà avaient brûlé ses livres, les chrétiens les imitèrent et la philosophie devint serve.

(source ibstitut du monde arabe)
# Posté le mercredi 08 juin 2005 07:18
Modifié le dimanche 24 juin 2007 05:15

LA CRIMINOLOGIE

LA CRIMINOLOGIE
La criminologie c'est quoi ? c'est simple ou compliqué ? où et comment intervient-elle ? Et les tueurs en série ? et...et... Dis-moi Chameau futé, la criminalité sur internet ? Le Haschich c'est vraiment dangereux ? Le trafic au Maroc tu sais quoi ? tu es chameau futé ou pas ?.... alors dis-moi.


Petite définition
La criminologie est considérée comme la science des causes du crime et du délit. Elle étudie leur accomplissement, leur contexte et leur conséquence, à l'aide de toutes les méthodes des sciences de l'homme: biologie, anthropologie, psychiatrie, psychologie, sociologie, etc.

Cette science, bien qu'elle date du dernier quart du 19ème siècle, reste incertaine quant à la définition exacte, ses ambitions, son domaine et ses méthodes. Déjà la criminologie a deux sens, ce qui rend ambiguë toute ambition de déterminer les causes du crime

Le Criminologue

Le criminologue est un spécialiste de la déviance et des pratiques sociales qui s'y rapportent.

Notre société est confrontée à un sentiment croissant d'insécurité. Aux phénomènes de criminalité proprement dits viennent s'ajouter une perte des points de repères traditionnels, un questionnement sur les valeurs fondamentales.

Une caractéristique importante du criminologue est qu'il cherche sans cesse à réunir la théorie et la pratique de terrain. Il s'efforce à la fois de comprendre les comportements définis comme délinquants et les mécanismes de contrôle et de répression.

C'est par une démarche interdisciplinaire qu'il étudie la délinquance. Pour ce faire, l'analyse des lois (leur création, leur application et leur transgression) est essentielle. Tout comme l'est l'apport des sciences humaines.

On peut dire que la qualité principale du criminologue est de parvenir à articuler les points de vue du juriste, du psychologue, du sociologue pour proposer une politique criminelle plus adéquate. Ainsi, il analysera et coordonnera les actions de prévention, les pratiques législatives, les activités judiciaires, pénales, de politique pénitentiaire, de traitement et de prise en charge des délinquants.

On peut donc considérer que la criminologie se définit par trois disciplines essentielles :

LA PSYCHOLOGIE

qui lui apporte des éléments permettant une analyse des processus psychiques de l'individu délinquant. Il en va de même pour l'association de plusieurs individus. Notons aussi l'étude de la signification du comportement délinquant pour son auteur, mais également pour la victime, la société et les professionnels chargés d'y réagir.

Les processus de développement psychologique d'une personne avec toutes les manifestations pathologiques susceptibles d'apparaître et d'engendrer des comportements délinquants sont étudiés.

Enfin, les actions de prévention, d'aide ou de traitement font largement appel aux contributions de la psychologie.

LE DROIT

Le droit et les pratiques pénales sont bien évidemment des matières juridiques essentielles à la criminologie. Citons le droit pénal général et spécial, la procédure pénale, le droit pénal comparé, le droit international pénal, le droit pénal des affaires, l'aide à la jeunesse.

LA SOCIOLOGIE

Les apports de la sociologie ont tout d'abord consisté en une étude des facteurs sociaux du passage à l'acte criminel. Puis le développement de la criminologie est allée dans le sens de l'étude des situations d'interaction dans lesquelles apparaissaient la délinquance. Aujourd'hui sont particulièrement mis en avant les mécanismes sociaux qui définissent l'infraction et organisent la répression par la justice pénale (création des lois pénales et conditions de leur application).

L'exposé de ces différentes matières nous permet de bien comprendre la place inter-sectorielle qu'occupe la criminologie. Le phénomène criminel ne peut être compris que par une synthèse entre le psychologique, le juridique, le sociologique .

ET LA SUITE ?????........

SA COMPLEXITE

UNE DISCIPLINE
Le phénomène criminel est connu de tous. Les journaux et la télévision attirent quotidiennement notre attention sur des meurtres, des vols avec violence, des affaires de femmes battues ou des trafics de drogues. Mais cette connaissance reste anecdotique. Le criminologue va au-delà du fait divers pour poser la question criminelle en toute rigueur.

Quelle est la véritable nature du crime?
Qui sont les délinquants?
Quelles sont les causes du crime?
Comment le prévenir?
Quelle est l'efficacité des mesures policières, judiciaires et pénales dans la lutte contre le crime?

La criminologie est une discipline qui se définit par son objet: d'abord le crime et ensuite la manière dont on y réagit.

Certains criminologues sont surtout intéressés par le crime lui-même. Les questions qu'ils se posent portent sur les vols et les voleurs, sur les meurtres et les meurtriers, sur les fraudes, sur le vandalisme...
Pourquoi devient-on délinquant? Pourquoi la criminalité augmente-t-elle durant certaines années et pourquoi diminue-elle durant d'autres périodes?

D'autres criminologues font porter leur attention sur la réaction de la société au crime. Ils veulent savoir pourquoi et comment certains actes en viennent à être définis comme crime.

Par exemple, pourquoi le trafic de drogue est-il un crime aujourd'hui alors qu'il n'en était pas un autrefois? Ils s'interrogent aussi sur la manière dont le code criminel est appliqué.
Enfin, ils jettent un regard critique sur le fonctionnement des organisations policières, des tribunaux criminels, des prisons et des autres mesures pénales.


La criminologie est une discipline complexe,

premièrement parce qu'elle est multidisciplinaire et deuxièmement parce qu'elle est à la fois théorique et appliquée.

En tant que discipline théorique, la criminologie va chercher une bonne partie de ses informations, de ses concepts et de ses méthodes dans les sciences humaines, dans le droit, dans l'histoire et dans le philosophie. Elle puise tout particulièrement dans le sociologie, la psychologie et le droit. Ses méthodes de recherche et d'analyse s'apparentent beaucoup à la méthodologie couramment utilisée dans les sciences sociales et en psychologie. Elle est une discipline - carrefour vers laquelle convergent toutes les connaissances sur le phénomène criminel. La criminologie est aussi une discipline appliquée. La formation que le criminologue a reçue lui permet, par exemple, de décider si une libération conditionnelle peut être accordée à tel détenu ou, autre exemple, de proposer un plan d'action pour faire face à une épidémie de vols d'automobiles qui sévit dans tel parc de stationnement.
Pour résoudre de tels problèmes, il faut savoir bien poser un problème criminel; il faut savoir recueillir et traiter l'information nécessaire et il faut avoir réfléchi aux enjeux éthiques et politiques que le criminologue élabore des stratégies de prévention et de gestion du risque qui tiennent compte de la dynamique du crime et de réaction sociale.

CHAMPS D APPLICATION

LA CRIMINOLOGIE CLINIQUE

C'est l'étude du délinquant comme personne dans le but de le comprendre, de prévenir sa récidive et de l'aider. Qui est le délinquant? Comment l'est-il devenu? Que deviendra-t-il? Le diagnostic criminologique a pour but de décrire le contrevenant, d'estimer les risques qu'il ne récidive puis d'élaborer un plan d'intervention approprié. La criminologie clinique étudie aussi l'intervention: le choix d'une mesure qui soit adaptée à un type particulier de délinquant, la mise en oeuvre de cette mesure et l'évaluation de son efficacité


LES PEINES, LES DECISIONS PENALES ET LES MESURES PENALES

Par définition, le crime est un acte punissable. Il importe au criminologue d'étudier les peines infligées aux délinquants.
A côté de l'incarcération et de l'amende, on trouve aussi la surveillance dans la communauté, les travaux bénévoles de nature compensatoires, le placement dans un centre d'accueil et l'obligation de réparer le dommage subi par la victime.

Comment choisit-on une mesure pénale plutôt qu'une autre? A partir de quels critères? En vue de quoi? Les objectifs de la sentence sont variés: intimider la délinquant ou ses semblables, le réhabiliter, l'empêcher de nuire, le faire payer pour son crime, etc. Ces buts sont-ils réalisés? Est-il justifié de punir les délinquants? Ce chapitre de la criminologie souléve de difficiles problèmes théoriques, philosophiques et politiques


LA PREVENTION DU CRIME

Les sociétés ne luttent pas contre le crime seulement par des mesures réactives ou répressives, elles recourent aussi à des mesures "proactives" ou préventives. Les citoyens et les pouvoirs publics interviennent de manière non punitive pour détourner les jeunes gens de la délinquance et pour limiter les occasions de crime. On fait obstacle au développement de tendances délinquantes des individus essentiellement en s'assurant que les enfants et les adolescents qui risquent de verser dans le crime soient mieux encadrés, mieux protégés et mieux éduqués qu'ils ne le sont. C'est ainsi que, dans certaines écoles, les élèves qui ont des difficultés d'apprentissage et de comportement jouissent d'un encadrement intensif aussi bien dans leurs activités académiques que durant leurs loisirs.

La prévention "situationnelle"
procède d'une toute autre logique. Elle repose sur le constat que les décisions délinquantes sont influencées par les circonstances immédiates dans lesquelles elles sont prises. Imaginons, par exemple. qu'un garçon ait envie de voler une automobile pour "faire un tour" avec ses amis. Il passera presque certainement à l'acte sera s'il en vient à passer près d'une voiture sport dans laquelle se trouvent les clefs d'allumage et il n'en fera probablement rien si tous les véhicules qui le tentent sont protégés par de bons anti-vols. Ce type de prévention consiste à susciter des habitudes et à implanter des systèmes de protection qui réussiront à persuader les délinquants potentiels que les délits envisagés sont trop difficiles, trop risqués ou trop peu profitables


LES DEBATS EN CRMINOLOGIE

La criminologie n'est pas un champ où règne le consensus. Certains criminologues s'efforcent de s'en tenir aux faits et ils s'interdisent de porter des jugements de valeur; d'autres affirment qu'il faut s'engager, prendre parti, dénoncer les injustices et les abus. Certains pensent qu'il faut viser avant tout l'efficacité dans la lutte contre le crime; d'autres croient que la justice prime et qu'il faut rendre à chacun ce qui lui est dû, même quand la solution la plus juste n'est pas la plus efficace.

Certains pensent que les contrevenants sont les victimes des circonstances et qu'il faut les traiter avec compassion, humanité et générosité; d'autres jugent qu'il faut faire subir aux criminels le châtiment qu'ils méritent et leur imposer la mesure qui assurera la défense de la société.

Certains pensent qu'un droit pénal démocratique contribue à la justice et à la sécurité du public tout en garantissant les droits et les libertés; d'autres pensent que le système pénal produit plus de souffrance qu'il n'en épargne et qu'il faut trouver une réponse plus civilisée à la question criminelle. Dans la communauté des criminologues, cette diversité d'opinions alimente une controverse qui est à l'image du débat qui renaît sans cesse dans les sociétés démocratiques autour des choix se politiques sociales et pénales.

Bien que la criminologie n'échappe pas à la controverse, elle reste un savoir rigoureux sur le criminel, sur le crime, sur la criminalité, sur les peines, sur la victime, sur la sécurité privée, sur la police et sur la prévention. Ce savoir peut servir à tous ceux qui veulent apporter une contribution


Les secteurs dans lesquels travaillent les criminologues sont étonnamment diversifiés et nombreux: prisons et pénitenciers, libération conditionnelle et probation, centres d'accueil de réadaptation et centres de protection de l'enfance et de la jeunesse, foyers de groupe pour les jeunes toxicomanes et maisons de transition pour les ex-détenus, centres d'aide aux victimes d'actes criminels, ministères, services de police, municipalités... Dans tous ces milieux, les criminologues déploient une activité aux facettes multiples: l'intervention clinique, la gestion de programmes, l'animation, la consultation, l'analyse, la recherche, l'enseignement...


L'INTERVENTION AUPRÈS DES DÉLINQUANTS ADULTES

La détention

Dans les milieux de détention, les criminologues ont la responsabilité d'évaluer les délinquants au début de leur séjour. Ils font un bilan de leur histoire sociale et familiale, ils analysent leurs conduites criminelles (les motifs, les circonstances, la gravité des délits et la nature des récidives). L'évaluation permettra d'orienter les détenus vers des programmes appropriés à leurs besoins sans pour autant menacer la sécurité du public: formation académique, travail, thérapie dans un établissement à sécurité minimale, moyenne ou maximale.

Le travail du criminologue en milieu carcéral comporte aussi le support aux détenus pour les aider à purger leur sentence dans la perspective d'un retour éventuel dans la société. Les criminologues auront également à évaluer la capacité d'un détenu à bien fonctionner lors d'une libération éventuelle.


L'INTERVENTION AUPRÈS DES JEUNES

Les criminologues interviennent aussi auprès des jeunes qui commettent des délits et auprès de ceux que la société doit protéger parce qu'ils sont gravement négligés, ou victimes d'abus ou encore parce que les parents se déclarent impuissants devant leurs troubles de comportement. Ces professionnels sont engagés par les centres de protection de l'enfance et de la jeunesse, par les centres de réadaptation, par les maisons d'hébergement ou par les foyers de groupe.

Dans les centres de protection de l'enfance et de la jeunesse, la plupart des criminologues travaillent auprès des jeunes contrevenants. Outre les délits qu'ils commettent, ces derniers sont souvent en conflit avec les parents; ils ont des difficultés scolaires et il leur arrive de consommer de la drogue. Ces jeunes ont des besoins d'encadrement et de support. Ils auront à se conformer à une ordonnance de probation décidée par le tribunal de la jeunesse, à effectuer des travaux communautaires, à participer à des rencontres de conciliation avec les victimes, à payer une amende ou encore à être placés en famille d'accueil. Les criminologues seront appelés à évaluer les adolescents qui font l'objet d'une de ces mesures et à les orienter vers des services adaptés à leurs besoins

..........
Le 2 septembre à l'aube, à l'issue de perquisitions et d'une vaste saisie de matériel à caractère pédophile, la police française procède à quatre interpellations, à Lille, Strasbourg et Toulouse. Au même moment, dans quelque onze pays, de la Grande-Bretagne à l'Australie en passant par l'Autriche, des raids similaires brisent le sommeil d'une centaine de personnes, toutes membres d'un club au nom évocateur: Wonderland, ou le Pays des merveilles. Baptisée «Cathédrale», l'opération a été coordonnée depuis des semaines par Interpol, et conduite sous la direction de la National Crime Squad britannique. Ce même 2 septembre, à la mi-journée, la cellule d'investigation d'outre-Manche rend public le plus grand coup de filet international jamais réalisé contre les réseaux pédophiles sur l'Internet, qui aboutit à plus de 120 mises en examen.
«L'Internet est en fait apparu très insidieusement.
On s'est rendu compte que les pédophiles avaient découvert un nouveau média quasi sans limites.»

INTERPOL

Dans les annales de la lutte contre la cybercriminalité, l'opération «Cathédrale» a donc une place de choix mais elle n'est ni la première ni la dernière du genre. Depuis des mois, le plus souvent très discrètement, les polices du monde entier tentent de combattre le développement de la pédophilie sur le Web. Ce phénomène inquiétant a focalisé les discussions de la Conférence internationale sur l'exploitation sexuelle des enfants, qui réunissait, la semaine dernière à Londres, des experts de quinze pays européens et de dix pays d'Asie.

Sans frontières.

«L'Internet est en fait apparu très insidieusement. Il n'y a pas eu d'événement particulier, mais on s'est rendu compte que les pédophiles avaient découvert un nouveau média quasi sans limites», explique Agnès Fournier de Saint Maur, qui dirige le groupe de travail sur la criminalité à l'encontre des mineurs au siège d'Interpol à Lyon. «Pendant longtemps, les pédophiles opéraient dans des cercles assez restreints. Désormais, ils ont la possibilité d'offrir ou d'acquérir du matériel photo ou vidéo dans le monde entier. Et cela, juste en tapotant sur le clavier d'un ordinateur.»

L'enquête qui a permis de «coincer» le club Wonderland a en fait débuté en Californie. L'an dernier, après un long travail, la police américaine a démantelé un réseau pédophile (le club Orchyd) qui, depuis le début des années 90, organisait des spectacles «live» de viols perpétrés contre des enfants, souvent très jeunes, et les filmait sur cassettes vidéo. Dans la liste des clients du club Orchyd, les policiers américains remarquent un nom qui revient très régulièrement: celui d'un Anglais qui réside dans le Sussex. Les enquêteurs américains passent alors un coup de fil à leurs homologues britanniques. C'est là que la National Crime Squad intervient. Elle identifie l'internaute qui a ouvert le site Wonderland à partir de la Grande-Bretagne. Les photos et vidéos retrouvées en Californie, mais d'autres également, figurent sur ce site. Wonderland est réservé à un cercle très particulier: en effet, pour y accéder, il faut être capable d'alimenter le réseau avec un minimum de 1 000 photos à caractère pédophile. Pour la police anglaise, c'est le début de la traque qui va mener aux interpellations en série du début septembre.

«L'une des difficultés est que les pédophiles ont mille moyens de dissimuler leurs actions sur le Net», assure Steve Quick, l'un des officiers de la Paedophile Crime Unit, de Scotland Yard, qui travaille en collaboration avec la National Crime Squad. «S'ils s'y connaissent un peu en informatique, alors il devient d'autant plus compliqué de les filer.»

Les «clients» qui savent précisément ce qu'ils veulent se dirigent vers des sites «offrant» des photos pornographiques d'enfants. Ces sites sont légion, par exemple au Japon qui ne possède aucune législation relative à ce type d'images. Le «client» sélectionne le site, donne le numéro de sa carte de crédit, et, après une demi-douzaine de manipulations, obtient des photos qu'il peut éventuellement utiliser pour alimenter un réseau.

D'autres pédophiles privilégient le passage par les newsgroups (forums de discussions). «C'est de l'échange direct, quasi impossible à intercepter», explique Agnès Fournier de Saint Maur. «En guise de messages, les gens peuvent laisser des fichiers de photos ou renvoyer les demandeurs vers certains sites. Tout se passe en quelques minutes. Souvent, contre paiement négocié, on peut signifier ses orientations sexuelles précises – petits garçons ou petites filles? – et obtenir dans l'instant tout ce que l'on désire.»

Logiciel, mon cher Watson!

La police s'adapte tant bien que mal. En Europe, en Australie, aux Etats-Unis, les agents spécialisés dans la criminalité contre des mineurs ont tous bénéficié de formations à l'Internet. «Il ne s'agit pas d'avoir des équipes d'informaticiens, mais des policiers capables de récolter des informations sur le Web et de mener leurs enquêtes», précise le commissaire principal Marcel Faure, qui supervise un groupe chargé des mineurs victimes, fondé en 1997 à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). S'il n'est pas question de patrouiller sur le Web à longueur de journées, les cyberflics doivent savoir surfer afin de pister photos ou vidéos pédophiles. Et ils tentent de se doter des moyens nécessaires.

A Bruxelles, où les autorités se sont mobilisées après l'affaire Dutroux, la National Computer Crime Unit (NCCU), un département de la police judiciaire, dispose d'un outil top secret: un logiciel, baptisé robot Cops, capable de trouver dans les newsgroups toutes les conversations se rapportant à la pédophilie. «Nous donnons un mot-clé et il suffit de quelques heures pour que le Cops livre les forums au sein desquels ce mot a été prononcé», raconte le commissaire judiciaire Guy Verbeeren, en charge de la NCCU. En Allemagne, un logiciel similaire est en cours d'élaboration: il permettra d'identifier et de localiser les photos à caractère pédophile se trouvant sur le Net, à partir d'une vaste banque de données.

Adresse et indice.

Les cyberflics disposent au moins d'un atout: aucune communication Internet ne se perd dans le cyberespace. «Les gens croient en général qu'ils sont hors d'atteinte dans le trou noir du Web, mais c'est faux», assure le commissaire Marcel Vigouroux, de la brigade centrale de répression de la criminalité informatique, à Nanterre (BCRI). «Une fois que l'on retrouve l'adresse dynamique de quelqu'un, que l'on sait l'heure et la date de connexion, alors on peut l'identifier.»

«La police fait de plus en plus appel à des informaticiens de haut niveau», remarque cet expert britannique qui travaille en collaboration avec Scotland Yard, «tout simplement parce que les autorités ont compris qu'il leur faut impérativement avoir la maîtrise du Web. Pour la première fois, criminels et policiers ont entre les mains exactement le même outil. C'est celui qui sait le mieux s'en servir qui gagne la partie.»

A Interpol, on a compris les règles du jeu depuis longtemps. A ce jour, 162 pays sont connectés à l'énorme messagerie électronique de l'organisation internationale. Tous ont accès à une banque de données sans équivalent, qui permet d'accéder à tous les détails concernant quelque 166 000 criminels de tous types. Par exemple, si l'on entre le nom «Dutroux», on constate que 204 messages ont été échangés par divers pays sur les activités du pédophile belge, avant et après son interpellation. Malgré cette débauche d'efforts, les carences en matière de lutte contre la pédophilie sur le Net sont flagrantes. Les équipes constituées dans la plupart des pays européens comptent généralement moins de dix personnes. «Il y a un manque de moyens évident», reconnaît Agnès Fournier de Saint Maur, «les nations se rendent compte qu'il faut faire quelque chose, mais elles ne déboursent pas les fonds nécessaires.»

Législations discordantes.

Surtout, les pays se heurtent à une difficulté récurrente; si l'Internet a aboli les frontières, les
législations, elles, restent avant tout nationales. Il n'existe aujourd'hui aucune harmonisation concernant la pénalisation ou même les moyens de lutte contre la pédophilie. Par exemple, en Grande-Bretagne, la police peut infiltrer les réseaux, alors qu'en France c'est illégal. L'âge à partir duquel un rapport sexuel est autorisé varie aussi selon les pays. Autre casse-tête: la BCRI de Nanterre, depuis quel-ques mois, a connaissance d'un pédophile français qui possède une adresse e-mail privée sur un site domicilié aux Pays-Bas. Mais la brigade n'est pas en mesure de l'appréhender, car la France ne dispose d'aucun moyen d'action extraterritorial, en l'absence d'une commission rogatoire internationale, très difficile à obtenir.

Règles à inventer.

En matière de lutte contre la cybercriminalité, tout ou presque reste donc à faire.

Selon les experts réunis à Londres, «l'absence d'organisme central de contrôle d'Internet représente un frein considérable à la lutte contre la diffusion du matériel pédophile». Les polices internationales aimeraient que certaines règles techniques soient imposées, comme l'obligation faite aux fournisseurs d'accès de conserver les adresses informatiques. Ce qui permettrait de pister d'éventuels suspects. «Personne ne veut toucher au contenu, mais il faut avoir les moyens d'intervenir quand tout cela est hors la loi», souligne-t-on à Scotland Yard.

Le sujet est suffisamment d'actualité pour que le Conseil de l'Europe, l'Unesco ou Interpol proposent de multiples réunions dans les mois à venir afin d'envisager une meilleure coopération internationale. La création d'une librairie électronique à la disposition des polices, recensant toutes les images pornographiques d'enfants proposées sur Internet, a d'ailleurs été annoncée à Londres la semaine dernière.

En attendant, certains pays font appel à la vigilance du public: ils ont mis en place un site sur lequel chacun peut donner des informations sur des photos pédophiles trouvées lors de virées sur le Web (lire ci-dessous).

Mais, dans l'infinité du cyberespace, les cyberflics ont encore un long chemin à faire afin de fixer les bornes d'un travail qui évolue tous les jours. Récemment, des photos d'enfants maltraités sexuellement sont apparues sur le Net. Les inspecteurs ont tout de suite remarqué que la définition des clichés était bien meilleure que celle des images déjà connues. La raison en est simple: il s'agit de photos reconstituées par montage informatique, et qui n'impliquent donc aucun acte sexuel «réel». Du matériel, en fait, dont personne n'est capable de dire s'il est condamnable, ou non, légal ou pas.


Un site pour alerter la police

Créé en Belgique, il permet à chacun de signaler tout ce qui, sur le Web, évoque une activité pornographique impliquant des enfants.

A la National Computer Crime Unit (NCCU), un département de la police judiciaire à Bruxelles, on est fier d'avoir mis en service, dès décembre 1996, le premier «point de contact» policier contre la pédophilie en Europe. Un site qui permet à chacun de signaler à la police tout ce qui ressemble à une activité pédophile, en livrant par exemple le nom d'un site ou d'un newsgroup sur lequel apparaissent des photos suspectes.

«Nous avons une mesure d'avance sur les autres en la matière», raconte le responsable de l'unité, le commissaire judiciaire Guy Verbeeren, qui souligne l'avantage d'un site officiel sur un site civil: «Le citoyen est sûr qu'on combat la pornographie, alors qu'avec un site civil, il craint parfois que ses informations tombent dans de mauvaises mains.» L'initiative est née dans le sillage de l'affaire Dutroux, tandis que les autorités belges tentaient de retrouver la confiance perdue du public. Une opération que certains considèrent comme de la délation. La police, elle, est satisfaite: entre décembre 1996 et décembre 1997, 2000 messages sont arrivés sur le site, ce qui a permis de lancer six enquêtes et d'aboutir à une dizaine d'arrestations.


Simon Davies: spécialiste anglais de la sécurité des ordinateurs

«Les policiers britanniques en profitent pour tenter d'imposer une censure sur le Net»

Professeur au centre de recherche sur la sécurité des ordinateurs de la London School Economics, Simon Davies estime qu'au nom de la lutte contre la pédophilie un contrôle subreptice de l'Internet s'établit.

Vous affirmez que la police anglaise, en particulier, exploite la lutte contre la pédophilie à d'autres fins.

Combattre les abus sexuels dont sont victimes les enfants est une nécessité, mais la police britannique, profitant de l'indignation et de l'hystérie générale, cherche à censurer l'ensemble de l'Internet. Les hommes politiques du Royaume-Uni, de peur d'être accusés de complicité avec les pédophiles, ont abandonné leurs prérogatives à la police. C'est obscène. La police intimide les fournisseurs d'accès ou les entreprises de communication en leur demandant de lutter contre la pédophilie. Les polices exagèrent l'incidence de ce problème. Ce n'est pas vrai que l'utilisateur ordinaire peut tomber par hasard sur des images ou des vidéos à caractère pornographique. On peut encore trouver quelques sites commerciaux qui montrent plutôt des jeunes adultes qu'ils font passer pour des enfants, mais le vrai problème ce sont les newsgroups. Là, on revient au vieux problème des vieux dégoûtants se passant des photos, cela ne concerne pas vraiment l'Internet. Cela a toujours existé.

Il ne faut donc rien faire?

On peut contrôler l'Internet, je ne suis pas contre une régulation, mais elle doit être ouverte, claire et connue, pas clandestine. Le processus doit être
légal, juste, transparent. Il faut que les législateurs britanniques aient le courage de débattre de la liberté d'expression sur le Net au Parlement et qu'ils adoptent des textes législatifs. Comme il en existe pour les films, les vidéos ou les magazines. Un magazine est interdit, on sait pourquoi, l'éditeur peut faire appel, tout est public. Sur l'Internet, on ne sait pas.

Les contrôles actuels ont-ils déjà donné lieu à des abus?

Bien sûr. Aux Etats-Unis, par exemple, une récente étude de l'Electronic Privacy Center de Washington a montré que les systèmes de contrôle pour les enfants aux Etats-Unis leur interdisaient déjà 90 % du contenu de sites, y compris des informations utiles. Tout marchait par mots-clés comme drogue, race, haine, pornographie, crime, terrorisme, et à la fin, il ne restait plus grand-chose
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